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L’affaire TPR contre Lescloupé jugée ce mardi

mardi 8 décembre 2020 par Rédaction

Après le renvoi de l’Audience du 3 janvier 2017, pour un « supplément d’information » requis par ses avocats, l’Affaire TPR contre Lescloupé revient en correctionnelle ce mardi 8 décembre. L’Affaire avait débuté suite à l’aveu de Pascal Lescloupé, dans un mail du 8 octobre 2015, confirmé par Lettre Recommandée, que quatre contrats (ADE/ AGEF / AGC / IVT), d’un montant total de 270 000 euros TTC étaient des faux, tout comme les garanties bancaires présentées. Antoine Nunes, le Président du TPR, avait déposé plainte en suivant. De nouvelles plaintes étaient jointes sur les contrats IVT de 195 000 euros HT, Général Electric de 500 000 euros HT, Sonepar Sud-Ouest de 350 000 euros HT. Une découverte faite lors de la facturation de ces contrats aux entreprises concernées qui ont contesté leurs authenticités. Ces entreprises s’étaient toutes portées civiles et devraient de nouveau être représentées par leurs avocats respectifs ce mardi.

Depuis le début de l’Affaire, Pascal Lescloupé a nié avoir émis de faux contrats GE avant de reconnaître les faits en garde à vue. Le 18 novembre 2015, il avait soutenu au club, par le biais d’un mail de son avocat de l’époque, que les contrats de GE étaient de vrais contrats. En juin 2016 la presse locale avait relayé ces allégations et les déclarations où il affirmait n’être pas responsable des faits qui lui étaient reprochés. Des allégations qui ont été reprises au plan national, accréditant la thèse que le club était plus ou moins complice de la falsification des comptes. C’était d’ailleurs la ligne de défense de Pascal Lescloupé et de ses avocats, qui reconnaissent « les faux et usages de faux » mais réfutaient « l’escroquerie » retenue par les enquêteurs du DIPJ de Pau après dix mois d’enquête. Lors de l’Audience du 3 janvier 2017, la défense avait obtenu un renvoi pour un supplément d’information pour plaider « une éventuelle complicité de banqueroute » au vu des antécédents financiers du club. La défense s’appuyait sur un mail sibyllin du 21 juillet 2015 de Pascal Lescloupé à la secrétaire où il écrivait « comme convenu voici les trois contrats fictifs… Reste à travailler J – 10 mois » en réponse à l’envoi des contrats pour signature plus de quatre heures avant.

Une piste qui n’avait pas été retenue par les premiers enquêteurs qui avaient auditionné, entre autres, le Directeur Général, le Directeur du Marketing, la Comptable, la Secrétaire, un sponsor Membre du Conseil de Surveillance, l’Expert Comptable du Club et qui avaient organisé une confrontation entre Antoine Nunes et Pascal Lescloupé. Aucune charge n’avait été retenue à l’encontre d’un membre du club alors que Pascal Lescloupé était « prévenu » de « Faux, usages de faux et escroquerie. » Les mails de relance de la comptabilité du TPR à Pascal Lescloupé, sur injonction d’Antoine Nunes, semblent attester que le Président n’était pas au courant que ces contrats étaient des faux. Sinon pourquoi, en l’absence de réponse de Pascal Lescloupé, avoir envoyé directement les factures aux entreprises devant les retards de paiement. Et ce à l’encontre des directives de Pascal Lescloupé, qui voulait traiter les contrats directement, sous prétexte qu’il était l’associé ou l’ami proche des chefs des entreprises concernées ou par ses relations particulières avec la Directrice de Marketing du Groupe GE. Des contrats qu’il se chargeait de présenter lui-même aux entreprises et d’en assurer le paiement directement au TPR. Et ce grâce aux bienfaits d’une riche veuve de 90 ans qui en avait fait son légataire universel et lui avait donné procuration. Sa mort, à 95 ans en mai 2015, a empêché Pascal Lescloupé de régler les fausses factures, avant les échéances de la DNACG. En novembre 2015, la DNACG avait prononcé des points de pénalité et la rétrogradation du TPR. Le club, qui avait fait Appel de cette décision confirmée par le CNOF, n’a jamais réussi à remonter depuis sa relégation effective en juin 2016. 

L’Audience de ce mardi devrait permettre l’aboutissement de cette triste affaire qui a provoqué la relégation en Fédérale 1 d’un club historique de Pro D2 et du rugby français. Un club qui depuis, véhicule sur tous les terrains l’image d’un tricheur qui a sciemment falsifié ses comptes. Plus de cinq ans après la découverte des faits, la justice, si elle reconnait les droits du TPR, permettra t’elle d’effacer la suspicion qui règne sur le club tarbais et ses anciens dirigeants ? A quelques heures de l’audience, la nouvelle enquête n’a débouché officiellement sur aucune mise en cause d’un membre du club pour complicité de banqueroute. Ce mardi après-midi, l’Affaire TPR contre Lescloupé devrait connaître son dénouement et lever les derniers points d’interrogations suscités durant ces cinq dernières années.

Jean-Jacques Lasserre