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Le projet d’extension de Piau-Engaly au tunnel de Bielsa… C’est fini !

jeudi 26 janvier 2012 par Rédaction

Comme nous nous y attendions depuis plusieurs mois, le projet démesuré de remontées mécaniques depuis l’entrée française du tunnel Aragnouet-Bielsa pour rejoindre la station de Piau-Engaly http://www.piau-engaly.com/ ne se fera pas.

L’argent est le nerf de la guerre

Parti d’une idée purement politique entre l’ancienne présidente PS du Conseil Général et le gouvernement d’Aragon d’alors, de gauche, la réalité économique et financière mais aussi politique a rattrapé le projet en vol.

La réalité économique et financière : ni le département des Hautes-Pyrénées, ni la province d’Aragon http://www.vivirenaragon.com/2011/10/17/la-auditoria-detecta-graves-desajustes-financieros/ , principal actionnaire d’Aramon, http://www.aramon.es/ société de droit privé, n’ont l’argent pour s’engager dans un tel projet. La crise économique et financière a accentué la situation. On ne vit plus à crédit. Manuel Gueda, Président d’Aramon, ne cache pas que son entreprise vit des moments difficiles. http://www.vivirenaragon.com/2011/10/17/la-auditoria-detecta-graves-desajustes-financieros/ Il a réussi à refinancer 90 millions d’Euros. Mais avec le niveau d’enneigement actuel, le pouvoir d’achat des clients espagnols qui baisse, il sera difficile à cette entreprise de rentabiliser les 150 millions d’euros d’investissement réalisés l’an dernier.

La réalité politique  : D’une part, en France, les Hautes-Pyrénées passe des mains de Josette Durrieu (PS) à celles de Michel Pélieu (PRG) dont le réalisme politique et économique est bien connu d’autant que ses stations du Val Louron, malgré l’apparence convenue entretenue, n’avaient pas grand-chose à y gagner. D’autre part l’Aragon, comme l’Espagne, a basculé à droite. Une droite qui fait des choix économiques, avec des caisses quasiment vides, et non des choix politiques.

Les Hautes-Pyrénées n’ayant pas les moyens, Aramon ne voulant pas investir, il est aujourd’hui assez peu probable dans le contexte financier et climatique actuel, qu’un autre investisseur s’intéresse au sujet.

Manuel Guedea, président d’Aramon, confirme

Le 11 décembre dernier, le nouveau président d‘Aramon, Manuel Guedea, déclarait à El Periodico de Aragon http://www.elperiodicodearagon.com/noticias/imprimir.php?id=720988 : « Es un proyecto donde Aramón no entra » (C’est un projet où Aramon n’entrera pas). Les jeux étaient faits. Mais certains voulaient encore y croire. C’était le cas du maire d’Aragnouet, Jean Mouniq, qui expliquait quelques semaines plus tôt, à un parterre de journalistes réunis par N’Py, que les finances de l’Aragon étaient bonnes mais qu’en Espagne le problème était l’endettement des ménages. Curieuse vision de la problématique économique hispanique qui allait à contre sens de tous les experts financiers européens.

Sur Radiohuesca.com http://www.radiohuesca.com/noticia/457852/El-nuevo-presidente-de-ARAMON-dispuesto-a-trabajar-en-la-union-de-estaciones Manuel Guedea confirme le 23 janvier dernier : « No tenemos previsto entrar en este proyecto » (« Nous n’avons pas l’intention d’entrer dans ce projet »). Voilà qui est clair et sans appel. Le projet de Piau est enterré d’autant que les actions écologistes contre l’UTN et quelques querelles locales bloquent toutes évolutions de la station y compris intramuros. On peut même se demander quel avenir la station peut avoir alors qu’elle dispose de nombreux atouts.

Aramon et Altiservice se rejoignent.

Aramon gère des stations en Aragon notamment Formigal. Altiservice http://www.altiservice.com/ gère 6 stations dans les Pyrénées notamment Saint-Lary en vallée d’Aure et déjà concurrente de Piau-Engaly et Artouste en vallée d’Ossau. Le 8 novembre dernier à Laruns, Artouste et Formigal présentaient trois offres promotionnelles pour leur clientèle. Robert Casadebaig, maire de Laruns, déclarait : « Cet accord est la première concrétisation de liens recréés avec nos voisins espagnols. C’est le début d’un échange relancé cet été avec l’office de tourisme de Laruns, Altiservice et les entreprises touristiques de la vallée de Tena. Et nous comptons bien l’élargir à d’autres domaines, comme l’éducation ». De son côté, Hugues Barbieri, directeur général d’Altiservice, disait de ce partenariat qu’il « vient enrichir la palette de possibilités offertes à nos clientèles. C’est un plus pour nos stations respectives ». Ignacio Garcia, directeur général d’Aramon, parle « d’offres qui permettent à nos clients de découvrir de nouvelles stations ». Et il précise que c’est : « une opportunité de faire connaître notre marque en France ».

A quand un développement commercial similaire vers Saint-Lary pour étouffer Piau (N’Py) ? Doit-on y voir une stratégie commerciale ou financière ?

D’autres projets pour Aramon

Dans une conjoncture difficile, le réalisme économique est sans pitié. Il n’y a pas de place au rêve. Il faut du sérieux qui rapporte sans trop dépenser. N’importe quel citoyen est confronté à cette même réalité. Aramon n’échappe pas à cette logique et se tourne vers d’autres cieux.

Nous avons vu en début de saison, un rapprochement entre Aramon et Altiservice, le principal concurrent de la chaîne N’Py http://www.n-py.com/ à laquelle appartient la station de Piau-Engaly. Facile d’imaginer qu’à ce moment Aramon avait déjà fait des choix et lâché Piau, à l’avenir incertain, dépendant commercialement de N’Py, pour d’autres rapprochement moins coûteux même si l’avenir n’est pas glorieux. C’est le cas d’Artouste qui, malgré le désengagement d’un promoteur espagnol qui devait construire plusieurs centaines de lits, parvient à fonctionner été comme hiver. Il faut aussi y voir les futurs aménagements touristiques au col du Pourtalet qui pourrait s’avérer attractifs pour la clientèle sans y mettre un centime.

Manuel Guedea se dit être : « ouvert pour travailler sur le projet d’union de stations  » notamment dans la vallée de Tena en Aragon. Il faut néanmoins noter que depuis cette prise de position il n’y a eu aucun contact officiel avec Candanchú pour une intégration éventuelle à Aramon.

Aramon est une société de statut privé qui a des engagements de structuration des territoires à respecter en réinvestissant les revenus. Mais lorsqu’il n’y a pas de revenus….

Comme pour bien d’autres projets, voilà une nouvelle page de tournée. Parions que, néanmoins, ce projet ressortira régulièrement à chaque élection, ne serait-ce que pour entretenir le rêve et l’espoir pour des candidats en recherche d’imagination. Mais il y a très probablement bien d’autres choses à faire pour développer et structurer l’activité économique tout en préservant les acquis sociaux et environnementaux de la vallée. Les idées ne manquent pas. Et si tout cet argent mis dans des études inutiles avait été investi dans le développement pastoral, base historique des équilibres valléens ?

Au mois de juin, il y aura encore des troupeaux de vaches et de moutons qui pourront monter en toute quiétude vers les vallées de Saux et de la Géla. Souhaitons que ces espaces semi-naturels, forgés par l’action commune de l’homme et des bêtes, restent encore dans cet état attrayant pour le touriste sans être perturbés comme l’estive de Piau. Ce sont peut-être des idées moyenâgeuses mais ça marche depuis des siècles.

Louis Dollo