Site d’informations en ligne, sur Tarbes et le Grand Tarbes
  Informations Lourdes et Grand Tarbes  Informations Lourdes et Pays de Lourdes  Informations Bagnères de Bigorre  Informations Argelès-Gazost Vallées des Gaves  Informations Pays de Lannemezan  Information Pays du Val Adour  Informations Hautes-Pyrénées     

Entretien avec Marc Delpoux, co-président de Narbonne

vendredi 8 janvier 2021 par Rédaction

Ancien joueur et entraîneur reconnu

Marc Delpoux est un Audois pur souche qui a débuté le rugby à Cuxax-d’Aude avant de rejoindre Narbonne en juniors qu’il a quitté onze ans plus tard pour rejoindre Perpignan (1992-1993) avant de terminer sa carrière de joueur de haut niveau au RCN. C’est là que l’ancien N° 8 a débuté sa carrière (2003-2006) avant de migrer à Calvisano. A son retour, il entraîne l’UBB (2009-2012), l’USAP (2012-2014) et Provence Rugby (2015-2017). A son palmarès de joueurs, il compte une Coupe de France (1985) et quatre Challenges Yves Du Manoir avec Narbonne (1989, 1990, 1991) et avec Perpignan (1994). Comme entraîneur, il compte un titre de Champion d’Italie (2008), un de Champion de Pro D2 avec l’UBB (2011) mais aussi deux relégations, avec l’USAP en Pro D2 (2014) et avec Aix en Fédérale 1 (2016).

Tout le sportif passe par moi mais je ne m’occupe pas du terrain

Aujourd’hui, il est un des cinq co-présidents de Narbonne Chargé du Rugby. « Modestement, j’ai en charge le secteur rugby. Je suis un peu le Directeur Rugby. C’est moi, qui reçois les agents, qui monte l’équipe et le budget pour le sportif. Je m’occupe de l’Ecole de Rugby jusqu’à l’équipe Une. Tout le sportif passe par moi mais je ne m’occupe pas du terrain. On a deux entraîneurs, Patrick Pezery et Laurent Balue, que j’ai choisi parce que ça fait partie de mon rôle, mais ils ont les pleins pouvoirs sur l’équipe. » Le club qui a un budget de 3,2 ME est toujours sous l’égide de l’Association après le dépôt de Bilan de la SASP. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir une trentaine de joueurs pros à temps plein. « Nous, on n’a que des joueurs pros à part les joueurs du Centre de Formation qui ont joué avec la Une », confirme Marc Delpoux, qui envisage de remonter une SASP pour préserver l’avenir du club. « Même si on ne monte pas, car c’est prendre trop de risques pour l’Association, si elle était déficitaire. » Dans ce cas comme Auch et Nantes, Narbonne serait rétrogradé en honneur ou au mieux en Fédérale 3.

Sur les premiers matchs les joueurs n’avaient pas récupéré du Covid

Le début de saison compliqué de Narbonne s’explique par une préparation et un début de saison entachés de cas de Covid 19, explique Marc Delpoux. « On a eu un début de saison très compliqué, parce qu’on n’a pas pu se préparer normalement à l’intersaison et on n’a pas pu faire de matchs amicaux. On ne cherche pas d’excuses mais pour les premiers matchs les joueurs n’avaient pas encore récupéré du Covid. » Les Narbonnais après avoir dû annuler le premier match à Dax pour cause de Covid, ont débuté par un succès contre Cognac 16-9. Puis ils se sont inclinés à Suresnes 27-20, avant de se faire surprendre à domicile par Aubenas 15-22. Les Audois ont renoué avec le succès contre Blagnac 29-24 mais ils restent sur une défaite 20-12 sans bonus à Dijon qui restait sur cinq échecs consécutifs. « A Suresnes, on est en capacité de gagner mais pas à Dijon et c’est inquiétant. Notre meilleur match, c’est celui qu’on fait contre Blagnac », assure l’ex-troisième ligne. Alors que les clubs avaient proposés une formule à deux Poules ou avec des péréquations sur les matchs non joués de la Phase Aller, la Formule de la FFR lui convient mieux. « Au jour d’aujourd’hui, c’est la moins mauvaise des solutions qui avaient été annoncées par tout le monde. Il faut y aller tous ensemble. De toute façon c’était impossible de refaire le Championnat faute de temps et il fallait prendre une décision pour le continuer. » Lors du second confinement, Marc Delpoux faisait partie des Présidents qui ne concevaient pas de continuer le championnat à huis-clos.

Aujourd’hui, il fallait reprendre le championnat coûte que coûte

Pour l’instant les clubs ont décidé de reprendre malgré le huis clos. « Aujourd’hui, il fallait reprendre le championnat coûte que coûte. La réalité de janvier n’est pas la même qu’en novembre. Economiquement, on voulait savoir où on en était, se poser pour repartir de plus belle maintenant. Aujourd’hui, le huis clos s’impose. Il va pénaliser gravement cette saison mais il va être dramatique surtout pour la saison à venir. Quels seront les partenaires et les abonnés qui vont nous suivre la saison prochaine ? » Même si elle n’est pas sous l’égide de la LNR, qui gère les clubs professionnels, la Nationale est formée à majorité de clubs qui ont un statut professionnel et qui ont plusieurs joueurs sous contrats à temps pleins. Un statut défendu par la FFR et les clubs se devaient de reprendre même à huis clos, pour ne pas se mettre en porte à faux. D’autant qu’ils auraient obtenus des avancées comme l’exonération de l’Urssaf sur les salaires de janvier et des mois où les clubs joueront à huis-clos. Ils devraient aussi avoir accès au fonds de solidarité et bénéficier d’indemnisations sur la perte du chiffre d’affaires. D’autres voies sont explorées comme un crédit d’impôt pour les entreprises sur un pourcentage du montant de leur partenariat. Un championnat qui, en début de saison a tenu toutes ses promesses, en termes de jeu, d’intensité et de contenu de matchs. Marc Delpoux, qui a connu en tant qu’entraîneur le Top 14, la Pro D2, la poule Elite et la Fédérale 1, est à même de juger. « C’est une compétition qui doit préparer le haut du tableau à accéder à la Pro D2. Je suis à 100 % pour cette formule. » Une formule qui regroupe des clubs qui ont un effectif avec une vingtaine ou une trentaine de joueurs pros et d’autres, qui n’ont qu’un seul contrat pro, comme Blagnac. A terme, la FFR devrait imposer un cahier des charges pour que tous les clubs aient les mêmes contraintes.

Narbonne pratiquement au complet

Après le second confinement les Narbonnais ont repris l’entraînement le 15 décembre. Ils ont disputé un match de préparation contre leurs Espoirs et ont repris le 4 janvier, pour préparer le match de Tarbes. Les derniers tests Covid ont été négatifs et Narbonne disposera de son effectif au complet en Bigorre. Désormais les clubs de Nationale sont soumis au même protocole que ceux de la LNR avec deux tests, le lundi et le mercredi. Les entraîneurs devraient se passer des piliers Baron et Cotet mais ils enregistrent le retour de blessure du demi-de-mêlée Kaiser qui n’a pas joué depuis le début de saison. Les Narbonnais espèrent que ce déplacement en Bigorre relancera leur saison. « Il nous reste quinze matchs* et il n’y a que quatre de qualifiés. Toutes les équipes n’ont pas de temps à perdre, dont Tarbes. Rien n’est encore définitivement fermé vers en haut ou vers en bas. Aujourd’hui, c’est un championnat nouveau qui démarre avec les points acquis lors des premières journées. Donc, c’est à nous de faire ce qu’il faut pour remonter au classement. Le but et la priorité de tous les clubs, c’est d’être présents l’an prochain en Nationale. C’est bien joli de vouloir être dans les quatre premiers mais l’essentiel, c’est de pouvoir payer tout le monde à la fin de chaque mois. Pour nous, c’est la priorité. »

*Avec le match en retard contre Dax

Le Groupe probable

Avants : Make, Abadie, Loudet, Martinez, Huggett, Rochier, Plaza, Visser, Kbaier, Recordier, Nouhaillaguet, Dumoulin, Feleafa, Sesé,

Arrières : Nova, Bessaguet, Parkinson, Goutard, Namy, Smith, Fekitoa, Nawaqatabu, Nueno, Justes, Ducom

Propos recueillis par Jean-Jacques Lasserre