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FFR : Un choix politique inflationniste

mercredi 15 avril 2020 par Rédaction

Au lieu de prôner, comme les autres Fédérations sportives, l’arrêt de toutes les compétitions, (sans titre, sans montée ni descente), la FFR a fait le choix politique de geler les descentes mais pas les montées. Ce qui crée une inflation saisonnière de clubs qui va déboucher sur une vingtaine de descentes sportives, ajoutée d’autres financières, la saison prochaine. Sauf à croire à une autre alternative, celle d’une Fédérale 1, à deux vitesses, ce qu’à ce jour, la FFR a formellement démenti, par la voix de Patrick Buisson et Maurice Buzy Pucheu.

Quelles modalités

Pourtant il faudra déterminer rapidement (une fois l’effet électoral passé) les modalités de la saison prochaine, les clubs devront savoir quid en fin de saison 2020/2021 ? Qui se qualifie, pour jouer quoi ? Jean Prat, Du Manoir ? Qui descendra ? Qu’elle format pour la saison 2021/2022 ? Ces réponses ne pourront pas attendre le 03 Octobre, date des élections. Il faudra le déterminer, avant de donner les poules. Car ce sont des éléments qui permettront aux clubs, d’accepter ou pas, la montée ou le maintien. Il en sera de même pour les autres divisions, entre autre, la Fédérale 3 gonflée à 180 clubs.

Des choix arbitraires

 La FFR veut promouvoir, coûte que coûte, l’accession de deux clubs en Pro D2 contre l’avis de la LNR qui a acté une année blanche, sans montée ni descente. La FFR se serait engagée à faire monter les N° 1 et N°2 Nationaux sortis des Poules, Albi et Massy. Un choix complètement arbitraire compte tenu de la disparité des Poules qui lèse Bourg-en-Bresse, qui était dans la Poule la plus difficile avec quatre gros (Narbonne, Aubenas, Nice, Bourgoin) alors que Massy était avec quatre promus… Un choix qui appelle à de nombreux contentieux avec les autres prétendants si la LNR, contre le versement par la FFR de 3,4 ME (représentant le manque à gagner sur les droits télés), acceptait la montée d’Albi et de Massy. Ce qui serait un précédent dangereux et incompréhensible pour les autres clubs concernés. En ces temps difficiles ces 3,4 M€ manqueraient à d’autres affectations rugbystiques plus urgentes que pour un club qui a joué son avenir à la roulette russe. Je monte ou je meurs ! Au lieu d’essayer de se reconstruire sur deux ou trois ans.

Sous la pression des albigeois

Contre toute logique sportive et économique, la FFR cèderait alors à la pression d’Albi qui a annoncé l’arrêt du Professionnalisme et le licenciement de nombreux joueurs et salariés, en cas de non montée. Un choix qui reviendrait à reconnaître qu’Albi a été privé arbitrairement de montée l’an passé au bénéfice de Rouen. C’est aussi oublier qu’Albi était déjà en proie à de grosses difficultés financières et qu’il avait été sauvé à coups de subventions publiques. Ce qui a, en partie, faussé le championnat, ne serait-ce que par rapport à Tarbes qui a fait le choix de reconstruire sur des jeunes avec un effectif limité. Rien ne dit non plus qu’Albi serait qualifié pour la finale, car sa dernière sortie, à Graulhet, avait montré, selon Arnaud Mela, des signes « d’inconstance et de discipline », rédhibitoires en phase finale.

Une hérésie sportive

Presque tout le monde s’accorde, (sauf les Présidents des clubs qui ont accepté la montée ou le maintien), à dire, qu’une Fédérale 1, à 60 clubs, est une véritable hérésie à tous les niveaux. D’abord au niveau sportif puisque déjà, à 48 clubs il y avait de très grandes disparités entre les équipes de haut et de bas de tableau. Alors, puisque le mal est fait et qu’on ne peut pas revenir en arrière, pourquoi ne pas créer des Poules de même niveau, (à base géographiques) plutôt que des Poules purement géographiques qui seraient encore plus disproportionnées à 60 qu’à 48 clubs. Soit deux Poules de douze clubs, composées des six premiers des quatre Poules actuelles (24 clubs) et trois Poules (36 clubs), composées des autres équipes de Fédérale 1 (24 clubs) et des promus (12 clubs). Quitte, pour l’équité sportive, à organiser des Phases Finales entre les cinq premiers des deux premières Poules (10 clubs) et 1es deux premiers des trois autres Poules (6 clubs). Les deux derniers des Poules 1 et 2 seraient relégués géographiquement en Poule 3, 4 ou 5. Pour revenir à 48 clubs, il faudra éliminer 20 clubs pour permettre à 8 clubs de Fédérale 2 de monter. Les six derniers des Poules 3, 4, 5 (7ème, 8ème, 9ème, 10ème, 11ème, 12ème) et les deux plus mauvais 6ème, descendraient. Mais si un tel choix était retenu nous serions de fait, dans une division à deux vitesses ou nécessairement sur une division supplémentaire, qu’à ce jour la FFR réfute.

Une hérésie économique et un danger financier

C’est aussi une hérésie au niveau de l’économie des clubs, surtout en cette période d’incertitude sur la date de levée du confinement des clubs sportifs et de la reprise économique des entreprises, dont dépend la survie des clubs. Déjà de nombreux clubs de Fédérale risquent de connaître des difficultés financières puisque beaucoup d’entreprises partenaires sont incapables d’assurer les engagements pris pour cette saison. Les entreprises et les collectivités, seront-elles en capacité de soutenir les clubs de Fédérale 1, qui évoluent sans aucune lisibilité médiatique au niveau de la télévision et des grands médias. On peut donc s’attendre à voir de nombreux clubs incapables de construire des effectifs compétitifs et d’autres, se mettre en danger en recrutant au dessus de leurs moyens. Ce qui engendrerait, dans le second cas, de nombreuses relégations financières, voire des dépôts de bilan pour les plus imprudents. Un danger qui guette tous les clubs fédéraux qui recrutent déjà pour jouer les premiers rôles ou pour conforter leur montée de Fédérale 2 à Fédérale 1, de Fédérale 3 à Fédérale 2 ou d’Honneur à Fédérale 3. Faire signer des précontrats, (sans aucune lisibilité sportive et économique) est une hérésie et un danger financier pour les clubs mais aussi pour les joueurs, qui risquent de se retrouver sans rien. Car, s’ils peuvent attaquer les clubs, en cas de non embauche, ils ne pourront pas bénéficier du chômage qu’ils auraient eu après la fin de leur CDD au 30 juin dans leurs anciens clubs. A ce jour, personne ne peut dire à quelles dates reprendront les championnats. Septembre, octobre ou janvier…, et s’engager aujourd’hui, pour les clubs ou pour les joueurs, est complètement irresponsable.

Jean-Jacques Lasserre