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Retour sur Tarbes-Cognac

mercredi 9 mars 2022 par Rédaction

Du jeu et du combat

Ce match, à la vie à la mort, avec la dernière place en jeu pour le vaincu, et une probable relégation a donné lieu à un superbe match de rugby, agrémenté de neuf essais, malgré l’âpreté du combat et la rudesse des contacts.

Du côté de Cognac

Manque de puissance et de réalisme

Comme lors du match Aller, la roue a mal tourné pour les Charentais qui ont électrisé la rencontre par les cannes de feu de Dospital, les crochets dévastateurs de Lotawa et la puissance de Davetawalu et d’Aho. Comme chez lui, Cognac a marqué dès les premières minutes et a mené pendant presque une demi-heure avant de craquer et de subir la puissance des avants et des centres tarbais. Au-delà de la déception immense, (car les Charentais avaient vraiment à cœur de s’imposer à Trélut), il régnait de la résignation et de l’incompréhension. Car s’ils reconnaissaient sportivement la supériorité tarbaise, ils regrettaient leur manque de réalisme sur les occasions franches qu’ils se sont procurées. Comme ce contre de soixante mètres qui a échoué dans les vingt-deux mètres tarbais. Comme cette énorme percée de Dospital repris, à dix mètres de la ligne, d’un placage magistral aux jambes d’Oltmann qui ne se s’est pas laissé prendre par le crochet. Comme ces crochets dévastateurs de Lotawa qui ont porté plusieurs fois le danger dans les vingt-deux mètres tarbais ou ce sauvetage sur le drapeau d’en-but… A la décharge des Charentais un manque de puissance dû aux absences de Gau 130 kg (Blessé), Lavetanakoroï 115 kg, (Suspension), Taputaï 115 kg (Arrêt)…

Georgi Sordia : On a tout donné mais ils méritaient de gagner

Auteur du premier essai l’ex-Tarbais, épuisé, n’arrivait pas à réaliser. « On a tout donné, mais Tarbes comme au match Aller, ils jouent bien leurs coups. Ils ont trois ou quatre occasions qu’ils réussissent. Nous, on en a plusieurs qu’on n’arrive pas à concrétiser. » Le capitaine analyse. « Après, ils ont des mecs très puissants et on subit à chaque placage. Ils jouent dans l’avancée et c’est compliqué quand on subit autant, de revenir au score. On a tout donné mais ils méritaient de gagner.

Mathieu Billou : On n’avance pas et on n’y arrive pas

Le demi-de-mêlée, ne s’explique pas cette Bérézina. « On fait une très bonne entame, on est propre, on marque d’entrée, on plante la première banderille. On est plutôt bien, on arrive à contenir leur densité physique sur les impacts. Après, sur des petites fautes d’attention, une pénalité jouée vite à la main, un contre, un ballon porté où on n’arrive pas à s’entendre pour le défendre et où ça finit très vite dans l’en-but. C’est une somme de petits détails qui fait qu’on n’arrive pas à tenir le cap de notre match et à tenir le score pour pouvoir l’emporter. » Mathieu Billou, pointe les manques de son équipe. « Cette équipe de Tarbes, sans être géniale offensivement, a réussi à nous battre. C’est à l’image de notre saison. Nous, on doit redoubler d’efforts pour marquer le moindre petit point et les équipes, contre nous, arrivent à trouver la faille rapidement. C’est un mal récurrent chez nous et c’est ce qui fait notre classement aujourd’hui. » Une équipe qui est en plein doute de par ses mauvais résultats et son manque de réalisme, malgré des joueurs de qualité. « On n’est pas en confiance offensivement alors qu’on a les qualités pour. On est capable de déplacer le ballon, on est capable d’enchaîner les temps de jeu. Malheureusement on n’avance pas et on n’y arrive pas. « 

 

« C’est forcément un coup de massue pour nous, Je viens de voir les résultats des équipes contre qui on lutte et ça ne nous arrange pas. Il nous reste six matchs dont pas mal de réceptions. Sans parler de plan comptable la meilleure chose, c’est de montrer une belle image de notre club parce qu’il le mérite ! Il ne mérite pas de prendre 50 points comme ça et il va falloir porter haut le maillot jusqu’à la dernière journée.

Clément Praud : Rien ne nous réussit

Le seconde ligne est un des joueurs les plus anciens et plus expérimentés du club avec, cette année encore, seize matchs dont quatorze titularisations. Une heure après le match, il porte encore tout le poids de la déception et de l’incompréhension. « C’est une saison où rien ne nous réussit. On entame bien le match et on peut marquer quasiment trois essais. On ne marque qu’un seul beau essai, à la différence de Tarbes, qui est ultra opportuniste. Tarbes marque trois essais à une passe où on se fait avoir comme des gamins. » Une naïveté due peut-être à la relative jeunesse de l’effectif, composée à majorité de joueurs de moins de 24 ans. « L’équipe est jeune et on a eu quelques matchs où la jeunesse nous a permis d’emballer un peu les matchs. Mais sur l’ensemble notre manque d’expérience est flagrant, contrairement à Tarbes, qui a cinq ou six mecs que je joue depuis de nombreuses années et qui font la différence. On sait qu’on a des jeunes à fort potentiel. On s’accroche, on y met du cœur mais il nous manque toujours le petit plus. » Comme dernièrement contre Bourgoin qui s’est imposé d’un point après avoir été mené de treize points à cinq minutes de la fin. « C’est une année très compliquée où on n’arrive pas à gagner, avec neuf bonus défensifs et deux ou trois matchs craqué, comme Tarbes à la maison, qu’on n’arrive toujours pas à expliquer d’ailleurs. »

Du côté de Tarbes

Puissance et réalisme

Les Tarbais ont réussi à surpasser la pression en s’investissant comme jamais dans le combat. En se jetant comme des morts de faim sur tout ce qui bougeait, parfois à deux ou trois, pour couper toute possibilité de continuité. Les Tarbais ont, continuellement ou presque, joué dans l’avancée, tant en attaque, qu’en défense et ont mis leurs adversaires sur le reculoir. Ils ont su utiliser cette adrénaline pour casser les derniers placages et franchir la ligne à six reprises.

Lionel Terré : Des qualités morales indéniables

Le Président sort des vestiaires où la musique retentit à fond, avec un grand sourire aux lèvres. « A partir du moment où on a tout notre effectif, ça va. On a un bel effectif mais il faut que tout le monde soit là. On n’a pas le budget pour se permettre d’avoir des doublures à tous les postes. Quand tout l’effectif est là, on peut travailler sérieusement la semaine et ça se retrouve pendant le week-end. » Un effectif de qualité mais aussi de caractère pour aller chercher deux fois le bonus perdu. « Oui, comme ils avaient été chercher le match nul à Dijon. C’est une équipe, quand il y a tout le monde, qui a des qualités morales indéniables. » Un succès bonifié qui fait du bien aux têtes et au classement, compte tenu des résultats des adversaires directs (victoires de Bourgoin contre Dax et de Dijon contre Nice). « Ce bonus nous fait du bien parce que derrière, ça gagne aussi. C’est un championnat vraiment difficile et intéressant. »

Alexandre Duny : C’était très rugueux mais on a su être patient

Le Droitier savoure sa première titularisation de la saison à Trélut et confirme que les joueurs ont su faire abstraction de la pression. « On a enfin mis notre jeu en place et tout le monde a pris du plaisir sur le terrain. C’était un match très rugueux. Cognac devant, c’est très costaud, avec leur N° 8 (Davetawalu) qui est très imposant mais on a réussit à répondre présent. On a réussi à libérer des ballons propres et derrière, ils ont réussi à mettre les systèmes en place et à marquer. » Même après l’essai encaissé à la troisième minute, les Tarbais n’ont pas douté. « Non, il n’y avait pas le feu, il restait 77 minutes derrière… C’est notre force de caractère. » Malgré la pression, Tarbes s’est montré pragmatique pour marquer presque à chaque occasion. « On s’est enfin mis dans la tête d’être patient et de franchir cette ligne. C’était très important de gagner, il fallait absolument gagner et on a su aller chercher le bonus offensif qui est important pour la fin de la saison. » Une victoire qu’il faudra toutefois confirmer pour assurer définitivement le maintien. « Il faut qu’on continue comme ça. On est capable de le faire, il ne faut pas qu’on ait peur. Physiquement, on est beaucoup mieux aussi et on a tous élevé notre niveau de jeu. »

Felipe Manu : C’était très dur physiquement

Assis à côté de son co-équipier, le troisième ligne confirme la confiance qui habitait l’équipe dans un match très compliqué à gérer. « Franchement, c’était très dur physiquement. Ils étaient forts mais on a tenu. On est revenu sur notre système et on a su concrétiser nos temps forts. » Au lieu de se précipiter, notamment près des lignes, les Tarbais ont joué calmement et méthodiquement. « On a été patient. Même quand on était derrière au score, on est resté patient. On a fait taf et la fin ça paye. » Un match qui pourrait décomplexer une équipe qui doute. « On a pris confiance en nous-mêmes. »

Thibault Dulucq : Hyper positif et hyper important

Le jeune demi confirme que les Tarbais ont su faire abstraction de l’enjeu. « Il y avait tout contre nous pour être crispé mais on est passé au dessus de ça. On ne fait pas l’entame qu’il faut mais, sur tout le match, on propose du jeu et au final, on arrive à se libérer et on met cinquante points. C’est hyper positif et c’est hyper important. »

Antoine Palisse : On ne s’est jamais fait peur

Le jeune Gaucher, qui faisait sa première apparition à Trélut dans le XV de départ, affiche déjà la sérénité des vieux briscards. « On démarre mal mais on sentait qu’on allait s’en sortir. De mon point de vue, je ne voyais pas comment on pouvait passer à côté de ce match. Certes on passe à côté de l’entame mais on sentait qu’on était bien et qu’on pouvait faire quelque chose. On ne s’est jamais fait peur. » Grâce en partie à lui, qui a relevé le ballon sur l’essai libérateur de Maninoa juste avant la mi-temps (27-13, 38ème).

William Pees : On a su mettre du rythme et bien défendre

Pour son retour de blessure, le capitaine a retrouvé le poste d’arrière qu’il n’avait pas occupé depuis quatre ans et la demi-finale d’accession contre Bourg-en-Bresse. « Oui, je crois que j’avais fait un bon match. J’aime ce poste. » William Pees met l’accent avant tout sur la gestion des temps faibles qui était un des points noirs. « On s’est facilité le match parce qu’on a su mettre du rythme. On a su être propre et on a, surtout, su bien défendre dans les moments importants. Ça change tout, parce qu’avant on prenait des essais et ça faisait mal à la tête. Là, on a su tenir et se récompenser en défense. Ça change tout, parce que ça a détruit la tête des autres et à nous, ça nous a fait du bien. C’est très positif et en plus de ça, on va chercher le bonus offensif à la dernière action. C’est super et ça fait du bien. » En position d’arrière, le Béarnais s’est intercalé en bout d’aile pour inscrire le deuxième essai qui a permis de creuser l’écart et de prendre confiance (20-10, 29ème). « C’est une belle attaque et c’est Jonathan (Duffau) qui fait un offload et il n’y a plus qu’à… », minimise le capitaine qui a harangué sans cesse ses joueurs pour les encourager. Un match qui peut rebouster une équipe qui était en perte de confiance et qui a su se surpasser dans l’adversité. « On prend un essai d’entrée mais on a su être serein. On a su construire pour revenir, trois par trois, et on a fini par les faire douter. On a fait des efforts pour récupérer le ballon et leur mettre la pression. On a su scorer dans les moments où on les a dominés. C’est clairement, ce qui nous manque depuis quelques semaines, parce qu’on joue bien », assure le capitaine qui ne s’enflamme pas pour autant. « Il faut rester concentré, on n’est pas encore sauvé. » 

Junior Maninoa : Je n’ai jamais couru aussi vite

Le solide seconde ligne a inscrit un essai en bout d’aile comme un trois-quarts après un sprint de plusieurs dizaine de mètres. « Oui (Rires…) Auré (Ricart) donne à Jimmy (Maximin) qui m’ouvre l’espace et après, il n’y a personne. Je n’ai jamais couru aussi vite pour marquer », rigole encore Junior Maninoa qui a plus l’habitude du combat au près que des grands espaces. Un essai qui a libéré les Tarbais juste avant la mi-temps (27-13, 38ème) et qui a fait mal aux Charentais qui venaient de réduire la marque (20-13, 34ème).

Thomas Lhusero : On les a dominés physiquement

Grand homme du match Aller en position d’ouvreur, cette fois c’est à la mêlée, avec trois essais, que « Lulu » a éclairé le match dans un autre registre qu’en Charente. « On a fait un peu le même match qu’à l’Aller, où on avait pris un essai d’entrée et ensuite ça avait basculé. » Une expérience qui a pesé au match Retour. « On sait qu’on a les ingrédients pour gagner contre eux. C’est une équipe de notre niveau et on ne s’est pas affolé. On a mis notre jeu en place. On les a dominés physiquement. On est revenu par deux pénalités, dans un premier temps, puis on a marqué le premier essai. » Un essai de « filou », sur une pénalité rapidement jouée à la main à cinq mètres de la ligne, qui permettait à Tarbes de prendre le score pour la première fois 13-10 (25ème). « Après on marque de suite un deuxième essai et un troisième juste avant la mi-temps. Ensuite, on marque dès le début de la mi-temps et on finit bien en marquant cet essai du bonus, qui nous fait un point de plus qui va nous faire du bien. » A aucun moment Thomas Lhusero ne fait allusion à ses trois essais qui ont été inscrits à des moments cruciaux du match. Après celui pour prendre la marque, le demi-de-mêlée a marqué sur un dégagement contré, le cinquième essai du bonus (41-20, 57ème) qui sonne Cognac qui venait de réduire le score (34-20, 54ème). C’est encore lui qui marque, pendant les arrêts de jeu, le sixième essai synonyme du bonus que Cognac venait d’enlever une poignée de minutes avant. Modeste il souligne. « Je le marque grâce aux autres. Ils partent et ils attirent toute la défense. Je n’ai personne en face… » C’est oublier le crochet intérieur sur deux défenseurs dont Lotawa. Il minimise cependant son rôle. « Ce sont des essais de raccrocs. Ils sont importants mais c’est le fruit d’un travail collectif. » Inscrire trois essais, c’est une première pour lui, qui a déjà marqué deux essais dans une rencontre. En cherchant bien, il se souvient avoir déjà réussi un triplé. « Oui, peut-être une fois en Cadets… »

Jimmy Maximin : Ils ont de gros porteurs de balles

Le seconde ligne de plus de 2,00 m et de 130 kg, a cadré, comme un trois-quarts centre, pour envoyer son compère Maninoa à l’essai. Il explique, grand sourire au lèvres. « Palisse relève le ballon pour Réal qui me le donne et je fais la passe à Junior qui va marquer. » Un superbe essai, sur un ballon de récupération, avec des avants qui ont su jouer debout dans la défense, au lieu d’aller au sol. « Oui (rires…) on a joué comme des trois-quarts. On est heureux d’avoir gagné avec le bonus. » Surtout contre une rude et joueuse équipe de Cognac. « Ils sont solides, ils ont de gros porteurs de balles, comme leur 1 (Aho) et leur 8 (Davetawalu). Après, on se met à deux et on plaque bas et voilà… »

Propos recueillis par Jean-Jacques Lasserre