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Stado-TPR : Les Tarbais en force

mardi 11 août 2020 par Rédaction

Quinze joueurs issus de la Formation tarbaise dans l’effectif

Sur les 36 joueurs retenus par le staff, 15 sont issus du Centre de Formation tarbais. Plusieurs générations se côtoient. Romain Dumestre, qui a débuté en première en 2009, est le plus ancien mais il a porté les maillots de Lourdes et de Bagnères, avant de revenir en 2016. Les autres sont, par ordre d’apparition, Morgan Rubio, Mathieu Berbizier, Johann Paulet, Thomas Lhusero, Thomas Millet, Thibaud Dulucq, puis la nouvelle génération, Florian Lamothe, Sylvain Hourclé, Léo Noël, Antoine Palisse, Lucas Parrou, Loan Réal, Julien Cantan et Jonathan Duffau.

Morgan Rubio, joueur emblématique avec 141 titularisations

A 29 ans, Morgan Rubio est le joueur le plus capé avec 148 feuilles de matchs dont 141 titularisations sous les couleurs tarbaises. Il a disputé son premier match en Pro D2, comme titulaire, le 14 avril 2012 à Narbonne. Mais il va commencer à s’imposer dès la saison 2013-2014 avec 13 titularisations. Il fera carton plein les deux saisons suivantes avec 24 et 27 titularisations et enchaînera les matchs jusqu’à aujourd’hui. Morgan a inscrit 27 essais dont 7 en 2013-2014. Après trois saisons presque blanches avec 5 essais au total, l’ailier a plongé 9 fois dans l’en-but ces deux dernières saisons. L’ailier a connu 5 entraîneurs (Philippe Bérot, Nicolas Nadau, Mickaël Etcheverria, Jean-Charles Laran et Christian Etchebarne) et 3 Présidents (Jean-Pierre Davant, Antoine Nunes et Lionel Terré). Une longévité qu’il doit à une préparation physique exemplaire, car l’ailier n’est pas du genre à éviter les contacts. « J’ai eu de la chance sur le plan des blessures mais après, j’ai tout fait pour bien me préparer, pour éviter les blessures et bien me protéger des chocs. C’est beaucoup de travail mais aussi un peu de chance, d’éviter les blessures. Je n’ai jamais eu de blessure de longue durée et ça m’a permis d’enchaîner les matchs. »

J’aime ce club, je me sens vraiment bien ici

Formé au BALS (Entente Barbazan-Aureilhan-Laloubère-Séméac), Morgan joue à Tarbes depuis l’âge de 15 ans avec les Cadets et n’a jamais eu l’intention de quitté son club de cœur. « C’est le club qui m’a formé en tant que rugbyman, en tant qu’homme. C’est le club où j’ai signé mon premier contrat pro, c’est là où j’ai ma famille et tous mes amis. J’aime le club, j’aime le stade, j’aime les supporters, j’aime la ville. » Le TPR étant en Pro D2, jouer plus haut c’était le Top 14, mais à l’époque déjà, la mode était aux ailiers fidjiens et tongiens aux gros gabarits. Et partir pour partir, ce n’est pas dans la philosophie du Bigourdan. « Franchement je me voyais mal partir, sauf si j’avais eu une proposition vraiment intéressante pour jouer plus haut, mais pas pour jouer à un niveau équivalent. Il n’y avait aucune raison de partir, je me sens vraiment bien ici. » Durant toutes ces années, il a vu pas mal de copains tenter leurs chances ailleurs. « Au début, c’est vrai qu’à la fin de la saison quand on voit tout le monde vider ses affaires des casiers ça fait un petit pet au moral mais au fur et à mesure des saisons, on essaie de prendre un petit peu de recul. On se dit que c’est la vie… » Au cours de ces dix années de solides amitiés se sont liées même avec les joueurs étranger qui sont passés au club. « Si j’ai envie d’aller passer quelques jours de vacances, en Afrique du Sud, en Nouvelle-Zélande ou en Georgie, j’ai encore de bons contacts. Ce sont de bons souvenirs, on a partagé de bons moments. Il y a toujours eu de bons groupes, il n’y a jamais eu de clan, ni d’animosité entre les joueurs. On a toujours été soudé et ça m’a permis d’avoir des amis un peu partout. J’envoie un ou deux messages et je suis sûr d’être bien accueilli. » Il a gardé de bons contacts en Afrique du Sud avec les frères Loftus, et Rian Smit, en Nouvelle-Zélande avec Chris Siale, Ash Moeke, Richard Hadon et avec bon nombre de georgiens, notamment avec Irakli Mirstkulava.

Je veux remonter avec Tarbes

En 2015-2016, l’année de la relégation administrative, il avait été titularisé à 27 reprises mais il est resté fidèle malgré plusieurs sollicitations. « J’avais eu des contacts avec différents clubs de Pro D2. » A l’époque, il fallait un minimum de joueurs formés au club par feuille de match pour jouer en Poule Elite. Conserver des joueurs issus de la Formation tarbaise était primordial mais c’était un choix du joueur. « Je voulais vraiment rester à Tarbes pour remonter le plus vite possible. » Les joueurs avaient gagné le droit de participer aux demi-finales d’Accession contre Nevers mais la FFR avait interdit au TPR de les jouer pour un déficit de fonds propres. L’année suivante, Tarbes s’est qualifié administrativement, mais a perdu en demi-finale contre Bourg-en-Bresse. « Sportivement, on n’a pas fait le job » reconnaît l’ailier. Malgré la suppression de la Poule Elite et le retour au brassage en Fédérale 1, Morgan est resté à Tarbes, malgré des propositions de reconversion à Bagnères. « J’ai vraiment voulu rester, alors que j’aurais pu partir, pour essayer de remonter avec Tarbes. »

La Nationale ça va taper plus fort, ça va aller plus vite

Le Tarbais a connu la Pro D2, la Poule Elite et la Fédérale 1, durant toutes ses années au club. « Il y avait une belle différence entre la Pro D2 et la Poule Elite, comme il y a une belle différence entre la Fédérale 1, qu’on a connu et la Poule Elite. » La création de la Poule Nationale qui regroupe les 14 meilleurs clubs français va être un nouveau challenge. « Je pense, que cette année, il va falloir élever le niveau d’un ton parce ça va être largement plus dur. On est 14 équipes et ça fait 26 matchs sur la saison. C’est plus que ce qu’on avait l’habitude de jouer. Ce sera certainement des matchs avec un temps de jeu effectif plus élevé, avec des joueurs qui se préparent comme des pros. Forcément, ça va taper plus fort, ça va aller plus vite et il va falloir tenir une cadence élevée sur les 26 matchs qui nous attendent. » Tarbes a passé ces deux dernières années dans des Poules de Fédérale 1, composées en majorité d’adversaires accrocheurs et parfois virulents à domicile qui se transcendaient contre les « grosses équipes ». Avec 7 succès en 9 déplacements les Tarbais avaient fait preuve de caractère et de solidarité la saison dernière. « Vu le nombre de changements par rapport à l’année dernière, je ne sais pas si ça va trop nous servir. L’an dernier, on a perdu contre Albi et Cognac, des équipes qu’on va retrouver cette année. Si on veut les battre, il faudra qu’on élève tous notre niveau de jeu et qu’on se prépare à jouer des matchs difficiles. On est averti, on sait ce qui ne va pas et on sait que ça va être dur. »

Choqué et assommé par l’arrêt du Championnat

Fait unique dans l’Histoire, sauf à l’occasion des deux Guerres Mondiales, jamais le sport n’avait connu, en cours de saison, un arrêt de tous les championnats et de toutes les compétitions. Une décision qui a pris de court tous les joueurs. « Quand on nous a annoncé que la saison était finie, on venait faire la mise en place pour jouer le lendemain contre Oloron. Une heure après, Yannick (Vignette) nous a annoncé que le championnat était terminé. J’ai été choqué, assommé carrément. On est resté à discuter avant de partir. Pendant une heure de temps, au lieu de se changer, on a échangé. C’est vrai qu’on a été pas mal choqué. On se pose des questions par rapport à notre statut de pros. Est-ce-que ça va repartir ou pas ? Est-ce-que le club va pouvoir assumer cette crise ? C’est vrai que ça a été une période de doute mais heureusement ça a pu repartir, comme il faut. On a pu resigner nos contrats et j’espère que le virus ne repartira pas, avec nouveau confinement et l’arrêt ou l’annulation du Championnat. » Arrêtés le 13 mars, les joueurs n’ont retrouvé le terrain que le 3 juillet. Soit plus de trois mois d’arrêt ! Morgan Rubio qui avait à sa disposition une salle de muscu, n’a pas arrêté de s’entretenir physiquement. La reprise officielle le 3 juillet s’est plutôt faite en douceur comme le préconisait le protocole de la FFR. « On a repris tranquillement comme pour une réathlésisation après une longue blessure. Après 3 mois d’arrê,t on ne reprend pas comme ça. Il faut repréparer tous les muscles, les tendons et le corps, aux efforts pour le combat qu’est le rugby. On est monté au fur et à mesure crescendo dans l’intensité. »

Une plus value pour performer dans cette Poule

Depuis dix ans les Groupes ont souvent changé au fils des péripéties du club et Morgan est bien placé pour juger ce nouveau Groupe renouvelé à plus de 50%.  « Franchement, les nouveaux sont bosseurs, ils sont en forme et je pense qu’ils vont vraiment nous apporter une plus value et tirer le Groupe vers le haut, pour performer dans cette Poule. Franchement pour l’instant le Groupe vit très bien. Il est solidaire et motivé pour travailler. » L’an passé, le courant été tout de suite passé entre les nouveaux et les anciens mais il s’était soudé dans la difficulté après deux défaites consécutives à Blagnac et à Lannemezan. Le Groupe avait réagi en s’imposant à Mauléon, Oloron et Pamiers. Cette année encore le Groupe a l’air de très bien vivre. La bonne humeur et les sourires n’empêchent pas les joueurs d’être attentifs et de travailler sérieusement à l’entraînement. « Après, c’est l’intersaison, tout va bien, il fait beau et pour l’instant, on n’a pas eu de blessure. » Les premiers matchs seront importants pour juger de la qualité de ce nouveau Groupe. « Pour l’instant, je suis optimiste. J’ai un bon sentiment. Il faut gagner d’entrée des matchs et après, c’est plus facile pour le Groupe de vivre ensemble. Il y a de la bonne humeur aux entraînements. Quand on enchaîne des victoires, c’est toujours mieux, le Groupe vit bien. » Et quand un Groupe vit bien, en général il se montre solidaire sur un terrain. L’an passé les Tarbais ont terminé deuxième défense des 48 clubs de Fédérale 1. « Ce serait bien qu’on ait encore ça cette année. La défense, c’est 70 % dans la tête, 10 % dans technique de placage et 20 % dans l’organisation défensive collective », confirme Morgan Rubio.

La pression permet aussi de se dépasser

Débuter le championnat par un match à domicile n’est pas pour déplaire à l’ailier, au contraire. « Personnellement je préfère. On est à la maison, on n’aura pas le bus dans les jambes. On n‘aura pas été dormir à l’hôtel la veille. On sera en pleine forme avec un Groupe, j’espère, en pleine possession de ses moyens après les matchs amicaux. » Pour lui la pression de jouer le premier match à domicile ne sera pas particulière. « Qu’on reçoive pour le premier match ou pour le deuxième, pour moi, la pression sera pareille. Les matchs à la maison, il faut les gagner absolument. La pression, c’est normal, c’est pour ça qu’on joue au rugby. La pression permet aussi de se dépasser et d’aller chercher ce petit supplément d’âme pour battre de grosses équipes. » Morgan Rubio connaît la qualité des premiers adversaires qu’il a déjà rencontré. Il a joué contre Massy, Bourgoin et Bourg-en-Bresse en Poule Elite et contre Nice en demi-finale du Du Manoir. Massy et Nice justement, qui viendront à Trélut lors des deux premières journées. « Massy a toujours bien figuré et ils sont montés cette année là. Nice, qu’on a joué il y a deux ans et qui, cette année, s’est vraiment bien équipé avec des recrues de Pro D2 et de Top 14. Forcément, ce sera des matchs difficiles comme tous les matchs qui nous attendent cette saison. On a conscience que tous les week-ends ça va être dur. »

Il n’y aura que des gros matchs

Pour lui, il n’y aura pas de matchs faciles et il faudra respecter des équipes moins cotées comme Aubenas, Chambéry ou Suresnes. « Je me méfie de toutes les équipes. Toutes les équipes se sont bien renforcées avec de bonnes recrues. Aubenas, c’est toujours solide, ça s’accroche toujours. Pour moi, il n’y a pas de petites équipes, il n’y aura que des gros matchs. Il faut tous les préparer comme des matchs difficiles. Il ne faut prendre personne de haut. Il faut se dire que tous les week-ends, on va jouer une grosse équipe. C’est ce qui nous permettra de ne pas nous faire surprendre. » Pour l’instant, les joueurs n’ont aucune pression de résultats, si ce n’est bien évidemment le maintien, car l’équipe est en complète reconstruction. « On n’en a pas encore parlé mais on va certainement l’aborder très vite maintenant qu’on commence à rentrer dans le rugby. Si on joue dans cette Poule, c’est pour jouer des phases finales et essayer de monter en Pro D2. Personnellement, j’ai connu la Pro D2 et je sais que c’est un super Championnat. La retrouver avec Tarbes, c’est un rêve mais il faut rester humble. » Dans les pronostics Tarbes ne fait pas partie des favoris bien au contraire mais Morgan Rubio n’est pas un défaitiste. « On va travailler. Il y a de grosses équipes. Il y a des équipes qui ont un meilleur budget, des meilleurs moyens, peut-être des meilleurs joueurs que nous. On va prendre les matchs les uns après les autres et puis, on verra, au fur et à mesure du Championnat, comment on se situe au niveau du classement et on fera les comptes à la fin de la saison. »

On a appris à mieux se connaître en stage

Le stage a permis de resserrer le Groupe qui a vécu pendant trois jours et deux nuits ensemble. « C’était très bien parce que ça nous a fait changer de cadre de travail. C’était agréable, en plus, on a fait un peu d’activités ludiques et du rafting où on a tous bien rigolé ensemble. C’est bien de se retrouver sur autre chose qu’au stade. On apprend à mieux se connaître en mangeant ensemble, en dormant ensemble. » Les joueurs ont dû changer leurs habitudes en faisant des petits groupes entre anciens et nouveaux. « C’était vraiment super et le fait de partir en stop, c’était marrant. Tout le monde a joué le jeu et s’est accroché. Personne n’a râlé et c’est de bon augure pour la suite. » Le retour par contre s’est fait en bus. Les joueurs et le staff se sont ensuite retrouvés à la Bodéga du Stade où les nouveaux ont reçu leurs baptêmes sous forme de numéros de spectacles à effectuer. Le Groupe a fini la soirée en allant manger ensemble au restaurant.

Propos recueillis par Jean-Jacques Lasserre