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Lucile Puech : Mère de famille, Vétérinaire et Arbitre Fédéral…

samedi 2 avril 2022 par Rédaction

Lucile Puech, a vécu son premier match de Nationale comme juge de touche 1 de la rencontre Tarbes-Chambéry, arbitrée par Ludovic Sacarot, qui est de la même promotion qu’elle. « On a commencé ensemble à Auch » confie-t-elle. Sa silhouette gracile détonne presque lorsqu’elle est à côté des solides talonneurs et à cinq mètres d’un alignement de seize gaillards, dont certains font 2,00 m et 130 kg… Des « bestiaux » qui ne l’impressionnent pas plus que les vaches et les chevaux qui dépassent les 300 kg et qu’elle soigne et manipule à longueur de journées en tant que vétérinaire de campagne, spécialisée dans les chevaux. « Je fais très peu de chiens et de chats, je suis plutôt rurale » confirme avec un grand sourire Lucile Puech qui s’est installée à Oloron après ses études vétérinaires à Toulouse.

Une passion familiale pour le rugby

Lucile Puech, qui a un bébé de 16 mois, fait partie des huit « Arbitres d’Elite Féminines » qui étaient réunies en stage au mois de novembre dernier à Clermont-Ferrand, sous la houlette de Salem Attalah, ancien arbitre de haut niveau. Depuis deux saisons, en plus des matchs d’Elite Féminine, elle officie en Fédérale 2 Masculine comme arbitre principal et comme juge de touche en Fédérale 1. Native du Tarn, Lucile a été élevée dans un milieu de rugby auprès de son père et de son frère, qui ont pratiqué l’ovale dans un club fédéral. Elle-même, après avoir partagé avec sa grand-mère au stade de Mazamet sa passion du rugby, l’a découvert à l’école lors des journées découvertes. Elle l’a un peu pratiqué en UNSS et en Universitaire avec les Vétos de Toulouse. « J’ai très peu joué, je me blessais régulièrement et j’ai préféré arrêter. Du coup j’ai très vite basculé vers l’arbitrage. Le rugby me plaisait et c’était une manière d’y rester. C’est sympa d’arbitrer, c’est une autre manière d’appréhender le rugby. Il faut savoir maîtriser ses émotions. Il faut savoir maîtriser aussi son physique. » Très vite Lucile Puech a été attirée par l’arbitrage et elle a suivi avec assiduité tout le parcours des jeunes arbitres. Un parcours où se côtoient, l’écrit et l’oral, avec notamment la connaissance des règles, secteur par secteur, de la psychologie et du physique, avec des tests assez poussés. Tout au long de leur parcours les jeunes arbitres sont contrôlés et à chaque étape, ils suivent des stages et passent au niveau au dessus avec un examen national.

Etre la meilleure possible

Après avoir arbitré en Cadets, Lucile Puech a suivi le cursus de tous les arbitres masculins et féminins (juniors, séries, honneur, fédérale 3…) pour arriver à 32 ans au niveau Divisionnaire 2 de la FFR*. A ce jour, seulement sept arbitres féminines évoluent à ce niveau. Au dessus, il n’y a que l’arbitre internationale Aurélie Groizeleau, qui dirige des matchs de Pro D2, après avoir officié en Nationale. L’autre arbitre internationale Doriane Domenjo, arbitre aussi en Fédérale 2. Lucile Puech, qui a débuté l’arbitrage il y a treize ans, a pris du retard pour cause de maternité. Elle n’a pas de plan de carrière et prend l’arbitrage comme une passion qu’elle vit avec bonheur et avec le sourire. « J’arbitre le mieux que je peux en Fédérale 2 et après, on verra. Mon but, c’est d’être la meilleure possible dans la catégorie où j’arbitre. » Et ce malgré la pression d’être supervisée à chaque rencontre depuis qu’elle arbitre au centre en Elite 1 Féminine et en Fédérale 2. Lucile Puech, malgré son sourire et son apparente fragilité, sait se faire respecter sur le terrain. « Si on ne se fait pas respecter (rires…) il ne faut pas y aller. Il ne faut pas faire arbitre. » Elle arbitre indifféremment Filles et Garçons. « Je ne me pose pas de questions quand je suis au centre. Je me dis, il faut qu’ils fassent avec moi. »

De l’humour et du caractère

Lucile Puech officie aussi sur la touche en Fédérale 1 et pour la première fois en Nationale. Elle prend même avec humour certaines réflexions sexistes comme ce « va faire la vaisselle » balancé de la petite tribune, lorsqu’elle a pris sa place sur la touche. « Je n’y fais même plus attention depuis le temps. Parfois je trouve ça marrant alors qu’il y a des collègues qui détestent ça. Moi, je me dis, le pauvre, il n’a que ça à faire… » Il faut souligner, à son avantage, qu’elle n’a pas subi les protestations des supporters sur les sorties touches. Lucile Puech sait aussi prendre ses responsabilités. C’est elle qui a signalé à M. Sacarot l’en-avant chambérien qui a débouché sur la mêlée à cinq mètres qui a abouti au deuxième essai de Duny. C’est aussi elle qui avait conforté la décision de l’arbitre central d’accorder l’essai de pénalité et de donner un carton jaune à Trotta qui avait volontairement tué une occasion d’essai imparable. Auparavant, elle n’avait pas hésité à provoquer l’ire du public en signalant un placage dangereux qui a valu un carton jaune à Lhusero, alors que l’arbitre n’avait accordé qu’une pénalité.

Jean-Jacques Lasserre

*La FFR ne compte que 146 arbitres féminins, bien loin des 8004 arbitres du hand, des 3560 arbitres du basket et des 1100 arbitres du foot, selon une Etude Kantar/La Poste de 2019.