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TPR-Narbonne : L’analyse du match de Fabien Fortassin

mercredi 13 janvier 2021 par Rédaction

On ne peut pas maîtriser l’arbitrage. Il faut maîtriser ce qu’on peut maîtriser

Au lendemain et après le visionnage du match, l’entraîneur tarbais relativise l’arbitrage dénoncé à chaud par l’ensemble de ses joueurs. Le message qu’il fait passer est qu’avant de s’en prendre à l’arbitre, il faut d’abord s’en prendre à soi-même. « Il y a une chose, dans le rugby, qu’on ne peut pas maîtriser, c’est l’arbitrage. Ça on le sait. Après, dans notre jeu, il y a des choses qu’on peut maîtriser et quand on ne le maîtrise pas et qu’on s’énerve, on remet toujours la faute sur les autres. Il faut maîtriser ce qu’on peut maîtriser. Un arbitre, on ne le maîtrisera jamais. Il fait ce qu’il veut. A nous, de faire en sorte de ne pas se laisser prendre. Il faut arrêter de tout mettre sur l’arbitrage. Ce n’est pas l’arbitre qui fait que le jeu au pied n’est pas bon. »

Le match n’est vraiment pas volé

Pour Fabien Fortassin la victoire narbonnaise est logique, au vu de la prestation des deux équipes. « Les Narbonnais ont mis plus d’intensité et forcément, l’arbitre se range, toujours un peu plus, du côté de l’équipe qui domine. Ça, c’est systématique et comme les Narbonnais, ont tout fait un peu mieux que nous, ils ont été récompensés. En revoyant le match, il n’est vraiment pas volé. »

Des tarbais vaillants mais brouillons

 Si les joueurs ont été irréprochables dans l’engagement, ils ont surtout manqué de maîtrise et de lucidité. « Dans l’investissement, on n’a rien à reprocher à nos joueurs, ils se sont envoyés et ils ont donné tout ce qu’ils pouvaient donner. Mais on est brouillon, on est trop approximatif. On est jeune, on manque d’expérience et on a souffert un peu de la comparaison avec les Narbonnais, qui ont vraiment maîtrisé le jeu. Ils ont été plus sereins. Ils ont fait des trucs propres, ils ont tout fait mieux que nous. Dans tous les compartiments, ils ont été un peu mieux que nous. » Les conditions climatiques n’ont pas non plus aidé les Tarbais. « Autant par beau jour, on peut, peut-être, renverser la tendance, en mettant un peu de folie dans le jeu, avec des éclairs. Là, dans ces conditions, ce n’était pas possible. Il fallait maîtriser les choses, être très serein dans ce que l’on faisait et on ne l’a jamais été. »

On a répondu présent mais les Narbonnais ont été plus efficaces que nous

En dehors de ce manque d’expérience, l’ancien ouvreur est plutôt satisfait du comportement de ses joueurs malgré la défaite. « On n’a pas failli comme contre Cognac parce qu’on n’avait pas été bon dans l’engagement, parce qu’on n’avait pas été bon dans le combat. Là-dessus, on a répondu présent, ils n’ont rien lâché. La différence s’est faite dans la maîtrise des temps forts et des temps faibles et dans les gestes techniques où on a été en difficulté. Avec des passes approximatives, un jeu au pied approximatif, certainement dus aux conditions, mais les Narbonnais ont été beaucoup plus efficaces que nous. Ils ont été beaucoup plus en maîtrise et nous, tout ce qu’on a pu faire, c’était à l’arrache, aux forceps dans la précipitation, sous pression. On ne se crée aucune occasion d’essai. Je pense qu’on aurait pu jouer pendant longtemps, on n’aurait pas marqué d’essais. Le salut, on le sentait, passait par un peu de « grinta », pour récupérer des pénalités sur un contest et ça a failli basculer sur la pénalité, qui n’est pas facile, de Thomas Lhusero. On aurait été devant à 9-8 et tout pouvait changer. Ça se joue à pas grand-chose, mais ça bascule du côté de l’équipe qui a provoqué, qui a mieux géré, qui a mieux maîtrisé et qui mérite sa victoire. »

On était obligé de repartir sur du jeu lent

Les Tarbais malgré leur engagement n’ont jamais réussi à mettre leur jeu en place, à jouer dans l’avancée et à mettre de la vitesse, au contraire des Narbonnais. « Ils ont pu structurer des mauls, c’était bien en place. Nous, quand on a eu nos ballons, de suite on passait par le sol. On était obligé de repartir sur du jeu lent. On n’a jamais été dans la situation de mettre de la vitesse ou de l’avancée. Ça nous est arrivé une ou deux fois de breaker avec Berbizier, qui passe au ras du ruck. C’est la seule fois où on a été dans le dynamisme et dans l’avancée. » Avec l’engagement, le jeu au sol est un autre motif de satisfaction. « Dans les rucks, on n’était pas trop mal. On a réussi à avoir des ballons plus ou moins propres. »

Des Narbonnais roublards

Sans remettre en cause l’arbitrage, Fabien Fortassin reconnaît que les Narbonnais ont su s’affranchir des règles du jeu sans se faire prendre. « Ils ont été roublards, ils ont été un peu vicieux, ils tombaient un peu chez nous. Avec de l’expérience, ils ont été efficace là-dessus. Sur tous les jeux au pied, ils coupaient les courses, ils venaient faire des écrans. Mais tout ça intelligemment. Là-dessus, on sentait qu’il y avait plus de maîtrise, plus d’expérience de leur côté. Ils ont été plus efficaces. Tous ces petits détails, peut être qu’avec du beau temps, peut-être, que ça ne ressort pas. Mais là, sur des matchs où ça se joue à très peu, tout ça fait que nous, on joue sous pression et qu’eux sont un peu plus dans un fauteuil. »

Le remplacement de Berbizier était un choix tactique

La sortie de Berbizier est un choix tactique compte tenu des conditions climatiques pour essayer de surprendre des Narbonnais, sûrs de leur force, qui étaient bien en place défensivement. « C’est un choix un peu tactique. Dans le jeu, la force de Mathieu Berbizier, c’est d’animer, de mettre du rythme et du mouvement et avec ces conditions, ce n’était pas possible. A ce moment là, si on devait gagner le match, je savais que c’était par un coup à l’arrache, par une pénalité, sur un jeu au pied, par un mec qui va contrer un ballon, comme eux ils ont pu faire. Ça ne pouvait passer que par là. Et à mon avis, Thomas Lhusero à l’ouverture et Thomas Millet à la mêlée, sont des joueurs qui amènent cette « grinta ». Ce sont des garçons qui s’accrochent à tout, qui sont des opportunistes, qui veulent aller gratter des ballons partout. Il me semblait qu’on ne pouvait s’en sortir tactiquement que comme ça. Que par du jeu à l’arrache et Mathieu Berbizier ne rentre pas du tout dans ce profil. »

Un coup de poker qui a failli marcher

Ce coup de poker a remis les Tarbais dans l’avancée sans qu’ils en soient complètement récompensé, hormis sur une pénalité manquée de peu des 48 mètres en biais (65ème). « Mon idée au départ, c’était de faire sortir Romain Dumestre pour mettre Mathieu à l’arrière et garder le buteur. Mais en même temps, Romain a fait un très bon match et Mathieu avait un peu moins de lucidité. C’était pour amener cette « grinta » avec une charnière un peu plus dans le combat, dans ce jeu moins structuré où là, Mathieu Berbizier est efficace. J’avais prévu de sortir Romain Dumestre pour faire passer Mathieu à l’arrière mais juste après ça, il loupe une pénaltouche. Puis Romain fait un bon match, il ne méritait pas de sortir et je faisais confiance à Lulu (Lhusero) en tant que buteur. D’ailleurs sa pénalité rase le poteau. » Ce changement tactique a mis un peu plus les Narbonnais sous pression comme l’espérait l’ancien ouvreur. « Ça a failli payer parce que Lulu, du fond du terrain, a remonté le ballon par de bonnes chandelles, il mettait la pression. On était dans ce que je recherchais, un jeu à l’arrache, où on allait combattre, où on allait, à un moment donné, récupérer une pénalité. Ça a failli marcher, ça a failli… A cinq minutes de la fin, on est à 6-8 et on est en situation de gagner le match. »

Ce n’est pas l’arbitre qui fait basculer le match

Pour le technicien tarbais, toutes les pénalités sifflées contre Tarbes y étaient, à l’exception d’une faute au sol. « La seule que je trouve sévère, c’est celle sur le grattage de Davit Gigauri qui aurait dû être récompensé à mon avis. Après, il a très peu arbitré la ligne de hors-jeu de part et d’autre. » En fin de rencontre, le huis clos a été favorable aux Narbonnais qui ont subi la pression sans craquer. « L’arbitre peut toujours siffler, mais quand on revoit le match, ce n’est pas lui qui le fait basculer. Après bien sûr, avec le public qui hurle à 6-8, il peut, peut-être sous la pression, siffler une pénalité à 35 mètres face aux poteaux à la fin, sur notre dernière action. Mais on ne lui a pas donné l’occasion de la siffler. Il n’y a pas eu la grosse faute qui a fait que. »

A nous, de nous en servir pour l’avenir

« A 6-8 les Narbonnais sont vraiment inquiets. A l’arrache, on est capable de faire basculer le match. Mais dans les petits détails, on a été moins précis. On a été moins précis sur le jeu pied, moins précis sur la qualité des passes, moins précis dans les mauls. On a tout fait un peu moins bien qu’eux. » Il est difficile d’affirmer, qu’il y avait un hors-jeu manifeste sur le contre qui emmène le second essai narbonnais, qui prive Tarbes, à défaut d’une possible victoire, d’un bonus défensif amplement mérité. Au lieu d’incriminer l’arbitrage, Fabien Fortassin veut que ses joueurs prennent conscience de leurs erreurs, notamment sur le contre assassin. « On doit prendre le recul nécessaire pour jouer au pied. A nous, de nous en servir pour l’avenir. »

Propos recueillis par Jean-Jacques Lasserre