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Chantal Robin-Rodrigo et le PRG : OUI à un nouvel hôpital Tarbes/Lourdes

lundi 30 novembre 2009 par Rédaction
Hôpital Commun Tarbes/Lourdes : le communiqué de presse de Chantal Robin-Rodrigo, députée PRG de la 2e circonscription des H-P, François Fortassin, sénateur PRG et Claude Gaits, conseiller régional PRG

1. Historique du projet :

Il faut remonter en 2006 suite à la mobilisation qui s’est créée autour des menaces de fermeture de la maternité de Lourdes.
L’ensemble des élus de l’arrondissement de Lourdes/Pays des Gaves s’est mobilisé afin que nous puissions obtenir une reconduction jusqu’en 2012 d’une activité pleine et entière de la maternité de Lourdes qui, en terme géographique, dessert toutes les zones de montagne de Gavarnie à Cauterets et nécessite de la part des parturientes des délais de déplacement qui sont bien souvent supérieurs aux 45 minutes préconisées.
La maternité de Lourdes a donc été en sursis et c’est à compter de cet instant que toute notre attention a été retenue afin de voir comment nous pouvions et devions préserver et la maternité et cet hôpital de proximité. Nous assistions à ce moment là déjà à la mise en place progressive de la T2A, ce qui, immanquablement, allait se traduire par des déficits ...

L’hôpital de Tarbes – qui est le plus ancien de Midi-Pyrénées - était déjà, quant à lui, en déficit chronique depuis au moins 5 années et mis « sous perfusion » de l’Agence Régionale de l’Hospitalisation. Mais, audits après audits, des économies drastiques s’imposaient : fermetures de lits, suppressions de postes, non renouvellement des CDD, non remplacement des personnels en départ à la retraite, ...Au total, ce sont plus de 200 postes qui ont été supprimés en 5 ans sur le seul site de Tarbes dans l’indifférence générale !! C’est à cet instant, sous l’impulsion de la DDASS et de sa Directrice Madame LAFFONT, qu’une dynamique de rapprochement entre l’hôpital de Tarbes et l’hôpital de Lourdes s’est imposée.

Il n’est pas question pour les habitants de la vallée des Gaves et de la ville de Lourdes de voir disparaître (comme cela avait été le cas petit à petit de l’hôpital de Bagnères), un hôpital chirurgical qui fonctionne très bien et une maternité hautement performante. Comment dès lors obtenir - face aux contraintes budgétaires fortes - la volonté non seulement de conserver mais aussi de développer l’offre de soins dans un hôpital public qui attire de jeunes chirurgiens dans des spécialités, encore plus élargies ?

2. Le contexte dans lequel s’inscrit ce projet.

Il n’est pas inutile de rappeler les réformes importantes qui ont été votées non sans répercussions pour l’hôpital public.

- la mise en œuvre de la tarification à l’activité - la T2A - introduite par M. Matteï, Ministre de la santé dans le cadre du plan hôpital 2007. On a sous-estimé les effets de cette convergence tarifaire car elle plonge aujourd’hui la plupart des hôpitaux au bord de l’asphyxie budgétaire. Songez que le manque de financement est de 800 millions d’euros, tous hôpitaux confondus !
Avec ce système, la logique de financement des établissements se trouve totalement inversée. Jusqu’alors, ils bénéficiaient d’une enveloppe globale répondant à une logique de moyens en fonction des besoins. Désormais, ce sont les recettes issues des activités hospitalières qui déterminent les dépenses et non l’inverse. Le fait est que, contrairement à ce qui a été annoncé, la T2A n’a en rien amélioré les équilibres financiers des établissements de santé.
Alors que la T2A ne concerne, pour l’heure, que les activités des services de médecine, chirurgie, obstétrique, ses effets se font déjà sentir. Ces activités étant les plus « rémunératrices », un glissement s’est opéré vers le secteur privé, moins regardant que l’hôpital public sur un financement tout entier dédié à une logique de résultats.

-  la loi Hôpital, Patients, Santé et Territoires (HPST), votée par les députés UMP en juillet dernier, constitue une réforme importante mais surtout inquiétante pour l’avenir de l’hôpital public ( moyens, gouvernance..). En effet, la loi permet et encourage la coopération entre établissements de santé sous forme de Groupement de Coopération Sanitaire (GCS) ou de Communauté Hospitalière de Territoire (CHT). Ces coopérations permettent de mutualiser les ressources, les investissements et les compétences pour offrir un service public de qualité aux patients. Ce sont ces complémentarités qui sont recherchées entre hôpitaux de proximité, incités par les Agences Régionales de Santé (ARS), y compris financièrement, et c’est dans ce cadre que s’inscrit le projet d’hôpital commun entre Tarbes et Lourdes qu’on le veuille ou non.


3. Le projet d’hôpital commun Tarbes-Lourdes

Le statuquo n’est pas raisonnable et serait irresponsable. Le fait d’additionner les déficits de l’Hôpital de Tarbes et de celui de Lourdes menacerait l’équilibre même de ces deux établissements, car ne nous leurrons pas : l’Etat ne sera pas toujours là pour combler les déficits. La T2A sera un moyen de pression mobilisable par le directeur de l’ARS pour forcer les directions des structures en déficit chronique à accepter des reconversions, voire des fermetures de services puis de sites et cela, nous le refusons.

La possibilité de construire un nouvel hôpital se situant entre Tarbes et Lourdes - apparemment inspiré par les projets déjà conduits en Midi-Pyrénées et fortement concluants (les hôpitaux de Foix/Pamiers, Rodez/Millau, et Castres/Mazamet) - est alors apparue comme une solution.

Le principe de construction d’un hôpital neuf entre Tarbes et Lourdes a été adopté par l’ARH le 8 septembre 2008 en Commission Exécutive. La création d’un site hospitalier unique entre ces 2 villes constitue une perspective qui a déjà été présentée aux instances des deux établissements qui l’ont approuvé dans leur conseil d’administration respectif.
La CME a voté pour (à l’exception de Mme Siani), le syndicat FO : pour, la CGT s’est abstenue.

Dans ce cadre, les deux centres hospitaliers se sont inscrits dans une recherche de mutualisation des moyens en s’engageant dans des coopérations, notamment au niveau des équipes de directions. Cet engagement fort, dans la perspective d’un nouveau site unique, répond à plusieurs nécessités :
• Les nouvelles règles tarifaires ont fragilisé financièrement les deux établissements, conduisant l’un et l’autre à une démarche de restructuration permettant de répondre à des déficits structurels. Dans ce contexte, les deux établissements ont dû s’engager respectivement dans un plan de retour à l’équilibre impliquant notamment la suppression d’activités en doublon.

• Les deux hôpitaux nécessitent des investissements de modernisation lourds, en particulier Tarbes (lequel est le plus ancien de Midi-Pyrénées et ne répond plus aux normes). L’hôpital de Lourdes, quant à lui, souffre d’un environnement très contraint (très enclavé dans la ville, en bord d’une voie ferrée).

• La démographie du territoire de santé ne laisse pas augurer une progression d’activité significative. Au contraire, celle du Centre Hospitalier de Bigorre n’évolue pas de manière favorable. Entre 2005 et 2009, on observe une baisse d’activité de 6%, qui se traduit par une fuite vers le privé de 453 patients (7853 en 2005 / 7400 en 2009).

• Enfin, ces deux structures hospitalières se trouvent aujourd’hui face à des établissements privés dynamiques et de qualité, lesquels ont procédé à leur regroupement.

Ce projet est, à nos yeux, un renforcement du service public et non une tentative de le fragiliser, quoiqu’en disent certains. Le renforcement du service public sur ce territoire passe par une coopération organique entre les deux établissements.

4. Le projet / ses caractéristiques :

Ce nouvel hôpital permettra, à la différence d’éventuelles rénovations des deux sites, une amélioration de la qualité de l’offre de soins hospitalière.

Elle évitera, à 14 kms de distance, des doublons en termes de service chirurgical. Il sera surtout un véritable hôpital public, moderne, parfaitement équipé, qui sera en capacité de concurrencer les cliniques privées et d’attirer des équipes médicales jeunes et performantes lesquels recherchent avant tout la possibilité de travailler en équipe avec une meilleure répartition des gardes. (Un tiers des praticiens des 2 hôpitaux est âgé de plus de 55 ans, ce qui pose la question cruciale du renouvellement). A noter également que certains praticiens sont partis exercer dans le privé. Pourquoi ?
Il s’agit donc de la sauvegarde d’un service public et pas des moindres puisque celui de l’accès aux soins pour tous.
Le dossier avance et prévoit la mise en service du nouvel hôpital en 2016 avec un début des opérations en 2012. Le Groupement de Coopération Sanitaire(GCS) - qui est la structure juridique porteuse de ce nouvel hôpital - a été approuvé par les Conseils d’Administration des deux hôpitaux et la Commission Exécutive de l’ARH. Monsieur Hourmat, directeur de l’hôpital de Tarbes, en assurera la direction.
Quant à la localisation, parmi les solutions proposées, la plus pertinente paraît être celle située sur la commune de Lanne (dont le foncier est majoritairement propriété de la commune) – à quelques kilomètres de Tarbes et de Lourdes, soit 7 minutes de part et d’autre. Il est à noter d’ailleurs que la création du Syndicat Mixte de Transports signé entre la ville de Tarbes, de Lourdes et le Conseil Général en octobre dernier, prévoit de développer les dessertes du futur hôpital commun, parallèlement à l’amélioration des accès routiers de contournement (RN 21, RD 935).
S’agissant du coût, la construction de ce nouvel outil est estimée à 167 millions d’euros, soit l’équivalent d’une année de fonctionnement des hôpitaux de Tarbes et de Lourdes et grosso-modo le coût d’une réhabilitation complète. Qui plus est, les Présidents des deux hôpitaux ont eu des assurances, tant du côté de l’ARH que du côté du Ministère, d’obtenir des financements dans le cadre du plan Hôpital 2012.
Ce coût est sensiblement le même que celui correspondant aux hôpitaux de Castres/Mazamet, ou encore de Rodez.
Il appartient maintenant au GCS de bâtir un projet médical dont l’intérêt est de proposer un panel le plus large possible de spécialités avec des équipements et des plateaux techniques performants qui permettront aux praticiens de travailler dans des conditions optimales.
Nous serons cependant très vigilants. A nos yeux, ce projet médical doit être ambitieux, car il ne suffit pas d’établir des droits à la santé – encore faut- il donner à chacun le plein accès à ces droits. L’intérêt est aussi d’attirer des professionnels médicaux, de leur offrir les meilleures conditions de travail et de fonctionnement, ce qui est pour l’heure difficile dans le cadre d’une offre de soins éparpillée entre plusieurs sites. Les exemples de coopérations hospitalières menées en région Midi-Pyrénées (Foix-Pamiers, Castres-Mazamet, par ex) ont été plutôt concluants. Pourquoi ne le serait-ce pas dans notre département ?

Lors de l’audition au Conseil Général de Mr Gautier, directeur de l’ARH, ce dernier a rappelé les changements importants de prise en charge des patients : chirurgie ambulatoire, soins de suite à domicile etc…Il a de plus précisé que seraient renforcés en terme d’emplois les services de gérontologie, le centre Alzheimer, les structures de séjour de longue durée, nécessaires du fait du vieillissement de la population et de l’allongement de la durée de vie.

Concernant la capacité : sur les 1334 lits que comptent les deux hôpitaux de Tarbes et de Lourdes, ne sont concernés par l’hôpital commun que 460 lits, les autres structures de moyens et de longs séjours n’étant pas impactées. La perte est estimée à une vingtaine de lits.
Il n’est donc pas question que le projet de l’hôpital commun ait pour effet d’entrainer la fermeture de l’hôpital de Lourdes puis de Tarbes. Qui pourrait raisonnablement souscrire à cette idée ?
On ne peut être que favorable à toute mesure visant à garantir l’égal accès à tous les citoyens à des soins de qualité, selon le respect du principe « du juste soin au juste coût ». De la même façon, nous sommes tout à fait conscients des efforts nécessaires afin de pérenniser une médecine de qualité pour un coût optimisé mais nous ne pouvons – comme beaucoup d’entre-nous sans doute – accepter que la réduction en cours des effectifs hospitaliers médicaux et non médicaux serve de variable d’ajustement à une politique de rationnement qui ne dit pas son nom.

[rouge]Ci-DESSOUS UNE VIDEO AVEC INTERVIEW DE CHANTAL ROBIN-RODRIGO[/rouge]

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