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Inauguration de l’Hospice de Rioumajou sous le signe de l’ours

jeudi 20 juillet 2017 par Rédaction

Mardi dernier, la commune de Saint-Lary, sous la présidence de son maire, Jean-Henri Mir, inaugurait deux de ses réalisations, notamment l’Hospice de Rioumajou sous l’œil de l’ours qui, depuis l’automne dernier n’arrête pas de faire parler de lui en raison de ses nombreux méfaits.

Situation « inquiétante » pour le maire de Saint-Lary en raison de nombreuses activités estivales notamment le tourisme, la randonnée mais aussi le pastoralisme.

Cette inauguration était une occasion pour les éleveurs de s’adresser aux élus et représentants de l’Etat réunis parmi les 300 convives invités. Les éleveurs ont pu s’exprimer à travers le discours de leur gestionnaire d’estive, Fabrice Dubouilh, afin de sensibiliser les décideurs présents. Ils ont souhaité et obtenu de la part des organisateurs qu’une sensibilisation soit faite aux membres présents à la problématique ours et aux difficultés du pastoralisme.

Des pertes sous évaluées

Fabrice Dubouilh rappelle ce qui était connu mais non-dit publiquement : « ce secteur de la haute vallée d’Aure héberge depuis l’automne dernier un ours qui nous cause bien des soucis. » En effet, en fin saison 2017, il manquait de nombreuses brebis. Mais le pire est cette année : « nous avons en un mois de présence de nos animaux sur cette campagne près d’une dizaine de mortalité imputées à l’ours, une vingtaine de bêtes blessées (à la tête, aux gigots) et plus de disparues encore ».

Au-delà de la perte économique dont certains diront qu’elle est remboursée, il n’est jamais évalué le manque à gagner des avortements, le stress des bêtes qui ne s’alimentent pas, et bien d’autres petits ennuis qui finissent par être énormes à l’échelle d’un troupeau. (Cf. Barème des indemnisations des dégâts des ours http://www.pyrenees-pireneus.com/Faune/ours/France/Indemnisations-Degats-Predations/Predations-2015/2015-04-16-Ours-Decision-bareme-indemnisation-2015.pdf)

Les conséquences sociales et humaines

Dans les estives, les grands prédateurs sont mieux protégés que les humains. Le simple risque de la présence d’un grand prédateur n’est jamais évalué. Les estives ne sont pas toutes au bord de la route avec communications téléphoniques, Internet, etc…. Pour rejoindre le troupeau, qu’il y ait un berger ou non, il faut de une à 4 heures de marche… Mais encore : « montées de nuit pour regrouper les troupeaux, assurer la fenaison sur les exploitations et ce sentiment d’insécurité permanent de nos troupeaux qui pèse sur le moral de chacun d’entre nous » précise Fabrice Dubouilh. Dans cette vallée, les estives sont très étendues depuis les hauteurs de Frédancon jusqu’à Oudisetou…. Fortement recommandé aux randonneurs qui apprécieront l’effort. Ce temps de travail supplémentaire, loin de la famille et des petits plaisirs des sédentaires en vacances, personne ne l’évalue. Les 35h par semaine, le WE de repos et les 5 semaines de congés payés n’existent pas. Personne ne le paie tandis que d’autres en profitent.

Une relance du pastoralisme

Les éleveurs sont conscients de leur rôle social dans la société à travers des actions souvent méconnues. Au-delà du tourisme et la réouverture de l’Hospice dans son rôle ancestral d’accueil du voyageur, le Groupement Pastoral a « tenté de relancer la fréquentation de ce territoire » du Rioumajou. « La commune de Saint-Lary a construit quatre cabanes, le groupement pastoral a souscrit des mesures agri-environnementales dans le cadre de Natura 2000, embauché un berger permanent » et va bientôt en embaucher un second. Mais tout ce travail est mis à mal par la présence d’un seul ours alors que le gestionnaire de l’espace doit être « soucieux de maintenir cet espace pastoral de qualité. »
Fabrice Dubouilh met en avant « les conséquences à moyen terme d’un abandon du pastoralisme en raison d’un simple ours :

  • Fermeture des milieux qui n’en ont vraiment pas besoin,
  • Perte de valeur pastorale quasi irrémédiable,
  • Perte de valeur en matière de biodiversité sur un site Natura 2000 remarquable, (entomofaune, grand tétras, flore…..etc)
  • Risque d’incendie accru,
  • Modification des paysages par les semi-ligneux ou ligneux et impact touristique.
  • Incidences sur la chasse ou la randonnée. »

Des subventions qui ne sont pas au rendez-vous

Fabrice Dubouilh précise quelques faits totalement méconnus du public et dont les détracteurs du pastoralisme se servent pour salir cette activité.

Aujourd’hui, la commune de Saint-Lary ne pourrait pas réaliser les 4 cabanes mise à disposition. Pourquoi ?

  • Le FEDER est désormais exclu du soutien aux cabanes.
  • L’enveloppe FEADER est en baisse et est impactée par l’absence de FEDER.

En conséquence, « le gardiennage, les améliorations pastorales subissent une réduction des taux d’intervention de plus de 20% et la liste d’attente décourage les porteurs de projets. »

Et il rajoute : « L’héliportage, réduit de 50 %, n’a dû son salut qu’au FNADT du commissariat à l’aménagement des Pyrénées ».

Et l’horizon s’assombrit encore plus avec la Région Occitanie qui est devenue autorité de gestion. Elle « refuse de signer un Plan de Soutien à l’Economie de Montagne nouvelle génération contrairement à nos voisins de Nouvelle Aquitaine. La programmation en cours s’étend de 2015 à 2020. A l’aube de 2018, toujours pas de nouvelle !!! » Pas la peine que la dite région organise une grande kermesse à Tarbes sur le thème « Mountain Business Summit – Salon International sur l’économie de la montagne » http://www.mountainbusinesssummit.com/index.php/fr/ . L’argent aurait pu servir au pastoralisme…. Mais c’était moins médiatique. De toute manière la Région Occitanie se moque royalement de la montagne puisqu’aucun univers du site n’est servi à ce jour. Alors l’élevage de montagne est sûrement le dernier de leurs soucis.

Il faut un certain courage pour être éleveur de montagne. Il serait plus facile de rester en plaine et faire de l’élevage industriel sans se préoccuper de la qualité du produit fini et de l’entretien environnemental des montagnes. Est-ce que c’est cela qui est souhaité par la société ? Sans doute pas. Mais c’est pourtant un objectif clairement affiché par les organisations dites de « protection de la nature » dès lors qu’il s’agit de la protection des grands prédateurs, ours, loups, lynx ou vautours fauves.

Louis Dollo


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20 juillet 2017
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