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Retour sur Tarbes-Nice

mardi 19 octobre 2021 par Rédaction

Des Niçois hors catégorie

Les Niçois malgré leur gros budget de 5 ME, sont venus en bus et ont passé une nuit d’hôtel à Vic-en-Bigorre et ils ont été enchantés de la qualité de l’établissement. Des Niçois, qui en plus de leur effectif pléthorique, viennent de recruter un quatrième demi-de-mêlée expérimenté Stellio Bessaguet. L’ancien Toulousain, licencié à Nevers, était revenu dans la Nièvre après un prêt l’an dernier à Narbonne où il avait disputé quinze matchs dont sept comme titulaire. Nice, avec Ormaechea, Champin et Verdu (blessé), s’est renforcé à ce poste avec l’arrivée de Bessaguet, qui n’est ni prêté, ni joker médical. C’est dire toute la puissance de feu de cette équipe niçoise hors catégorie, dont pratiquement tous les postes sont quadruplés ! C’est important, car l’infirmerie niçoise est remplie avec le seconde ligne Mondoulet et le demi-de-mêlée Verdu, qui n’ont pas disputé une seule rencontre. Les deux talonneurs Haupt et Alkhazasvhili, les piliers Johnston et Neparidze, le troisième ligne Freytes, l’arrière Le Gal, le centre Torf, étaient blessés et le seconde ligne Astier suspendu. Malgré tout le staff peut se permettre de laisser à la maison des titulaires potentiels comme Zambelli, Lavernhe, Defives, Champin, Gougeon, Fourcade…

David Bolgasvhili : C’est notre meilleure prestation


Des Niçois qui étaient venus chercher à Tarbes la victoire qu’ils recherchaient à l’extérieur pour se rattraper, comptablement, d’un début de saison en demi-teinte. Mais au-delà du succès, David Bolgashvili savourait la prestation d’ensemble de son équipe. « Je suis très satisfait parce que, même si on avait gagné contre deux grosses équipes, Albi et Bourgoin, on n’avait jamais réussi à jouer deux mi-temps à fond, depuis le début de la saison. Là, on a eu la maîtrise du jeu de la première à la dernière minute, que ce soit physiquement, mentalement, tactiquement et stratégiquement. C’est très important pour nous d’avoir joué les deux mi-temps à plein et c’est très important pour la suite. » Déjà, le technicien se projetait sur le prochain match. « On reçoit Dijon, c’est une grosse équipe qui joue bien et il va falloir qu’on puisse jouer également pendant 80 minutes en mettant cette pression là. » L’ancien troisième ligne espère que ses joueurs reproduiront leur prestation tarbaise. « Défensivement, on était en place et offensivement, quand on mettait nos séquences, c’était pénalité pour nous. Ils n’arrivaient pas à arrêter nos attaques sans faute. » Une prestation relevée par la qualité de l’opposition. « C’est important, car en face, c’était Tarbes quand même. On a vu, depuis le début du championnat, que Tarbes est une équipe qui est en place et qui est très solide. Je pense qu’on a fait notre meilleur match. C’est notre meilleure prestation depuis le début de la saison. On a déjà fait de bonnes mi-temps mais c’est le premier match où on fait deux bonnes mi-temps de suite. » Malgré tout, David Bolgasvhili veut garder la tête froide. « Il ne faut pas s’enflammer, cette année tout le monde est « gros », quand on voit les résultats. Je n’ai pas vu un match facile. Tout le monde est costaud. »

Jéronimo Negrotto : On a fait le match qu’il fallait pour gagner

Longtemps après la fin du match, l’ancien pilier tarbais, accoudé à la main courante, discute avec l’ex-troisième ligne tarbais Nicolas Garrault venu en famille et son coéquipier le seconde ligne Thibaud Rey, tous anciens montois. « C’est notre première victoire à l’extérieur » souligne l’Argentin avec un grand sourire. « On s’était fixé l’objectif en début de semaine. On sentait qu’on était prêt maintenant. On était passé à côté à Angoulême et à Blagnac et on ne voulait pas passer à côté une nouvelle fois. On a été très sérieux et on a fait le match qu’il fallait pour gagner. » Jéronimo Negretto n’oublie pas de rendre hommage à son ancienne équipe. « C’est une équipe qui joue bien, qui est forte sur les fondamentaux. Ils ont des joueurs puissants devant et derrière, ils ont des joueurs qui savent jouer au ballon. Ils ont proposé beaucoup de jeu à la main et c’était intéressant. » L’Argentin reconnaît que le match a basculé sur l’essai refusé à Tarbes en fin de première mi-temps. « En défense, on était bien. On défend à cinq mètres de notre ligne et ils ne marquent pas. On prend de la confiance. Dans la tête, on commence à se sentir fort mentalement. Après, on arrive à marquer. Le rugby, c’est un sport de combat où le mental rentre beaucoup en compte. A Tarbes, on a franchi un cap. »

Des Tarbais dépités

Côté tarbais, outre la déception de la défaite, se mêlait un sentiment d’injustice et d’impuissance. Car au-delà d’avoir perdu à Trélut, si tôt dans la saison, les Tarbais n’ont pas toujours compris l’arbitrage de M. Alejo. De plus, les attaques tarbaises se sont heurtées à une véritable muraille, d’où le sentiment d’impuissance. D’autant que, quand ils arrivaient à ouvrir une brèche, ils terminaient mal l’action ou l’arbitre les sanctionnait. Les Tarbais pouvaient aussi s’en prendre à eux-mêmes de leur manque d’efficacité dans leurs moments forts.

Fabien Fortassin : Inefficacité dans les zones de marque

Pas de colère, ni d’amertume, chez l’entraîneur tarbais mais une sorte de fatalisme face à des choses qu’on ne peut pas maîtriser. « Il faut savoir l’admettre quand on tombe devant plus fort que soi. Tout le monde avait un peu un sentiment d’impuissance à la fin du match. On avait l’impression qu’on aurait pu jouer très longtemps sans réussir. Il y a des trucs qu’on aurait pu mieux faire mais on ne peut pas reprocher l’investissement et l’engagement. » Dans un match serré, fermé et tendu, l’équipe qui marque la première est favorisée. Les Tarbais ont tiré les premiers mais à blanc, selon l’arbitre. Après la supériorité numérique a permis aux Niçois de faire le break. « On est tombé sur une belle équipe de Nice qui a eu un scénario de match favorable, qui les fait mener. En ayant pris le score, ils se sont appuyés sur une défense très organisée et on a tapé sur un mur. Je regrette un peu, s’il y a des regrets à avoir, notre manque d’efficacité. Comme ça, à chaud, j’ai l’impression, en nombres d’occasions, qu’on en a autant qu’eux. Par contre, ils ont fait carton plein, ils sont très efficaces, ce qu’il nous a manqué. » Les Tarbais se sont montrés plus dangereux mais sans pouvoir conclure ou être récompensés d’une pénalité facile. « En première mi-temps, on a deux occasions, dont une sur la ligne où on se fait pénaliser. On manque un peu de patience et on rate une belle occasion. On a deux occasions, plus lointaines, où on fait des mauvais choix de jeu, sur des lancements. C’était, je crois, des situations favorables où on se trompe, dont une hyper favorable où William fait la passe à personne. On a vraiment manqué d’efficacité. En seconde mi-temps, on a trois pénaltouches qui ne donnent rien. Plus une pénalité à cinq mètres où, on se fait arracher le ballon sous les poteaux. C’est là, que j’ai des regrets, dans cette inefficacité dans les zones de marque. »

On n’a jamais fait autant de lancements de jeu

Face à un gros pack niçois la conquête tarbaise a été plutôt bonne, confirmant les sorties précédentes.  « Après la conquête a été très satisfaisante », se réjouit l’entraîneur des trois-quarts. « On a eu tous nos ballons. On n’a jamais fait autant de lancements de jeu. On a fait des séquences longues où on a enchaîné des temps de jeu. » Un manque d’efficacité qui n’a pas permis au TPR de prendre le score et de voir venir. « J’aurais juste aimé voir le match, si c’est nous qui avions marqué les premiers et qu’on était passé à 13-6. C’est cette première mi-temps qui me laisse des regrets. Je me demande ce qui se serait passé si nous avions viré en tête à la mi-temps. » L’ex-ouvreur estime que ses joueurs ne pouvaient pas faire grand-chose d’autre face au mur niçois. « J’ai regardé, le 9 était toujours en couverture. On a tout tenté. On a tenté un petit par-dessus et l’ailier l’a récupéré. Il faut savoir admettre qu’ils étaient hyper bien en place et qu’on était un peu sans solution. Le 9 était toujours en place en couverture. On a tout essayé, sauf peut-être des chandelles. Mais quand on est mené, on n’a pas trop envie, non plus, de rendre le ballon à l’adversaire. » Trop loin au score, sans pénalité facile à se mettre sous la dent, les Tarbais étaient condamnés à jouer. Et lorsque les pénalités sont arrivées, c’était trop tard pour les tenter, car Tarbes était dans l’obligation de marquer un essai pour décrocher a minima le bonus. Les Niçois ne se sont pas trompés en tentant la pénalité du 6-19 pour décrocher une équipe tarbaise qu’ils craignaient. « A 6-13 et à 6-16, on n’a pas eu de pénalité qu’on aurait pu tenter. » Les Tarbais, qui ont poussé jusqu’au bout sans être récompensés, ont payé leur manque de réalisme. « On a manqué l’occasion de marquer sur pénaltouche. On a trois ballons portés qui ne donnent rien. En première mi-temps, comme en seconde mi-temps, on a trop péché dans les zones de marque », regrettait le technicien tarbais.

Loan Réal : On a un sentiment d’impuissance


Le troisième ligne, une fois de plus, a été au four et au moulin et a tenté de casser à plusieurs reprises la ligne adverse. Son franchissement, en début de rencontre, aurait mérité un meilleur sort mais l’action n’a pas pu rebondir. « On est très déçu et on a un sentiment d’impuissance. On avait l’impression qu’on aurait pu jouer dix fois et que dix fois, on aurait perdu. Ils ont été plus forts que nous et il n’y avait pas grand-chose à faire. On n’a pas réussi à scorer en zone de marque et eux, chaque fois qu’ils sont venus, ils ont marqué. En plus, l’arbitrage était sévère contre nous et on n’a pas compris toutes les décisions ».

Thomas Lhusero : On aurait dû partir avec un défensif


Thomas Lhusero n’était pas le buteur de service qui reste toujours Mathieu Berbizier. Mais comme les trois pénalités à tenter étaient à cinquante mètres, c’est le demi-de-mêlée, désigné « buteur longue distance » qui s’y est collé. Et ce avec un certain succès, avec deux réussites, pour un échec juste sous la barre. Le demi-de-mêlée éprouve des regrets. « On aurait dû partir avec un défensif. Ça aurait été bien, si on avait mis un essai. Ils n’étaient pas vraiment supérieurs mais ils étaient bien en place, et nous, on n’a pas gagné nos collisions. Quand on ne gagne pas les collisions c’est compliqué. Ils sont vraiment costauds et ils étaient très bien en place en défense. C’est l’équipe la plus costaud qu’on a rencontré. C’est plus solide que Massy mais moins joueur. Après, ils ont fait un match à l’extérieur. Ils n’ont fait que des chandelles et ils n’ont pas trop produit, sauf un peu à la fin, quand Jones est rentré. »

Felipe Manu : On n’est pas au niveau où on devrait être


Le troisième ligne était vraiment déçu. « C’est la première fois que je sors d’un match vraiment énervé. Il y a des choses qu’on doit mieux faire sur le terrain. On méritait de marquer des points et on n’y est pas arrivé. Je crois qu’on peut être une des meilleures équipes du championnat et on ne l’a pas montré. » D’habitude très volubile Felipe Manu, parle très lentement réfléchissant, au poids de ses mots, entre chaque phrase. « On a essayé de faire le taf mais on n’a pas réussi. Il y a des choses qu’on doit mieux faire. On peut faire mieux mais on ne le fait pas. Vu le potentiel que je vois dans cette équipe, ce résultat me fait mal. On pouvait gagner ce match facilement. Ça me fait mal, car je connais le potentiel qu’on a. Je sais qu’on pouvait faire mieux. » Le Néo-Zélandais est à la fois un gagneur et un perfectionniste qui ne cherche pas d’excuse extérieure, comme l’arbitrage. « Il faut faire avec, on ne peut rien faire contre. Maintenant, il faut lever les têtes et bosser un peu plus, pour que tout le monde se responsabilise et fasse ce qu’il faut. Je suis toujours positif mais là, ça me fait mal de ne pas être au niveau où on devrait être. C’est à chacun de nous, de se remettre en question. »

On manque d’exigence

Le troisième ligne, exemplaire au niveau du combat et de l’engagement, regrette les occasions perdues et le manque d’efficacité près des lignes. « L’engagement est là mais on manque d’exigence. On doit marquer et on ne marque pas. On est capable de faire les plus belles choses sur le terrain mais là, même si c’était difficile contre une grosse équipe, on n’a pas su répondre. D’habitude, même quand c’était difficile, on rendait une copie propre. On n’a pas été à notre niveau. On n’a pas su mettre en place notre jeu. Le jour, où on arrivera à mettre notre jeu en place, quel que soit l’adversaire et l’adversité, on sera intouchable. » Felipe Manu est un exemple à montrer dans toutes les écoles de rugby. Il est exemplaire sur un terrain et à 36 ans, il en remontre à beaucoup. En dehors du terrain, c’est un leader de vie, toujours le sourire aux lèvres et le rire facile. D’habitude, la musique est à fond dans son placard mais là, c’est le silence total. Manu, l’air grave passe le balai et remplit la poubelle des bouts de sparadraps, des gobelets ou des cannettes vides qui traînent. Une scène surréaliste pour un joueur respecté sur tous les terrains depuis plus de quatorze ans et qui a l’humilité de laisser les vestiaires propres. Un exemple à suivre, là aussi, pour tous ses coéquipiers.

Propos recueillis par Jean-Jacques Lasserre