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Retour sur Tarbes-Dax

mercredi 24 février 2021 par Rédaction

Double victoire tarbaise avec celle des Espoirs

Les Espoirs ont décroché une sixième victoire consécutive (24-23) sur une transformation manquée dans les arrêts de jeu par le buteur dacquois. Les Tarbais, handicapés par les blessures ou l’absence de huit de ses meilleurs éléments (Lamothe, Palisse, Hourclé, Tolofua, Noël, Réal, Millet, Cantan…) ont remporté un match dédié à leur copain Hugo, hospitalisé suite à une rupture d’anévrisme. Avec six avants de moins, sept avec Hugo Benhamada, soit pratiquement un pack, les Espoirs tarbais ont beaucoup subi. Les Espoirs et les Nationaux dacquois, auraient pu renverser le score, durant les arrêts de jeu. Il s’en est fallu d’une transformation et d’un en-avant sur la ligne, mais la victoire des deux équipes tarbaises est toutefois méritée bien que tirée par les cheveux.

Du côté dacquois : Déception et frustration

Comme à la fin de chaque rencontre, Jack Isaac, Arnaud Mignardi, Stéphane Barberena et Benoit August, se sont réunis sur la pelouse pour débriefer le match. Là, le sujet principal de la discussion tournait autour de l’arbitrage qui faisait l’unanimité contre lui, notamment sur les dernières minutes de la rencontre et sur un éventuel deuxième carton jaune contre Noël, qui aurait signifié l’exclusion définitive du troisième ligne tarbais, au début de la seconde mi-temps. Il est vrai que les Dacquois n’arrivaient pas à comprendre comment ils avaient pu perdre un match qui semblait leur tendre les bras en seconde mi-temps. La faute aussi à un début de match où ils ont encaissé deux essais et 15 points en vingt minute sans en rendre un seul. Un match qu’ils avaient pourtant ciblé et bien préparé pour rattraper les points perdus de justesse contre Albi.

Arnaud Mignardi : L’arbitre ne nous a pas trop récompensés

L’entraîneur des trois-quarts est assez sévère envers ses joueurs jugés trop absents en début de rencontre. « On leur a tout donné. On n’a pas fait une bonne entame de match. On a offert beaucoup de points et après on a un sursaut d’orgueil. On a essayé de mettre notre jeu en place et ça ne s’est pas trop mal passé. On a marqué trois essais et on a essayé d’aller chercher la victoire jusqu’à la fin. L’arbitre ne nous a pas trop récompensés. On remonte deux fois le terrain de 80 mètres et il n’y a pas un avantage pour nous. C’est un peu dommage, parce qu’il y avait une grosse dépense d’énergie. Mais le match, on ne le perd pas là, on le perd tout seul sur notre gestion du début du match où on est mené 15-0 quasiment au bout d’un quart d’heure. C’est là, où on le perd. » L’ancien centre, qui a connu la Pro D2 et le Top 14 avant de devenir entraîneur, jette un regard positif sur la Nationale. « C’est un très bon niveau, ça se rapproche de la Pro D2. Il y a des joueurs de talent, il y a de la qualité, on voit du beau jeu, on se régale. C’est une bonne chose d’avoir fait cette division. » Avec la pandémie, le reformatage en deux matchs, au lieu de quatre par bloc, va permettre aux équipes, à petits budgets et à petits effectifs, d’être un peu plus compétitives. «  C’est sûr que les trop longs blocs de matchs étaient préjudiciables pour les petits clubs. Ces nouveaux blocs vont être très intéressants. »

Stéphane Barberena : On fait trop de cadeaux, c’est récurrent

L’entraîneur des avants, qui était pourtant très remonté contre l’arbitrage, préférait mettre l’accent sur l’absence coupable de ses joueurs en début de rencontre. « On se perd le match dans les vingt premières minutes où on savait que ça allait taper fort. Je crois qu’on leur a fait beaucoup de cadeaux et après, par rapport aux efforts qu’on a faits, on n’a pas été récompensé. Je ne veux pas pleurer mais je pense qu’il y a des décisions arbitrales hyper sévères sur les cartons et après, il fait de la gestion. Le 6 plaque en l’air mais il ne lui met pas un deuxième carton, car c’est le rouge et je pense qu’il a fait de la gestion. Je suis déçu par ça mais aussi, parce qu’on a déconné pendant les vingt premières minutes. Après, on est capable de faire du bon rugby. On a dominé devant et on râle des décisions qui ont été prises mais on râle surtout après nous-mêmes, parce qu’on a raté notre début de match. » Une frustration qui s’ajoute à celle de la courte défaite contre Albi due, selon lui, à un fait d’arbitrage. « Je pense que la semaine dernière, on doit battre Albi. Ça se joue à un coup d’envoi, sur notre essai, qui ne fait pas dix mètres et derrière ça finit par un ballon porté. » A cela s’ajoute les manquements des joueurs. « C’est récurrent depuis le début de la saison, on fait beaucoup de cadeaux. Contre Tarbes, on se fait trouer deux fois, on fait n’importe quoi. Après, on sait qu’on est capable de jouer mais c’est un mal récurrent. C’est vraiment pénible de finir frustré, ce week-end et le week-end dernier. Parce que si on gagne les deux fois, il n’y a vraiment rien à dire. » Cette fin de match lui reste en travers de la gorge. « On marque un essai, on passe devant, on récupère le renvoi, on leur redonne le ballon et on prend un essai. Je crois, franchement, qu’on donne le bâton pour se faire battre. On est vraiment trop généreux avec nos adversaires. Il faut que ça nous serve et qu’on progresse. Il faut qu’on progresse là-dessus parce que samedi, on rencontre Narbonne. »

Benat Auzqui : On aurait pu faire beaucoup mieux

Le talonneur basque reconnaissait, lui aussi, que les Dacquois ne pouvaient s’en prendre qu’à eux- mêmes. « On manque totalement notre début de rencontre où on est mené 15-0 au bout d’un quart d’heure, je crois. Après, on a globalement dominé, on repasse devant à dix minutes de la fin, puis on prend cet essai et on termine à un mètre de la ligne où on fait un en-avant. C’est râlant parce qu’on aurait pu faire beaucoup mieux. On était venu pour chercher la victoire. On a dominé devant mais, derrière on n’a pas su concrétiser nos bonnes actions. C’est comme ça, il faut faire avec », avouait avec fatalisme Benat Auzqui, qui a connu la Pro D2, le Top 14 et la Fédérale 1 et qui découvre, à 38 ans, la Nationale. « C’est un niveau qui est très exigeant physiquement, même si on ne voit pas du grand rugby, tous les week-ends. » Quand on lui fait remarquer les temps de jeu de la rencontre il précise. « Il y a beaucoup plus de jeu chez les équipes du bas de tableau que chez celles du haut. Les équipes, qui dominent ce championnat, font un jeu très simple devant, à base de cocottes et de mêlées. Ils s’appuient sur une très forte défense et ils attendent les ballons pour jouer. Nous, et des équipes comme Tarbes, on a tendance à trop jouer. On rend le ballon trop facilement et on s’expose à des pénaltouches et à des mêlées. Physiquement, c’est contraignant. Tous les week-ends, c’est la guerre. Il y a des équipes qui ont basé leur jeu sur ça et il faut faire avec. Samedi, on va recevoir Narbonne, en match en retard et on sait que ce ne sera pas du grand rugby. Ça sera des ballons portés et des mêlées… »

Côté tarbais : Satisfaction mitigée

Même frustration, côté tarbais, malgré la victoire, à cause d’une fin de match éprouvante physiquement et mentalement pour résister aux assauts des landais, sans faire de fautes de règlement ou d’erreurs défensives. Les Tarbais ont terminé la rencontre épuisés à l’image de Manu. La frustration aussi d’avoir été autant dominés devant, d’avoir été incapables de maîtriser les phases de ballons portés, offensivement ou défensivement. D’autant plus frustrant, que sur chaque ballon en leur possession les Tarbais étaient dangereux. Les deux premiers essais venaient d’ailleurs de deux lancements de jeu, un sur mêlée et l’autre sur une touche. Le troisième essai, lui est venu d’une relance.

Lionel Terré : Notre jeunesse apprend, travaille et progresse

Le Président, soulagé et heureux, faisait judicieusement remarquer. « On aurait pu gagner là-bas et ça aurait pu s’inverser ici. On va donc dire que la parité, entre les deux matchs, est légitime et équitable. Après, je suis encore content de nos jeunes joueurs qui ont été se chercher cette victoire. Car quand les Dacquois sont passés devant, ils ont eu le caractère d’aller marquer de suite et de défendre comme des chiens jusqu’à la fin. Notre jeunesse apprend, travaille et progresse. » Alors que plusieurs clubs de Nationale recrutent des jokers médicaux, à l’image de Dax ou d’Albi qui vient d’engager, le troisième ligne international sud-africain Jacques Engelbrecht, le Président tarbais se refuse à recruter un talonneur expérimenté. Pour lui, il est hors de question, alors que les budgets vont être revus à la baisse de 20%, de créer des charges supplémentaires.

Morgan Rubio : On a les joueurs qu’il faut pour jouer

L’ailier, qui a marqué son premier essai de la saison et qui a été à dix centimètres d’en inscrire un second, regrettait que les Tarbais n’aient eu plus de ballons pour mettre en place leur jeu. « C’était dur et compliqué de défendre quand on n’avait pas le ballon. C’est dommage d’être, mentalement, un peu frileux, car on n’ose pas trop lâcher les chevaux quand on prend le score. Il faut qu’on joue, parce qu’on a les joueurs qu’il faut pour jouer. On a de la qualité et quand on déplace le ballon, on arrive à breaker et c’est intéressant. »

Felipe Manu : On ne voulait pas perdre

Le troisième ligne de 36 ans a été au bout de ses forces pendant 80 minutes et il tenait à peine debout dans les vestiaires. « On avait tellement envie de gagner ce match qu’on ne voulait pas le perdre sur la fin. »

Williams Pees : Dès qu’on a le ballon, on est bon

Le capitaine résume parfaitement le contenu du match. « C’est simple, quand on a eu le ballon, je pense qu’on a été très bon. On les a mis sur reculoir tout le long. Par contre, dès qu’on n’a pas eu le ballon, on les a laissé produire du jeu. Les ballons, c’est ce qui nous manque. Dès qu’on a eu le ballon, on a été bon, on s’est fait plaisir. Il y a des mains, il y a de tout pour envoyer du spectacle. » Et du spectacle, il y en a eu avec de multiples temps de jeu d’un côté et d’autre, qui ont laissé les joueurs exsangues. «  On a beaucoup couru après le ballon et quand on recule et qu’on défend en reculant, c’est cent fois plus fatigant. C’est pour ça, qu’à la fin, tout le monde est cuit.  » Une fin de match arcbouté en défense pour contenir le va tout des Landais pour marquer l’essai de la victoire. « Tout le monde a défendu, personne ne s’est pas échappé  », assure avec fierté le capitaine.

Mathieu Berbizier : On aurait pu perdre ce match

Le buteur, malgré un poteau sortant sur une pénalité, a assuré sur la transformation du bord de touche de l’essai de Stanaway qui assure, pour un point, le goal-average particulier en cas d’égalité. Mais comme ses coéquipiers, ses traits et son attitude, évoquent plus la fatigue que la victoire. « On sait qu’on aurait pu perdre ce match, ça aurait été pareil. On a gagné grâce à notre solidarité sur une très grosse séquence de défense. On l’a fait de belle manière et ça c’est positif. On les a gagnés d’un point de plus qu’ils nous avaient gagnés » conclut Mathieu avec un grand sourire.

Fabien Fortassin : Il n’y a pas à fanfaronner
L’entraîneur sort, un des derniers, de la douche et discute, (avec les retardataires qui sont passés par le contrôle antidopage) de certains faits de match qui l’ont hérissé. Comme cette faute, inutile sur un joueur en l’air, qui aurait pu coûter un carton rouge ou les accrochages qui ont coûté deux cartons jaunes et les contestations qui ont valu une pénalité avancée de dix mètres. Des erreurs qui, au final, aurait pu coûter cher alors que Tarbes avait le match en main. «  Je suis soulagé d’avoir gagné mais pas content de la copie qu’on a rendu. On savait très bien que Dax jouerait. C’est une équipe joueuse et que si on les laissait jouer, ce serait très difficile. On s’en sort vraiment bien parce qu’il n’y a pas scandale, s’ils marquent sur la dernière action. Je suis soulagé mais il n’y a pas à fanfaronner. On ne peut pas être satisfait de la copie qu’on a rendue. » Pourtant si on peut regretter que les Tarbais n’aient pas su gérer leur avantage de 15 points, il semble que les réactions pour reprendre aussitôt le score et pour conserver becs et ongles, cet avantage acquis, soient un acte fondateur pour l’équipe. « Oui, c’est le tournant du match. Si on ne marque pas dans les cinq minutes qui suivaient, je savais que ça allait être très dur. Le gros point positif, c’est qu’on a marqué immédiatement après être repassé derrière au score. Si on a une séquence où on n’arrive pas à repasser devant de suite, derrière, on doute et ça peut être très compliqué. » Fabien Fortassin revient sur les erreurs qui ont coûté chers alors que les Tarbais menaient 15-0. « On fait des fautes débiles, on prend des cartons qu’on peut éviter. On prend trois cartons jaunes, on joue en infériorité, on laisse quelques points au pied… On revient de loin, on gagne mais il y a du boulot. » Heureusement l’attaque tarbaise a bien fonctionné. «  Franchement, on a de la qualité. Il fallait conserver le ballon, mettre des temps de jeu. Quand on le fait, ça paye. Un ballon, c’est trop important, il faut le garder. Si on doit rendre un ballon à l’adversaire, c’est pour le mettre sous pression, pour le mettre en difficulté. Heureusement, on a des joueurs de qualité, qui sont capables de faire de belles choses et ça nous sauve. »

Propos recueillis par Jean-Jacques Lasserre