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Le Retour de Tejedor 3

jeudi 21 mai 2020 par Rédaction

Depuis une dizaine de jours Maurice Téjédor, tente de faire un retour médiatique sur la scène tarbaise au travers des réseaux sociaux du TPR, avec un troisième projet de stade. Depuis le 9 mai neuf pages, d’un site de supporters tarbais, sont consacrées aux propositions de M. Téjédor. Celui-ci a fait trente-sept interventions qui ont occasionné plus de cent cinquante réponses au 20 mai. Certaines demandaient des précisions, d’autres étaient dubitatives, sceptiques, négatives, interrogatives, et un petit nombre les jugeait intéressantes. Depuis une trentaine d’années, Maurice Téjédor est une figure controversée du monde politico-économique bigourdan. Il a défrayé plusieurs fois la chronique locale avec le Musicol et la Clinique Courty, notamment.

Une personnalité a priori séduisante

Maurice, Sylvain, Vincent, Téjédor Del Rio, a débuté sa carrière dans la Police Nationale puis aux Renseignements Généraux à Tarbes. Il a été, pêle-mêle et dans le désordre, impresario, (entre autres de Cabrel et de Pascal Bruner), parolier et écrivain à ses heures, homme politique éphémère, gros organisateur de lotos, gagnant heureux d’un jackpot miraculeux de plus de d’1 MF, au casino de Bagnères de-Bigorre, patron d’un bowling, directeur de Presse et éditorialiste… Mais c’est avant tout un homme d’affaires ou plutôt un porteur de projet et un intermédiaire, qui fait miroiter ses nombreuses relations dans le monde politico-économique local. Maurice Téjédor, se définit lui-même comme « Un apporteur d’affaires ». Il est vrai que l’homme a toujours le sourire aux lèvres, qu’il est beau parleur et qu’il a du charme. Il a aussi un certain talent à monter des projets qui font rêver mais qui malheureusement n’aboutissent jamais.

Un projet pharaonique présenté en exclusivité aux supporters

Cette fois Maurice Téjédor veut « vendre » un nouveau projet à la Ville et pour cela, il essaie de récupérer les supporters tarbais pour faire pression sur la municipalité et les décideurs. Il se sert des réseaux-sociaux pour faire le buzz médiatique avant de présenter son projet à la Presse. Un projet qui peut paraître au premier abord séduisant mais qui n’a aucun sens aujourd’hui. C’est un projet autour du rugby qui ne verra pas le jour avant au moins dix ans alors que la priorité d’aujourd’hui est de sauver le rugby tarbais avant tout. Ce projet, comme tous autres projets avortés de M. Téjédor, est une belle coquille vide financièrement. L’idée est belle, quoique irréaliste, mais n’a aucun début de financement, si ce n’est de supposés investisseurs. Des investisseurs, s’il y en a, qui seraient surtout intéressés par les dizaines de milliers de m² du Stade Trélut, à deux pas du centre ville, avec vue imprenable sur les Pyrénées. La création d’un nouveau stade, sur l’ancien site où devait s’installer Auchan, permettrait de récupérer l’espace du Stade Trélut, même si cela n’est pas explicitement précisé dans le projet actuel.

Un projet pharaonique non chiffré

M. Téjédor a présenté « en priorité et en exclusivité » son projet « Phoenix, Centre d’Affaires du Stado » via le site des Supporters tarbais. Et ce, au bout de deux journées d’échanges qui étaient destinés à faire monter la sauce. Un projet aussi utopique et irréaliste que ses précédents projets qui ont pourtant fait la Une de la presse locale, cartes et maquettes à l’appui, en présence de quelques personnalités politiques, économiques et sportives, sensées crédibiliser ses projets. Comme toujours M. Téjédor, s’appuie sur des réalités pour définir le contexte et présente son projet comme la panacée universelle pour sauver l’économie locale ou le sport, en l’occurrence. Voire les deux à la fois, comme dans le projet présenté… Un vrai fourre-tout avec « terrain de camping-caravaning, hôtel, brasserie, salle de réception de 1 000 places, pour organiser des lotos (son dada et sa spécialité), des salles de réception, un magasin de sport, un magasin bio, un cabinet d’assurance, une agence d’intérim, des immeubles de bureaux, des entrepôts logistiques, etc… » M. Téjédor a oublié un centre médico-sportif, un centre médical, une pharmacie, un spa, des kinés, une piscine, une pharmacie…, plus adaptés autour d’un complexe sportif, objet du débat, dont il ne parle même pas.

Le recyclage d’un projet de 2011 à 60 M€

A moins qu’il compte recycler, le projet sur le Stade Trélut, présenté à la presse en juin 2011. Un stade rénové de 12 000 places, un palais des sports de 3000 places, un musée du rugby, des logements, un centre de remise en forme, une résidence pour seniors. Et d’annoncer parmi ses soutiens plusieurs personnalités politiques et économiques de l’époque, dont certaines n’avaient jamais été contactées. Déjà à l’époque, « l’apporteur d’affaires » militait pour le déplacement de la piste d’athlétisme à la Plaine Valmy. M. Téjédor propose les mêmes animations (concerts, festival de rugby, spectacle occitan…). Il concluait ainsi sa présentation : « « Notre projet peut intéresser des investisseurs car Trélut est sur un emplacement n°1 face aux Pyrénées. » Un projet estimé entre 20 et 60 M€, il y a onze ans. Une estimation qui a dû flamber mécaniquement, aujourd’hui.

Projet de rénovation avorté en 2012

Un an plus tard, en décembre 2012, Maurice Téjédor revenait à la charge devant la Presse avec un projet de rénovation à 12 M€, avec couverture des tribunes (sic), une scène de spectacle unique en France, deux tours d’escalade et de loisirs de 45 m de hauteur et bien sûr les incontournables espaces de vie, de commerces et de loisirs, destinés à attirer des investisseurs plus préoccupés par les affaires que par le sport. Cette fois, Maurice Téjédor avait sélectionné un investisseur parisien parmi trois candidats. Le deal était que « la Mairie cède la gestion à l’investisseur, via un bail emphytéotique dont les conditions demeurent encore à établir. » M. Téjédor précisait même qu’il avait convaincu la Mairie : « Le Maire était très sceptique. Ce rendez-vous a permis d’éclaircir le dossier et de lui montrer qu’il peut aller au bout. »

Nouveau projet de stade retoqué en 2014

Un projet que Maurice Téjédor essayait de relancer en 2014 auprès des supporters avant d’être brutalement envoyé dans les cordes par Antoine Nunes, qui était alors le Présidentdu TPR. « Ça suffit, il faut que M. Téjédor arrête avec son projet de nouveau stade à Trélut ! Parce que ce n’est pas un projet sportif, mais un simple projet commercial ». Et de rappeler qu’outre la piste d’athlétisme, le terrain synthétique, le terrain d’entraînement, le parking intérieur et les espaces de réceptions, disparaissaient au profit de 16 000 m² de surfaces commerciales. « M. Téjédor est animé par des intérêts personnels », rappelait le Présidentdu TPR.

Un projet de patinoire, de karting et de motel en 1999

Dès février 1999, Maurice Téjédor, lançait devant toute la presse locale son premier grand projet d’investissement. Même procédé, avec la présentation de son projet avec plans et maquettes, en présence de personnalités politiques, économiques et consulaires, pour donner du poids à son projet. Là pas question de rugby et du stade Trélut, mais d’un complexe multi loisirs avec motel, patinoire de 600 m² et piste de karting, pour un investissement de 10 MF. Mais le clou du projet, c’était la construction d’un motel de 28 bungalows avec garage attenant à la chambre. Un projet qui devait séduire les clients en terme de sécurité de leur matériel ou de leurs bagages la nuit et en journée, les couples illégitimes, en termes de discrétion, avec une ouverture par carte magnétique. Un projet qui bien entendu n’a jamais vu le jour, faute d’investisseurs, mais qui a fait la Une de l’actualité locale !

Jean-Jacques LASSERRE