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Retour sur Tarbes Bourgoin

mercredi 3 février 2021 par Rédaction

Du côté de Bourgoin : L’impuissance

Les vestiaires étaient silencieux comme une veillée funèbre, avec des joueurs pour la plupart encore scotchés sur leur banc. Comme abasourdis devant leur impuissance contre une équipe qu’ils avaient surclassée au match Aller. Pris en agressivité et en vitesse, et privés de bonnes munitions en touche et au sol, ils n’ont jamais pu enchaîner le jeu qui fait leur force.

Jean-Henri Tubert : Leur victoire est méritée, on n’a aucune excuse

A son corps défendant, le technicien avait bien senti le danger quand il nous disait, avant match, qu’il serait bien content de ramener un bonus défensif. « On a été trop imprécis, en touche, dans le jeu au pied, dans nos actions offensives, pour mettre en danger une équipe de Tarbes très volontaire, très agressive, notamment défensivement et sur les rucks. La victoire est méritée pour Tarbes. On a essayé de se refaire en deuxième mi-temps mais Tarbes étant devant, avait décidé de mettre les barbelés et ils l’ont très bien fait. Leur victoire est méritée. » Très sportivement, Pierre-Henri Tubert réfute les excuses dues aux absences et à la blessure, en début de match, de Hutteaux. « Non, non, on n’a pas d’excuse. L’autre demi-de-mêlée (Campeggia) est aussi capable d’animer le jeu. Non, on n’a pas d’excuse. Trop de ballons perdus en touche, trop de ballons perdus dans les rucks, trop de ballons lâchés au moment où on veut faire du jeu. On a été pris sur le combat et l’agressivité, dont la victoire tarbaise est logique. » Outre l’agressivité, les Tarbais se sont appuyés sur la longueur du jeu au pied de Pees et de Berbizier. « Ils ont eu un jeu au pied bien plus positif que nous. Ils nous ont fait reculer et on n’a pas su revenir. Et nous, quand il a fallu qu’on occupe le terrain, on n’a pas su le faire. » Le Manager ne pense pas, que le large succès du match Aller et les mauvais résultats tarbais, aient pu jouer dans l’inconscient de ses joueurs, malgré ses multiples avertissements.  « Pour nous, non, on respecte Tarbes et on n’a aucune excuse. On a aligné aujourd’hui la meilleure équipe possible qu’on pouvait aligner. »

Du côté de Tarbes : Un troisième « gros » au compteur

Les Tarbais sont allés décrocher une troisième victoire contre un « Gros » qui était venu pour chercher des points en Bigorre. Tarbes a pris les Berjalliens sur leurs points forts, la touche, les ballons portés, la mêlée, les rucks et le combat.

Filipe Manu : Avec le combat et l’agressivité la victoire revient

Le troisième ligne n’a pas oublié son passage à Bourgoin et il est venu apporter un pack de cannettes de bières aux berjalliens. « Non, on n’a pas joué le couteau sous la gorge. On a bien travaillé et on bien respecté le plan de jeu qui avait été mis en place. On avait un peu manqué de combat et d’agressivité dans nos derniers matchs, en général. Là, on c’est revenu, on retrouve petit à petit, l’engagement, la mise en place du plan de jeu. On a bien utilisé nos points forts et avec le combat et l’agressivité, la victoire revient. »

Sylvain Hourclé : On voulait finir ce bloc en beauté

Le seconde ligne Espoirs de 22 ans, a su saisir la chance offerte par la blessure de Taputaï et l’exclusion de Vigne, pour se faire une place de titulaire à Nice et contre Bourgoin. Intégré dans l’effectif « premiers » depuis le début de la saison, le futur ingénieur a franchi un cap en termes de crédibilité et de capacité à bien tenir ce poste dans un Groupe qui a retrouvé ses valeurs. « Déjà, la semaine dernière, le Groupe était très soudé. On fait une très bonne seconde mi-temps, mais après on n’est pas payé. On a avait réussi à faire de très bonnes choses à Nice contre une tête de Poule. Là, on a travaillé dur, tout le monde était concentré, très soudé et on voulait finir ce bloc en beauté. » Même s’il n’était pas dans l’équipe défaite 52-5 au match Aller, il confirme que tout le Groupe avait à cœur de se racheter. « On a travaillé tous ensemble dans cette optique et ça nous a réussi. » Il n’oublie pas ses copains de l’équipe Espoirs qui sont toujours invaincus après cinq journées, malgré son absence et celles de Lamothe, Noël, Réal, Millet retenus avec les « Pros ». « On a de super jeunes et ce serait bien qu’on monte de niveau. Ça pourrait attirer de meilleurs jeunes encore et ce serait intéressant pour l’équipe première. »

William Pees : On en avait marre de perdre

Le Béarnais, qui a de nouveau évolué à l’ouverture pour la seconde fois, est sorti, épuisé, de sa prestation défensive. La longueur de son jeu au pied a été déterminante au niveau de l’occupation du terrain. Mais, très modestement il met en avant le travail de l’équipe. « Tout s’est bien goupillé. On a été bon dans les sorties de camp, on a été bon sur la touche. On a réussi à les contrer, ce qui nous a fait énormément de bien. On voit que dès qu’on a des ballons, même s’ils ne sont pas hyper propres, mais qu’on tire tous dans le même sens, au final, ce n’est pas mal du tout. On avait envie, on en avait marre de perdre. Ce qu’on vivait depuis plusieurs mois, c’était un enfer. On jouait, on s’entraînait dur mais on n’était jamais récompensé. » Cette fois, grâce à leur agressivité retrouvée et à une bonne conquête, les Tarbais ont retrouvé la joie et le goût de la victoire. « On avait vraiment envie et le triangle derrière (Rubio, Berbizier, Dumestre) a fait du bien en récupérant tous les ballons de volée. Ça fait quelques matchs, où on laissait souvent les rebonds et du coup on se faisait punir en se mettant la foudre. Berbize a été très propre et ça fait plaisir d’avoir enfin gagné parce qu’on galérait depuis un bon moment. » La semaine dernière, malgré une bonne prestation qui lui avait valu sa reconduction à l’ouverture, William Pees se reprochait ses « renvois qui avaient coûtés chers à l’équipe ». Cette fois, malgré un jeu au pied énorme, l’ouvreur minimise sa prestation. « Non, le ballon était porté par le vent. Je suis content qu’on ait gagné. Ça me fait vraiment plaisir, parce qu’on sait qu’on s’entraine dur, sans jamais être récompensé et là, on est récompensé. » Cette fois la détermination était du côté tarbais et le match a basculé sur deux essais sur du jeu de pression. « Avec ces conditions, c’est ça le rugby et ça se joue à l’envie. C’est celui qui est le plus déterminé sur ces ballons où le jeu au pied est déterminant. Aujourd’hui, c’est le jeu au pied qui fait gagner le match. On a été bon sur les réceptions et ça paye. »

Romain Dumestre : Notre conquête nous a fait du bien

L’ailier, qui a été une nouvelle fois impeccable sous les chandelles et dans le jeu de pression, a marqué l’essai qui a assommé les Berjalliens, juste avant la mi-temps. Lui aussi, savoure ce goût de victoire retrouvé. « On a un petit peu chanté et bu quelques bières, ça faisait longtemps, ça fait du bien à la tête. On était concentré et on a fait une belle entame. » Sur l’essai, il est un des premiers arrivé sous la chandelle avec Lhusero, qui se fait bousculer sans ballon et le rebond bénéficie au troisième ligne Réal. « Je suis servi par Loan et je n’ai juste qu’à courir sur 30 mètres… » Même si Romain Dumestre préfère jouer dans la boue que sur la neige, les recettes pour gagner sont les mêmes. « Ce sont des conditions où il faut mettre du combat. Après notre conquête nous a fait du bien. On a eu nos ballons en touche et tout de suite, ça aide. »

Léo Noël : On avait une grosse revanche à prendre

Le troisième ligne Espoirs de 21 ans, en est à sa sixième feuille de matchs, pour deux titularisations, contre Narbonne et à Nice, et il prend goût à jouer en Nationale. « C’est une expérience en plus. On joue contre des joueurs qui viennent du haut niveau et c’est très intéressant de jouer contre eux. » Cette victoire vient d’un supplément d’âme dû à une accumulation de frustration. « On avait une grosse revanche à prendre contre eux. On restait sur trois défaites consécutives et on avait à cœur de prendre des points chez nous. »

Albain Méron : Gagner ça fait forcément du bien

Le capitaine tarbais retrouve avec plaisir et soulagement le goût de la victoire. « Après trois week-ends sans ramener de points, gagner ça fait forcément du bien au mental des troupes. » Si les Tarbais ont laissé éclater leur joie collective sur la première mêlée du match et sur un ruck crucial, ils n’ont pas sauté en l’air au coup de sifflet final, alors qu’ils venaient de contrer la pénaltouche berjalienne. Ils se sont contentés de se congratuler sans démonstration excessive. « A cause de la fatigue, c’est sûr. On était très content, très heureux, mais on n’est pas non plus premiers du classement et la joie est mesurée. » Il est vrai que les Tarbais se sont envoyés et que jouer sur un terrain gras, à la limite du boueux, laisse des traces de fatigue physiques et mentales. « Il avait plu pas mal, et pendant le match, il y a eu un peu de pluie. Mais les conditions étaient assez correctes pour un temps pluvieux. On a mis les ingrédients qu’il fallait. On a mis de la concentration, ce qu’on avait du mal à mettre en place en match, et ensuite de l’intensité dans les tâches qu’on avait à effectuer. On n’a pas été des surhommes, on a juste été propre sur ce qu’on a fait et on a mis de l’engagement à chaque fois ». Albain Méron relativise un peu par rapport à l’équipe berjallienne rencontrée. « C’est une équipe qui est solide. Après, je ne sais pas si c’était des blessures ou du turn-over mais il leur manquait des joueurs qui sont normalement titulaires ou remplaçants. On s’est surtout concentré sur nous et ça marche. »

Lionel Terré : On est très fier de notre jeunesse

Le Président très heureux, relativise humblement et malicieusement, cette victoire, acquise contre un autre « Gros » de Nationale. « C’est là, où le rugby est un joli sport, parce que tous les week-ends, il faut penser à descendre du bus. Nous, des fois, on oublie de descendre du bus et je crois que la victoire de Bourgoin contre Albi avait un peu annihilé leur motivation. » Lionel Terré est fier du comportement de ses joueurs. « Les joueurs nous devaient une revanche par rapport à leur comportement à Bourgoin, parce que je n’oublie pas leur comportement là bas, ni celui à Massy. La remise en question avait été opérée à Nice, s’est confirmée mais il ne faut pas oublier que le championnat continue. » Quand on lui parle du combat, de l’envie et de l’engagement dont les joueurs ont fait preuve, la réponse cingle. « C’est le minimum syndical. On ne peut pas ambitionner de jouer à ce sport sans ça. » Pour l’ancien demi-de-mêlée, à juste titre, le jeu produit d’écoule de ce minimum syndical. « La charnière n’est que le reflet du boulot qui est fait devant. Quand les avants font le boulot, c’est plus facile de mettre la charnière dans de bonnes dispositions. » Quand on lui parle du rôle prépondérant de l’ouvreur dans le jeu d’occupation, il acquiesce. « On connait la qualité du jeu au pied de William (Pees). » Le Président n’oublie pas de rendre hommage aux joueurs issus des Espoirs qui pallient avec succès les absences des joueurs « Pro  ». « On est très fier de notre jeunesse, avec un Sylvain Hourclé qui sort des Espoirs et des entraîneurs qui continuent de faire confiance à nos jeunes. » L’occasion de rendre hommage à ses entraîneurs, à qui il a maintenu sa confiance malgré une série de trois défaites. « On peut vanter le travail des entraineurs qui n’hésitent pas à faire jouer des jeunes. Si on avait encore des doutes sur le travail des entraineurs moi, je n’en ai jamais eu. Je savais très bien que Stéphane et Fabien étaient les meilleurs pour faire progresser nos jeunes. Il n’y a pas meilleurs qu’eux et ça se voit, il n’y a jamais eu autant d’Espoirs dans l’équipe. »

La Nationale va être maintenue et on en sera

Le Président du Stado-Tarbes-Pyrénées-Rugby, est affirmatif, quant à la continuité de la Nationale. « Elle va être maintenue. Tout le monde la veut. La Fédé la veut, les Présidents de clubs la veulent. Il n’y a aucun souci. » A priori, tous les clubs devraient pouvoir tenir financièrement pour pouvoir repartir en Nationale la saison prochaine, y compris Tarbes. « Nous, si sportivement nous y sommes, il n’y a aucun souci, financièrement, on y sera. Après, je ne connais pas les finances de tous les autres clubs mais comme je l’ai dit à la réunion : Nous, les « Petits » clubs, on fait l’effort de solidarité pour continuer ce championnat pour que les « Gros » puissent monter en Pro D2, parce qu’il faut absolument remettre la passerelle entre le monde amateur et le monde professionnel. Maintenant, on demande de la bienveillance au niveau de la DNACG en fin de saison, parce qu’on ne pourra pas tout nous demander. » Tous les clubs participants à la Nationale sont prêts à repartir la saison prochaine malgré la pandémie. « Tous les clubs veulent se battre pour jouer à ce niveau là. Après, à nous de nous débrouiller avec nos ressources. » Lionel Terré défend la FFR, accusée de ne pas aider financièrement les clubs. « La FFR a ses soucis, elle n’a pas encore de rentrées. Elle n’a pas commencé le Tournoi, et je ne me vois pas demander du pognon à la FFR, alors qu’elle n’a pas d’entrées. Déjà, la FFR a le mérite de nous avoir créé un super championnat. A chacun de faire son boulot et d’arrêter de demander aux autres. »

Stéphane Ducos : Un état d’esprit hors norme

Après bien des démêlés en conquête ces dernières sorties, c’est sur ce secteur que s’est construit le succès, contre un, des plus gros et des mieux organisés, packs de Nationale. Mais l’entraineur des avants reste humble et prudent. « Oui, mais on est encore friable sur certains points. Après, on a deux jeunes lanceurs qui bossent. On va travailler et on va y arriver. C’est vrai, que quand on n’a pas de ballons en touche, c’est compliqué de lancer le jeu. J’étais le premier déçu et le premier triste, par rapport au rugby qu’on veut proposer et triste pour eux, parce qu’ils ont beaucoup de pression et que c’est très compliqué. Après, je pense qu’on a un état d’esprit hors norme et si on garde ça, jusqu’à la fin de saison, on s’en sortira. Tout ce qui a été pris par les jeunes, cette année en expérience, nous fera beaucoup de bien pour l’année prochaine. » Stéphane Ducos, doit se passer pour diverses raisons de Prétorius, Aulika, Taputaï, D’Hoogue, Vigne, Ricart, des joueurs qui apportent du poids et de la puissance nécessaire pour jouer à ce niveau. Mais contre Bourgoin les jeunes ont réussi à faire la maille et sont les garants de belles promesses. « On perd à Nice, mais franchement, on était présent dans le combat. On a quand même perdu des joueurs importants dans notre effectif et on a du mal à les compenser, même si les jeunes qui sont là, vont le faire. Après, il faut de la patience avec eux, parce que ce sont des jeunes qui apprennent. L’an dernier, la plupart jouaient en Espoirs Fédéraux et ce n’est pas une marche qu’il faut passer, c’est un étage. Je pense qu’à Tarbes, il y a du potentiel chez les jeunes. On est obligé, pour ce niveau là, d’avoir un encadrement d’anciens mais dans deux, trois ans, si on arrive à garder cet effectif, en faisant venir des joueurs de l’extérieur, à des postes clés, je pense vraiment qu’on aura une belle équipe. »

Propos recueillis par Jean-Jacques Lasserre