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Le TPR en stage au 35ème RAP

vendredi 2 février 2018 par Rédaction

Le STADO TPR découvre la cohésion version « artillerie parachutiste » 

Le 35e régiment d’artillerie parachutiste a encadré un stage de cohésion au profit des joueurs, des entraîneurs et des préparateurs sportifs du STADO Tarbes Pyrénées Rugby (club de Fédérale 1 de rugby à 15) les 29 et 30 janvier 2018 au camp militaire de Ger et au quartier Soult.

En 2018, l’objectif annoncé pour les rugbymen tarbais est de rallier la Pro D2 en fin de saison. Sur demande du directeur général, M. Bruno LARROUX, les dirigeants du STADO TPR ont sollicité les savoir-faire des artilleurs paras du 35e RAP, régiment d’élite de l’armée de Terre et de la 11e Brigade parachutiste, dans le but de développer la cohésion et la communication au sein du groupe de rugbymen.

 A cet effet, le bureau des sports du régiment a mis au point un programme de 36 heures au cours duquel les joueurs et leur encadrement se sont mesurés au parcours d’audace (composé en partie d’obstacles en hauteur), au parcours d’obstacles en groupe, à la course d’orientation, ou encore au parcours nautique, en passant par la marche topographique de nuit. 

 A travers cet échange « armée-nation », l’équipe du STADO-TPR a pu toucher du doigt une partie de la formation d’aguerrissement des soldats du « 35 » qui leur permet de maintenir les exigences physiques opérationnelles qui leurs sont demandées en vue de leur déploiement dans quelques semaines en opérations, mais aussi de tirer des leçons de la cohésion version « artillerie parachutiste » qui se sublime dans l’adversité.

 Programme du stage

 Lundi 29 janvier 2018

 08h00 : Accueil du colonel de Crevoisier, au 35e RAP au quartier « Soult », 65014 TARBES.

08h30 : Présentation du stage, passage en treillis.

09h15 : Déplacement vers le camp militaire « Dartencet », de Ger.

09h30 : Course d’orientation.

12h00 : Repas en ration de combat.

13h30 : Piste d’audace (appréhension du vide) et parcours groupe (obstacles infranchissables seul).

16h30 : Brancardage.

19h00 : Repas en ration de combat.

20h00 : Présentation de la mission de nuit.

20h30 : Marche topographique en « ambiance tactique ».

23h00 : Installation en trou de combat et observation avec compte rendu d’activité.

 Mardi 30 janvier 2018

 00h30 : Retour vers le quartier Soult en autonomie (carte/boussole).

05h00 : Arrivée au régiment puis « repos ».

06h30 : Réveil puis déplacement vers la piscine Paul Boyrie

06h45 : Parcours nautique.

08h00 : Petit-déjeuner au régiment, allocution du colonel de Crevoisier.

09h00 : Fin du stage.

Un stage instructif et positif

Un stage instructif et positif pour le staff qui a participé activement comme les joueurs au titre de la solidarité de groupe. Un stage où, à part les ’’ampoules’’ et de la ’’bobologie’’, il n’y a pas de blessures à déplorer. Seul le moral a souffert : « Marcher vingt-cinq bornes, c’est compliqué et c’est dur. Quand il fait froid, c’est compliqué. Quand on ne mange pas beaucoup, c’est compliqué. Sortir de sa zone de confort, c’est compliqué pour tout le monde et là, ça l’a été beaucoup pour certains et beaucoup moins pour d’autres », estime Nicolas Escouteloup. Tout le monde, sans exception, a été soumis au même régime, quel que soit son poids, sa taille ou son âge. Certains ont même mis de côté des séquelles du match contre Limoges pour participer à cette aventure commune, preuve de l’état d’esprit du groupe qui a joué le jeu. Pour autant, il y a eu des moments difficiles dus à la fatigue, aux conditions et au manque de sommeil. « Tout le monde en a eu marre de marcher, tout le monde a eu froid, mais certains supportent ça et d’autres un peu moins, mais tout le monde a souffert », avoue Nicolas Escouteloup . Certains ont terminé complètement épuisés mais ils ont tenu à aller jusqu’au bout d’eux-même, soutenus par leur groupe. Les joueurs et le staff, divisés en trois groupes commandés par Mickaël Lacroix, David Bonnecarrère et Maxime Bats, sont restés 20 h sur le terrain à passer des épreuves et à marcher, avec pour terminer un retour de nuit et à pied du camp de Ger à la caserne du 35ème RAP. A peine une à deux heures de sommeil dans le gymnase de la caserne pour poursuivre par des épreuves à la piscine. Pas des épreuves de natation mais encore des épreuves avec des obstacles à franchir sur et sous l’eau et un parcours en apnée.

Plus difficile mentalement que physiquement

Le staff a tenu à effectuer toutes les épreuves pour montrer sa solidarité avec les joueurs. « Je ne vois pas comment le staff pouvait imposer ce genre de choses sans y participer, » commente l’entraîneur des avants qui était le seul a avoir fait ses 21 mois de service militaire (avec un mois de rab) dans la Marine. « Franchement, ce n’était pas très difficile physiquement, ce n’était que difficile mentalement. A partir du moment où il fallait juste s’accrocher mentalement, ça me semblait inconcevable de ne pas y participer. Parce qu’on est les premiers impliqués avec le groupe et qu’on est les premiers à leur dire qu’il faut se dépasser. » Un stage où l’accent était surtout mis sur la solidarité pour réussir à passer des obstacles qu’on ne pouvait pas franchir seul. Tout le contraire de Koh Lanta où le vainqueur est celui qui a éliminé ses adversaires par la ruse ou la force. Un stage qui a servi de révélateur à certains et où les caractères se sont confirmés dans des conditions rendues difficiles par la fatigue, le manque de sommeil et la faim. La Faim, car même si les rations militaires se sont bien améliorées depuis les boîtes de corned-beef appelées ’’singe.’’ Aujourd’hui ce sont des plats mitonnés par des grands chefs avec au menu du chili con carné, une salade de pâtes au saumon, du gâteau au riz et des barres vitaminées... C’est vrai que pour des rugbymen de plus de 120 kilos, les boites de rations qui font environ, 20 par 10 cm sont un peu petites pour contenir à la fois les aliments et le réchaud ! « C’était bon et de qualité » reconnaît Nicolas Escouteloup, qui a connu les rations de ’’singe’’. Mais si les obstacles ne révélaient aucunes difficultés physiques particulières pour les athlètes que sont les rugbymen, c’est plutôt du côté du moral que les choses ont été dures. D’abord pour les hyper connectés, qui ont dû laisser leur portables à la caserne et qui se sont retrouvés perdus sans cette prolongation sur le monde. Les accrocs d’infos, de jeu, de musique, se sont retrouvés en manque, comme ceux qui n’ont pas pu parler à leurs familles ou à leurs copains pendant 24 h. De tous les exercices, le plus dur fût la marche de nuit, avec des gros et lourds sacs à dos d’une quarantaine de kilos. En tout une vingtaine d’heures à crapahuter en pleine nature de jour et de nuit. Là, le moral a flanché parfois, car toutes les morphologies rugbystiques ne sont pas faites pour marcher de longues heures. Mais à part deux ou trois cas médicaux, arrêtés par le staff, pour ne pas en danger l’intégrité physique des joueurs, tout le monde a été au bout de lui-même. Et ce grâce à la solidarité mise en exergue dans l’armée où on ne laisse personne en chemin. Les joueurs se sont soutenus moralement tout au long des épreuves et les plus forts se sont relayés pour porter le sac de ceux qui étaient en souffrance physique.

Un groupe solidaire dans la souffrance

Un stage prévu avant le match contre Limoges et qui a été mis en place dès que la date du match reporté contre Chambéry a été connue. Compte tenu des intempéries qui frappent la France, la FFR a préféré repousser la date au mois de mars pour le week-end Pascal. Ce genre de stage, dit de cohésion, se fait en général en début de saison pour que le nouveau groupe apprenne à se connaître. Après les défaites contre Romans et surtout contre Strasbourg, ce stage devait permettre au groupe de se ressouder. Mais ce stage ne peut être qu’un plus car les joueurs se sont révélés à eux-mêmes par leurs comportements dans la difficulté. Un comportement proche de celui démontré sur le terrain lors des matchs précédents avant leurs propres remises en questions après la défaite contre Strasbourg. « Ce stage a révélé des comportements extrêmement positifs pour le groupe » se réjouit Nicolas Escouteloup. Ce stage a mis en exergue et a confirmé le tempérament des leaders mais a aussi révélé quelques faiblesses mentales dans les moments les plus durs. « On n’a pas eu vraiment de surprises parce qu’on a trouvé les gens aux endroits où on les attendait. Par contre, on a vu que dans la difficulté, certains étaient leaders et extrêmement positifs pour le groupe et que d’autres lâchaient un petit peu mentalement. » La fin du stage, avec de nouvelles épreuves difficiles en piscine, après 4h30 de marche et moins de 2h00 de sommeil en 24h, étaient là pour voir jusqu’au allait la résistance du groupe. « Il faudra forcément tirer des enseignements de tout ça » analysait Nicolas Escouteloup « mais passer 24h ensemble, dans des situations difficiles, sans portable, ça change les rapports. On échange, on discute, c’était intéressant. » Le savoir-faire des militaires pour tirer le meilleur d’individus épuisés et démoralisés, a aussi beaucoup appris à l’encadrement et aux joueurs. « Leur truc, c’est de faire comprendre qu’on ne laisse jamais quelqu’un sur le bord de la route. Donc, le plus faible, on l’aide. » Des exemples à reproduire au rugby dans les moments difficiles. « Sur certains matchs, force est de constater qu’on a laissé tomber certains qui étaient en difficultés. Et ça, il me semble que ça a fait écho dans le groupe. » Ce qui a impressionné Nicolas Escouteloup, c’est l’encadrement des militaires pendant le stage, avec médecin et service de communication. « Ce sont de vrais pros, ça se sent, tout était bien organisé. »

Du côté joueur : « C’était globalement positif »

Jean-Baptiste Claverie rend lui aussi hommage aux militaires. « On a été agréablement surpris parce qu’on est tombé sur des instructeurs qui n’ont pas perdu de vue qu’on n’était pas des militaires et qu’on n’était pas là pour le devenir. Ils nous ont fait faire des activités pour renforcer la cohésion et le groupe et globalement, ça c’est très bien passé, même si la marche de nuit était un peu longue sur la fin. Mais globalement c’était positif comme expérience. » Des exercices de cohésion basé sur une course d’orientation, sur un parcours d’obstacles à franchir individuellement ou en s’aidant les une les autres. « L’esprit, c’était que toute la journée, on se soutiennent les uns les autres, tout le temps. Parfois, les militaires nous reprenaient en nous demandant si notre attitude était cohérente avec ce qu’on venait chercher. Mais le plus souvent on le faisait naturellement, comme on peut le faire sur un terrain même si on ne l’a pas fait suffisamment sur certains matchs. » Même si ce n’était pas un vrai stage militaire mais plutôt un stage de cohésion de groupe adapté à des sportifs, les joueurs ont été confrontés à des efforts physiques répétés. « C’était quand même difficile physiquement, parce qu’on a fait une trentaine de kilomètres dans la journée. Ce sont des efforts très longs qui ne correspondent pas à ce qu’on a l’habitude de faire. C’était dur physiquement, même pour nous qui sommes des sportifs, mais aussi moralement parce que tu en as marre de marcher sans arrêt. Mais c’était bien dans l’ensemble. » Côté nourriture Jean-Baptiste a plutôt apprécié le côté frugal. « C’était des rations militaires avec 24h d’apports caloriques et moi, personnellement, je n’ai pas eu faim. La bouffe était très bien. C’est comme le restaurant, je n’y mangerai pas tous les jours, mais c’était plus que correct. » Un stage qui malgré le froid, les ampoules aux pieds, restera dans le rayon des bons souvenirs. « C’était une manière de passer de bons moments ensemble pendant une longue journée, » reconnaît l’ouvreur.

Jean-Jacques Lasserre