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Manifestation pour l’emploi, les services publics et contre la précarité

jeudi 4 février 2021 par Rédaction

Ce matin, à partir de 10h30, devant la Bourse du Travail à Tarbes, les manifestants se sont rassemblés à l’appel du Comité CGT 65 Travailleurs précaires ou Privés d’emploi, du Syndicat CGT des Remontées Mécaniques et service des pistes des Hautes-Pyrénées, de l’ESPO culture spectacle et l’Union Départementale CGT des Hautes-Pyrénées.

Les revendications

« Les travailleurs précaires des Hautes-Pyrénées demandent le retrait total du décret de juillet 2019 sur la Transformation de l’assurance chômage et l’indemnisation de 100% des demandeurs d’emploi. Ils demandent la mise en œuvre d’un plan national pour la réduction du temps de travail sans baisse de salaire, afin de sauvegarder les emplois menacés ou de créer des nouveaux emplois. Ils rappellent que les Hautes-Pyrénées comptent 23 420 demandeurs d’emploi fin 2020 et que la plupart des 2600 saisonniers du département ne pourront pas signer de contrat cet hiver et ce printemps.

La ministre du Travail Elisabeth Borne a reçu, lundi 25 janvier 2021, les organisations syndicales et patronales à propos du sort réservé à la réforme de l’assurance chômage unanimement contestée par les syndicats. La CGT a exigé à nouveau l’annulation de la réforme et a démontré combien la crise sanitaire et sociale renforce la nécessité d’ouvrir l’assurance chômage à toutes celles et ceux privés du droit au travail. C’est l’objectif même du projet porté par la CGT de Nouveau statut de travail salarié et autour de la Sécurité sociale professionnelle. Tous les travailleurs et, en particulier, les plus précaires des secteurs les plus touchés par les mesures gouvernementales liées à la pandémie – intérimaires, saisonniers, extra-hôteliers, guides-conférenciers, etc. – demandent plus que des aumônes et exigent l’ouverture ou la prolongation de leurs droits. Sans réelle marge de manœuvre, la ministre dit vouloir poursuivre la mise en place de cette réforme régressive et s’est contentée de présenter deux pistes. Tout d’abord, un aménagement de la formule de calcul du salaire journalier de référence d’où découle le calcul de l’allocation journalière : elle ne diviserait plus certaines allocations par quatre mais seulement par deux ! Ensuite, la recherche d’indicateurs pour décider de la date de mise en oeuvre de la réforme, selon une hypothétique meilleure situation économique.

Sur le premier point, la CGT, en s’appuyant sur la décision du Conseil d’Etat en novembre 2020, a rappelé qu’il ne fallait pas que le gouvernement confonde deux objectifs : corriger des « injustices » ou faire des économies sur le dos des chômeurs. S’il s’agit, ainsi, de mieux indemniser les demandeurs d’emploi, la CGT a présenté ses propositions. Elle demande, par exemple, l’indemnisation sur la base de temps pleins après des temps partiels – une mesure pour l’égalité femmes/hommes puisque 82% des temps partiels sont occupés par des femmes, de façon généralement subie. La CGT suggère aussi l’abaissement du seuil d’ouverture à 2 mois, notamment pour les entrants – une mesure permettant 875 000 ouvertures de droit à 60% des jeunes.

Quant aux économies drastiques, c’était « non » avant la crise sanitaire, c’est toujours « non » pour la CGT, alors que la situation s’aggrave, surtout pour les plus jeunes. Le changement de mode de calcul doit être abandonné ! La réforme n’entrerait pas en vigueur au 1er avril 2021 mais la ministre cherche des « indicateurs » pour décider de la date de sa mise en oeuvre lorsque le chômage aura baissé « suffisamment ». Une façon de renvoyer la réforme à 2022 ou une entourloupe pour la mettre en oeuvre en plein été ?

Quoi qu’il en soit, la CGT, et en premier lieu, les travailleurs précaires, demandent l’abrogation pure et simple du décret de juillet 2019 sur la Transformation de l’assurance chômage. Nous appelons tout le monde du travail, mais aussi les jeunes et les retraités, à descendre dans la rue le 4 février pour défendre cette revendication. Et aussi pour obtenir 100% d’indemnisation des travailleurs précaires ou privés d’emploi. Nous demandons également la mise en œuvre d’un plan national de réduction du temps de travail sans réduction de salaire sur la base de 32 heures par semaine, afin de sauvegarder les emplois menacés ou de créer de nouveaux emplois. »

Ils ont dit…

Angélique Samaran,
secrétaire générale de l’UD CGT

Philippe Braconnier

Réseau Sans frontières 65


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4 février 2021
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