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Débrief d’Albi avec Fabien Fortassin

jeudi 20 mai 2021 par Rédaction

C’est un match qui me marquera

On avait rarement vu Fabien Fortassin, si serein et décontracté à la fin d’un match, même lors des soirs de victoires contre Massy, Bourg-en-Bresse, Bourgoin ou même Blagnac. Bien sûr la saison s’est terminée par une victoire de prestige contre Albi, devant les caméras de télévision. L’entraîneur pouvait enfin souffler avec le sentiment de la mission accomplie. « Oui, c’est la fin d’une saison et mine de rien, dans une semaine, c’est terminé. Tout le monde va éclater de son côté et à l’arrivée, il ne reste que des souvenirs. Et ces souvenirs, ce ne sont pas que ceux des matchs et du terrain, ce sont des souvenirs de vestiaires, de déplacements, d’après matchs, d’avant matchs... Et depuis que j’ai arrêté ma carrière, c’est ce qui me manque un peu. Et des moments comme ça, il faut savoir les savourer parce que de ma courte carrière d’entraîneur, c’est un match qui me marquera. La physionomie du match, le scénario, font qu’il y a beaucoup de fierté à entraîner ces Garçons. »

C’est la récompense de toute une saison

L’entraîneur avoue n’avoir jamais douté que son équipe réaliserait l’exploit de faire tomber un Albi en quête d’une victoire pour tenter de décrocher une demi-finale à domicile. « Sincèrement, même à la mi-temps, je n’étais pas énervé, j’étais assez serein parce qu’on était bien dans le match. Dans l’engagement, dans la conquête, on est bien et on est en place défensivement. On tourne à 0-10, à cause des erreurs techniques. Du jeu au pied direct en touche, des renvois directs, deux fois. Mais à la mi-temps, il y avait beaucoup de calme dans les vestiaires et on savait qu’on était capable, petit à petit, de revenir. Je leur ai dit on va revenir à 3-10, à 6-10, à 9-10 et on va prendre le dessus. On avait le vent un peu dans le dos, on a su bien l’utiliser et voilà. » Une certitude au vu du comportement du Groupe cette année. « C’est la récompense de toute une saison et quand on fera le bilan, on verra qu’on progresse. Par moment, il y a eu des aléas mais si on doit tracer la courbe de cette saison, elle est sur la pente ascendante et ça, c’est important et c’est vachement bien. On a battu Albi, Bourg-en-Bresse, on a fait match nul avec Nice, qui vont jouer les demi-finales. Une de ces équipes montera et on pourra se vanter d’avoir rivalisé avec eux. » Surtout avec une équipe avec huit Espoirs, contre une équipe bâtie pour la Pro D2 et renforcée par trois joueurs majeurs après le confinement. « Pour la suite c’est bien, surtout qu’on sait la jeunesse qu’on a. Les Garçons progressent à vitesse grand V, Lamothe, Réal, Palisse… Ce n’est pas facile mais ce sont des matchs où ils apprennent énormément. Florian Mansieux et Clément Sentubery, ont 18 ans… » Il y a aussi ceux qui ont un peu plus de bouteille du haut de leurs 21 ans comme Hourclé, Duffau ou Dulucq, 20 ans mais (6 matchs, 5 titularisations cette saison et 9 matchs, 2 titularisations, l’an passé). « Thibaud (Dulucq) n’a pas eu un match facile mais ce sont des matchs où on apprend. Des matchs comme ça, ce n’est pas facile, mais c’est la victoire d’un Groupe. » 

J’aurais aimé jouer dans ce groupe

Fabien Fortassin a pris du plaisir auprès d’un groupe en complète reconstruction avec une majorité de jeunes joueurs pros et d’Espoirs. « Sincèrement, j’aurais aimé jouer dans ce groupe parce qu’ils s’aiment bien, qu’ils s’entendent bien. Ils s’encouragent. On n’a pas de brebis galeuses. Dans la saison, j’ai dû arrêter un entraînement parce que c’était nul et je les ai renvoyés au vestiaire. Un entraînement, sur une saison, c’est rare. Moi, j’en ai connu où presque une fois par mois, l’entraîneur disjonctait. Là, tout le monde voulait bosser. Tout le monde a amené sa pierre à l’édifice et ce n’est pas vingt-trois Garçons qui ont gagné, c’est tout un groupe de trente-sept/trente huit joueurs qui travaillent depuis le mois de juillet. C’est vraiment leur récompense. Ils se sont payés contre Albi. »

Première de Juniver à l’ouverture

Ceux qui ne sont pas dans le secret des Dieux ne peuvent pas connaître les qualités et les défauts de chaque joueur. Qui mieux qu’un ancien ouvreur de haut niveau, peut juger des capacités et des qualités d’un joueur pour occuper ce poste, selon les circonstances. « C’est un choix qui est dicté par les conditions. Sur terrain sec et par beau temps, j’aurais certainement, mis Mathieu (Berbizier) en dix et Tom (Juniver) à l’arrière. Tom a plein de qualités, mais pas pour mettre de la vitesse dans le jeu où sa passe l’handicape malheureusement. Là, avec ces conditions, je savais très bien que le match n’allait pas se jouer sur des sautées, sur des longues passes ou de la vitesse. A partir de là, Tom, à l’ouverture, avec son jeu au pied, avec un gaucher et un droitier, on a pu alterner. Avec l’alternance, on a pu occuper. Mais ce sont des choses qui se sont faites sur la saison, sans N° dans le dos, pour occuper le terrain et pour alterner. »

Mettre du jeu au pied pour renverser la pression

A ce moment du match, Albi tenait le score et maintenait les Tarbais chez eux par du jeu au pied d’occupation et de pression. Le jeu au pied imprécis des Tarbais s’était retourné contre eux et il fallait à tout prix s’installer dans le camp d’Albi pour les faire douter et prendre des points. D’autant que la conquête tarbaise le permettait. « Là, ce sont les conditions qui ont fait que j’ai mis Tom en dix parce qu’il allait toucher des ballons et mettre du jeu au pied, de la longueur et renverser la pression, pour laisser les Albigeois chez eux. » Pour autant Juniver ne restera pas à Tarbes confirme l’entraîneur bigourdan. « Il n’est plus motivé, il ne veut plus jouer au rugby. Il veut arrêter en fin de saison, pour poursuivre ses études. C’est un échange que j’ai eu avec lui aussi et il ne se retrouve pas dans le milieu pro. C’est dommage, parce que j’aime bien le joueur. Il a plein de qualités. »

Les Albigeois ont eu la balle du match

Le plaisir de Fabien Fortassin est un peu gâché par cette fin de match avec une succession de mêlées à cinq mètres suite à une percée de Caminati sur un long dégagement. « C’est un petit regret. J’aurais aimé qu’on ait un beau rideau défensif, qu’on ne se fasse pas breaker et qu’on ne gagne pas comme ça. On monte, on se fait breaker plein cœur, on rattrape le coup à cinq mètres, avec un en-avant et là, il y a un enchaînement de mêlées. Franchement, à la place des Albigeois, j’aurais un peu d’aigreur parce que si l’arbitre va entre les poteaux, il n’y a pas scandale. L’arbitre décide mettre un carton jaune qui, à l’arrivée, nous rend service, parce qu’on est condamné à simuler la mêlée. Pourtant personne, même du côté albigeois ne remettait en cause la victoire tarbaise, que beaucoup estiment méritée. Même la mêlée simulée n’a pas suscité trop de débats car elle était parfaitement règlementaire. De plus, les Tarbais ne l’ont utilisée que lors de la dernière mêlée, durant les arrêts de jeu, suite au carton jaune de Bessonart. Quant à l’essai de pénalité*, les Tarbais se souviendront des six ou sept mêlées à cinq mètres, à Dax et contre Mauléon, qui n’ont pas abouties à un essai de pénalité et qui ont vu les Landais et les Basques l’emporter sur le fil. Avec la règle de la carence Albi, qui s’est retrouvé à quinze contre treize à cinq mètres de la ligne, ne peut s’en prendre qu’à lui-même, comme le souligne Fabien Fortassin. « La mêlée simulée, c’est quand même un ballon gratuit pour les Albigeois et ils se retrouvent sur leurs quarante mètres. Ils ont quand même la balle de match sur la dernière mêlée. Après, on a fait preuve d’une solidarité énorme sur la dernière séquence défensive. Je comprends que les Albigeois puissent avoir de l’amertume mais ils ont la balle de match gratuite. » 

*C’est aux législateurs et aux arbitres de prendre leurs responsabilités et d’accorder un essai de pénalité à la troisième ou à la quatrième mêlée pénalisée avec ensuite un carton jaune. Mais pas de sortir un pilier et de laisser deux ou trois mêlées supplémentaires sans donner un essai de pénalité. C’est incompréhensible pour tout le monde et ça engendre de la suspicion, de la frustration ou de la colère.

Propos recueillis par Jean-Jacques Lasserre