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CREDIT COOPERATIF : “Nous sommes une banque utile”

mercredi 9 juin 2010 par Rédaction

Le Crédit coopératif est reconnu comme un des partenaires priviligiés des SCOP. Historiquement engagé auprès des coopératives, le Crédit

Coopératif est né en 1893 de l’Union de deux entités : la Banque coopérative des associations ouvrières et de la Caisse Centrale de Crédit Coopératif. Destiné au départ à financer les coopératives de production et de consommateur, et après bien des étapes, le Crédit Coopératif a entamé une activité de banque à proprement parlé après la loi bancaire de 1984. Rencontre avec Jean-Louis Monsérié, directeur du Crédit Coopératif de l’Agence de Pau.

CDDE : une banque coopérative, c’est quoi ?

Jean-Louis Monsérié : c’est une banque qui appartient à ses sociétaires constitués essentiellement de personnes morales fortement engagées dans l’économie sociale et solidaire et qui est gérée sur le principe 1 homme = 1 voix.
Nous travaillons dans l’esprit de banque utile : utile aux sociétaires et au développement local. Notre acticité est tournée vers l’économie réelle et non vers des activités spéculatives.
Notre clientèle est très variée : PME, entreprises groupées, organismes du secteur marchand, de l’économie sociale et solidaire, SCOP...

• CDDE : justement quelles sont vos relations avec les SCOP ?

Jean-Louis Monsérié : Historiquement, nous entretenons des relations étroites avec les sociétés coopératives et le mouvement SCOP. Il existe aujourd’hui 1 600 SCOP ; leur chiffre d’affaires est de l’ordre de 3 milliards d’euros ; elles emploient près de 35 000 personnes et sont rassemblées au sein de la Confédération Générale des SCOP (CG SCOP) qui siège au Conseil d’administration du Crédit Coopératif. Les liens particulièrement étroits entre les SCOP et le Crédit Coopératif se concrétisent en permanence : il est la banque de 80 % d’entre elles et la charte qu’il a signée avec la CG SCOP exprime une volonté commune de favoriser le développement, les créations, les transmissions ou les reprises d’entreprises sous forme de SCOP. D’ailleurs, la particularité de l’agence de Pau est de travailler avec l’Union Régionale des SCOP Aquitaine et l’Union Régionale des SCOP Midi-Pyrénées/Languedoc-Roussillon.

Dans nos 70 agences en France, nous avons des chargées de clientèle dédiés au secteur de SCOP.

Nous rencontrons souvent les chargés de mission des Unions régionales lors de réunions formelles. Nous intervenons après le montage du dossier réalisé par l’UR SCOP. Le Crédit Coopératif se charge généralement de la partie financière. Nous avons donc développé un large éventail d’outils : qui répond à l’ensemble des besoins des sociétés coopératives. En 2008, les prêts versés ont progressé de 50 % au niveau national.

CDDE : considérez-vous que la SCOP est un excellent statut pour les transmission/reprise ?

Jean-Louis Monsérié : Oui bien sûr. A condition de bien savoir ce qu’est une SCOP et d’en partager les valeurs. En effet, ce statut n’est pas la panacée notamment si les associés n’ont pas l’esprit coopérateur au départ.

Ce statut est encore mal connu car le cédant, propriétaire d’une entreprise privée entend peu parler des SCOP dans les chambres consulaires. De plus, lorsque que l’on parle de transmission, nous touchons à l’affectif de l’entrepreneur. Du côté des salariés, ils ne se voient pas forcément co-entrepreneur parce qu’ils ne se sentent pas prêts à participer aux décisions de l’entreprise. Enfin, si des problèmes existent dans l’entreprise, ce n’est pas le statut SCOP qui les effacera. Bien au contraire.

En revanche, si le projet est bien pensé, si les associés co-entrepreneurs ont bien connaissance de ce qu’implique la SCOP, s’ils ont la volonté de se prendre en main, alors cela marche très bien.
Les sociétés coopératives et participatives qui réussissent aujourd’hui sont celles aussi qui ont à cœur de maintenir l’esprit coopératif y compris aux nouveaux salariés entrants.

Le slogan de l’UR SCOP, "concilier les performances économiques et la finalité humaine" résume bien l’esprit d’une SCOP avec en plus un ancrage particulier au territoire car les délocalisations ne sont guère possibles.

L’esprit coopératif est également une réponse à la crise. En effet, nous avons constaté que la communauté de valeurs des co-entrepreneurs leur a permis une solidarité et une mobilisation qu’on ne rencontre pas forcément dans les autres formes d’entreprises.