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Fédérale 1 Huitième retour Tarbes-Nantes

mardi 14 mai 2019 par Rédaction

Plus grosse défaite de la saison pour Nantes !

Avant la rencontre, les supporters tarbais étaient plutôt pessimistes avec une équipe qui souffle le chaud et le froid. Si tout le monde espérait que Tarbes l’emporte, personne n’aurait osé pronostiquer une victoire avec plus de 40 points et 5 essais à la clé. La première défaite de cette ampleur pour le Stade Nantais qui a perdu à Rouen 18-14, à Cognac 22-17 et qui a subi sa plus lourde à Dax 33-13. Pourtant les Tarbais ont fait le show et se sont brillamment qualifiés pour les quarts de finale contre Nice (25 ou 26 mai) avec match Retour à Trélut (1 ou 2 juin), en raison d’un meilleur classement national. Toutefois c’est regrettable, pour un Département et une Ville, dits rugbystiques, d’attirer à peine plus de supporters qu’une ville comme Nantes située dans un bastion du football. Les joueurs et le spectacle proposé auraient mérité mieux, car tous ceux qui étaient à Trélut se sont régalés. Mickaël Lacroix, le capitaine tarbais s’est déclaré très déçu de cette faible assistance pour un match éliminatoire et il espère que les supporters répondront présents en quart contre Nice.

Les réactions d’après-match

Côté Tarbais

Champagne et promesses

Champagne à tous les étages à Tarbes, d’abord sur le terrain avec cinq essais et de superbes enchaînements, mais aussi dans les vestiaires avec celui offert par le Président Terré. Un Président qui, après avoir félicité et remercié ses joueurs, a tenu à leur faire passer un message pour mettre fin aux inquiétudes et aux spéculations. « J’entends plein de choses mais depuis le début, je suis très clair : Je n’irai pas chercher des mecs, à l’extérieur, que j’ai déjà dedans. Il n’y a que la performance qui compte. Continuez à jouer comme ça et vous serez très, très, heureux ici. C’est très clair pour tout le monde, ça me ferait plaisir de garder tout le monde. Ne vous posez pas de question, soyez bon sur le terrain et il n’y aura pas de souci sur le reste. Merci pour tout et continuez comme ça. »

 

Lionel Terré : Je suis soulagé et ambitieux pour l’avenir

Le Président est encore ému par la prestation de ses joueurs après un match Aller plutôt décevant sur la forme. « Oui, ce n’était pas évident face à une belle équipe de Nantes qui nous avait causé des difficultés chez elle. Mais ce Groupe a de la ressource, dans l’adversité, il arrive à retourner une situation. C’était un match abouti du début à la fin. Je suis soulagé et ambitieux pour l’avenir. » Lionel Terré, un brin poète, formule sa pensée. « Le printemps ne dure jamais très longtemps et il faut en profiter au maximum. »

 

Alexis Armary : On a joué comme si c’était tout ou rien

La sono marche plein pot dans les vestiaires. Les joueurs sont heureux et savourent le champagne. Le troisième ligne, comme tous ses coéquipiers, ne pensaient pas un pareil dénouement. « On ne s’attendait pas à un tel score du moins. On s’était préparé pour tout jouer. Il n’y avait que 8 points et ça faisait longtemps qu’on n’avait pas gagné de plus de 8 points. On s’est dit : Il va falloir tout jouer parce que c’est maintenant ou jamais. Il faisait beau, on a envoyé du jeu et c’était sympa. On est très content. Il y a beaucoup d’écart au score et ça fait plaisir pour la suite. » Une équipe nantaise prise à la gorge d’entrée et qui n’a jamais su se dépêtrer de l’énorme pression et de l’intensité Tarbaise. « Ils s’attendaient peut-être à un match plus facile. On a mis beaucoup d’agressivité et pendant 80 minutes, on a joué comme si c’était tout ou rien. »

 

Maxime Escur : On s’est facilité le match

A son habitude le gaucher tarbais dégage de la quiétude et de la sérénité. D’autant que par rapport au match Aller, le pack tarbais et notamment en mêlées fermées, s’est montré souverain. « A l’Aller, on ne les connaissait pas et le premier match, c’est toujours un test. On ne les connaissait pas et ils ne nous connaissaient pas. C’est toujours un peu compliqué, car c’est toujours différent en mêlée. Là, on a bossé comme il fallait et je crois qu’on a pris le dessus. » Sauf sur une mêlée, en fin de première mi-temps, qui a été pénalisée alors qu’un pilier nantais venait de prendre un carton. Subtilité de l’arbitrage qui n’avait pas hésité quelques minutes avant à accorder un essai de pénalité à Tarbes sur une mêlée à cinq mètres. En bon diplomate, Maxime Escur préfère parler de la prestation d’ensemble face à une équipe décidée à ne rien lâcher. « Ils ont envoyé du jeu, ils partaient avec 8 points d’avance et on savait que ça allait être compliqué pour nous, avec les premières chaleurs. C’est vrai que ça a vraiment joué et à la mi-temps, on est pas mal devant. Eux, ils n’ont plus rien à perdre et ils n’ont qu’un but, c’est jouer. » Mais contrairement aux autres rencontres où les Tarbais se relâchent, là ils ont maintenu la pression pour tuer le match. « Nous, c’était pareil, on voulait jouer pour se mettre à l’abri et ça a beaucoup joué des deux côtés. » Le pilier reconnait que les Tarbais, contrairement au match Aller, ont mis tous les ingrédients nécessaires. « Ce n’était pas plus facile qu’à Nantes, mais surtout, on s’est facilité le match. On a mis beaucoup d’implication, tout le monde a été sérieux. »

 

Thomas Lhusero : On va continuer à monter en cadence jusqu’au 23 juin

A Nantes, le jeune demi-de-mêlée avait connu une entrée délicate avec quelques erreurs qui auraient pu peser sur le score. Là, il a tenu le poste avec une belle assurance pendant toute la seconde mi-temps après la blessure à la clavicule de Loustaunau. « Presque parfait, non, on fait toujours des erreurs », avoue modestement Thomas Lhusero qui rend hommage à ses co-équipiers. « L’équipe m’a bien aidée, toujours du soutien. C’est certainement le match le plus abouti qu’on fait depuis le début de l’année et ça arrive en 1/8 de finale. » Du coup, il voit l’équipe aller jusqu’au bout : « On va continuer à monter en cadence jusqu’au 23 juin. » Positionné à l’ouverture avec les Espoirs, le jeune demi-de-mêlée devenu le N°2 à ce poste avec la blessure de Ramon, a eu un peu de mal à retrouver ses marques. « Les repères, on les prend quand on joue et plus j’ai de temps de jeu, plus de repères je prends. » Des repères plus faciles à retrouver aussi derrière un pack qui avance sans relâche. « Derrière une bonne conquête, c’est plus facile » reconnait Thomas Lhusero qui souligne aussi l’importance de la confiance : « William (Pees) prend lui aussi de plus en plus d’assurance à l’ouverture. Alex (Loustaunau) et William s’entendent de mieux en mieux et moi aussi avec William. »

 

Mathieu Berbizier : On a réussi quasiment le match parfait

Le jeune arrière est l’homme du match avec la moitié des points de son équipe (quatre transformations, trois pénalités et un essai), sans compter une passe décisive sur l’essai de Dumestre et un essai refusé. « J’aplatis mais je pense que je suis en touche », reconnait Mathieu Berbizier qui a réussi sept tirs, dont une transformation du bord de touche, pour un seul échec des 22 m en biais. Une réussite qui a conforté Tarbes et a fait douter une équipe nantaise réduite à la portion congrue avec une seule pénalité et un seul essai. « On a bien travaillé toute la semaine. On a réussi quasiment le match parfait et on se qualifie. » Pas du tout évident face à une équipe qui avait beaucoup d’atouts dans ses manches et qui avait la capacité de contrarier une équipe tarbaise moyenne. « On ne savait pas ce que ça pouvait donner sur un fait de jeu, car Nantes, c’est une bonne équipe. Forcément, on n’était pas sûr à 100% de se qualifier et on a fait une mini Liverpool (rires) et je suis content. »

 

Jean-Charles Laran : On a enfin concrétisé nos temps forts

Un peu inquiet avant la rencontre, l’entraîneur des trois-quarts savoure doublement la prestation tarbaise. « C’est certainement le match le plus abouti qu’on ait pu faire depuis un bon petit moment. J’espère que ça fera comprendre aux joueurs de quoi, ils sont capables. On a enfin concrétisé nos temps forts. Ce qu’on n’arrivait pas à faire jusqu’à présent. On les a mis constamment sous pression comme on voulait le faire contre une équipe qui joue beaucoup. Ça nous a souri de belle manière et je pense que Nantes n’a pas du prendre 40 points depuis longtemps. C’est quand même très, très, positif pour la suite même si l’ombre au tableau, c’est le carton rouge de James (Percival) qui va nous plomber, parce qu’on n’est pas riche en seconde ligne. » Autre point noir, la blessure de Loustaunau (Acromio) qui propulse le demi-de-mêlée N°3 en N°1. Mais la prestation du jeune 9 a été plutôt rassurante. « Thomas (Lhusero) a fait une très bonne rentrée », juge son entraîneur. La pression tarbaise a été déterminante pour étouffer les initiatives des Nantais. « Ils ont gardé leur philosophie de jeu mais, par rapport au match Aller, ils se sont faits contrer. C’est vrai qu’ils sont dangereux chaque fois qu’ils ouvrent. On voit que c’est une équipe qui met de la vitesse. Ils ont réussi à être dangereux par moments, mais trop peu parce qu’on les a mis sous l’éteignoir pendant 80 minutes. »

On avait travaillé pour éviter de se faire transpercer

 Ce qui n’est pas le fruit du hasard mais le travail de toute une semaine. De loin, au près, dans les intervalles, au ras des rucks, de la mêlée, des touches, sur les renvois, les pénalités ou les coup-francs, joués vite, jamais Nantes n’a pu trouver une faille, contrairement au match Aller. « On avait travaillé pour éviter de se faire transpercer. » Mais pour la première fois de la saison Tarbes a joué un match plein, sans aucune baisse de régime. « Surtout, on a réussi à tenir un rythme pendant 80 minute alors que d’habitude, après vingt minute, on commençait à avoir des gros temps faibles. » Les Tarbais ont aussi commencé la seconde mi-temps comme ils avaient terminé la première, alors qu’ils avaient du mal jusqu’à présent au retour des vestiaires. « On avait aussi des débuts de seconde mi-temps où c’était très, très, aléatoire, et là, on a remis la main sur le ballon assez vite. Ce qui a fait la différence, c’est notre régularité pendant 80 minutes. » 

 

Yannick Vignette : Les déséquilibres créés devant ont été bonifiés derrière

Le Manager tarbais a particulièrement apprécié l’investissement des joueurs, sur l’ensemble de la rencontre. « C’est le match le plus constant qu’on ait fait. Ce n’est pas forcément notre meilleur match mais on a eu de très bonnes initiatives et c’est notre match le plus constant. On a été vraiment bien pendant 70 minutes, on n’a rien lâché et on a vraiment été performant. Ça fait vraiment plaisir, parce que tout le monde s’est investi. Le Groupe a été extra et tout le monde est à féliciter, parce que tout le monde s’est investi à 100% pour passer ce tour. Et ça, je trouve que c’est le plus important. Parce que l’état d’esprit était très bon et ça, j’aime. Le club a besoin de ça et je veux cultiver cet état d’esprit. » Au-delà de l’engagement et de la solidarité, le jeu et la conduite du jeu, ont été pratiquement parfaits. « Il y a eu une conduite parfaite de la charnière, notamment de William Pees, qui a été impeccable. L’apport d’Antoine Frisch, au milieu du terrain, a apporté beaucoup de fluidité. Ce n’est pas innocent, par rapport au volume de jeu qu’on a pu mettre. »

C’est le jeu qu’on veut mettre en place

L’ex demi-de-mêlée, considéré à tort comme un tenant d’un jeu d’avant restreint, a vu ses préceptes de jeu complet mis en place sur un match couperet. « C’est intéressant parce que du coup, on a vraiment joué en équipe. On n’a pas eu peur d’amener le ballon jusqu’aux ailiers, on n’a pas eu peur de déplacer le jeu et c’est plaisant. C’est le jeu qu’on veut mettre en place, avec du volume. La conquête s’est récompensée de façon directe mais aussi de façon indirecte. Les déséquilibres créés devant ont été bonifiés derrière. Et ça, ça me fait terriblement plaisir. » Malheureusement, ce match parfait est entaché par la blessure de Loustaunau, le deuxième carton de Vial et le carton rouge de Percival. La blessure de Loustaunau tombe au plus mauvais moment, compte tenu de l’absence de Ramon, et de l’influence retrouvée du basco-béarnais. « Alexandre était en train de revenir à son niveau et ça met un coup d’arrêt. Je retrouvais le joueur que je connaissais, plein d’entrain, plein d’envie, plein de dynamisme. Cette blessure arrive au plus mauvais moment, en pleine phases finales. »

Des cartons évitables et sévères

Si Yannick Vignette parle de 70 minutes parfaites, c’est en référence aux dix dernières minutes où les Tarbais sont tombés dans les provocations des Nantais. L’échauffourée, après l’agression de Tsukhaishvili, ne s’imposait pas même si, compte tenu de l’adrénaline et de la solidarité affichée, elle peut se comprendre. Mais là, l’arbitre central et l’arbitre de touche, avait vu le mauvais geste du seconde ligne et prendre à partie le Georgien ne pouvait que dégénérer. Un carton rouge parfaitement évitable même si l’Anglais, visage tuméfié et traces d’étranglement au cou, jurait de son innocence. « C’est le premier rouge de ma carrière ! » Le carton de Vial relève de la plus complète incompréhension. Alors que la mêlée nantaise a tout le temps été en souffrance, avec un carton jaune à Plantier et un essai de pénalité, M. Janicot a choisi de sortir Vial et Kruger en même temps… Comme Vial avait écopé, au match Aller, d’un carton jaune pour une faute au sol, il sera suspendu tout comme Percival, pour brutalité, si la vidéo ne prouve pas son innocence.

 

David Bonnecarrère : Un match à garder dans les têtes

De retour au couloir, le troisième ligne s’est signalé par son sens du jeu et des échappées qui ont mis l’équipe dans l’avancée. « Notre meilleur match ? Je ne sais pas mais c’est un de nos matchs les plus accomplis de la saison. On a bien fait les choses de la première à la dernière minute. » Un match qui doit devenir un match référence pour le Groupe. « C’est un match à garder dans les têtes. Il faut travailler là-dessus pour encore progresser. Même si on a fait un bon match, il reste encore des choses à travailler pour aller à Nice. » 

 

William Pees : L’équipe a été très à l’écoute

L’ouvreur tarbais avale un mélange de riz et de pois chiches pour conjurer un début de fringale, dû à la chaleur et à son engagement. Pour son septième match à l’ouverture, l’ancien arrière a réalisé sa meilleure prestation à un poste qui commence à lui aller comme un gant. « On s’est préparé toute la semaine. Même si tout n’a pas été parfait, on a mis de très bonnes intentions. L’équipe a été très à l’écoute. » William Pees, comme libéré de s’être engagé deux saisons de plus, a franchi une nouvelle dimension dans l’implication. Pas celle sur le terrain où il est irréprochable au niveau de l’engagement, mais dans la conduite du jeu et surtout dans le leadership. On l’a beaucoup entendu, replacer, encourager, donner des consignes sur le terrain. « C’est la première fois que je prenais un peu le contrôle du truc et le relais de Micka (Lacroix), qui est le capitaine. Micka à la tête aux fourneaux et il y avait besoin d’un œil extérieur pour lui enlever un peu de pression sur le jeu. Je l’ai fait et je suis content que ça ait marché, les mecs s’y sont filés. On a fait beaucoup plus d’efforts que d’habitude, dans le replacement notamment. Ce qui nous a permis d’envoyer plus de jeu que d’habitude. On se consommait beaucoup trop dans les rucks et du coup, il n’y avait plus personne pour jouer derrière. Tout le monde a été à l’écoute de ce qui avait été demandé à l’entraînement et j’en suis très satisfait. »

C’est la première fois qu’on prend autant de plaisir sur un terrain

Pour autant l’ouvreur reconnait. « Il y a eu quelques petites erreurs. Ça a été dur de sortir du camp en deuxième mi-temps, parce qu’il y avait beaucoup de vent. » Il signale même une boulette qui s’est terminé par un essai. « J’ai envoyé un parpaing mais Berbize s’en est bien sorti (rires…). Des passes à rebonds, ce sont les plus dures pour la défense et du coup, ça a pris la défense à revers et Berbize a marqué. Il y a eu un peu de chance mais on les a dominé, on a fait de beaux mouvements. On ne leur a laissé aucune chance d’espérer. On a été dur en défense, agressif en attaque et on a vraiment pris beaucoup de plaisir. C’est la première fois, de l’année qu’on prend autant de plaisir sur un terrain. Tout le monde l’a ressenti. » Un déclic s’est peut-être produit. « Chacun a pris conscience des responsabilités qu’il devait avoir. Moi, notamment. J’étais un peu neutre. Je faisais ce que j’avais à faire. Je m’y filais en défense mais dans l’organisation, je n’étais pas plus présent que ça, alors que c’est mon rôle. James (Percival) m’a beaucoup parlé cette semaine et il m’a dit comment il fallait contrôler un match. J’ai essayé de le faire et je ne l’ai pas fait trop mal, même si j’ai fait quelques erreurs en seconde mi-temps, sous le coup de la fatigue. Car j’y ai laissé beaucoup de jus. » Lhusero, coincé à la mêlée par la sortie de Loustaunau et Frisch sorti par précaution, il n’y avait aucune solution de remplacement pour lui permettre de souffler.

Antoine Frisch : Tout le monde a donné le meilleur de soi

Pour sa première titularisation depuis sa blessure, le centre a inscrit un essai qui a permis de faire basculer le match sur un ballon arraché sur une relance nantaise. « Ils décident de jouer dans leur camp et j’arrive à arracher le ballon au dix et après, je n’ai plus que vingt mètres à courir. » Mais au-delà de cette action qui lance Tarbes sur de bons rails, l’ex-Parisien s’est régalé. « Franchement, on a pris vraiment du plaisir. On s’était dit, avant le match, qu’il ne faudrait avoir aucun regret. On a fait une bonne entame parce qu’on savait que c’était très important, parce qu’on était à moins huit et on a réussi à scorer assez vite. » Le trois-quarts tient à rendre hommage à son pack. «  Nos avants ont fait un très gros en conquête, en touche, en mêlée et ça nous a rassuré. On a mis un gros niveau d’intensité dans tout ce qu’on faisait et du coup, tout le monde a donné vraiment le meilleur de soi. Ce qui fait, que tout est plus facile. Je suis hyper content, que sur un match à enjeu comme ça, on réponde présent. Parce qu’au final, il n’y a que ça qui compte. » Les Tarbais se sont rachetés de belle manière de leur sortie nantaise un brin ratée. « Au match Aller, on avait vraiment eu du mal mais on s’était compliqué le match un peu tout seul. Là, on a appris de nos erreurs de la semaine dernière. On savait que ça allait être très dur et qu’il fallait absolument bien commencer le match pour refaire notre retard. » Mais déjà, la tête est au tour suivant. « On va jouer contre Nice dans deux semaines et on va essayer de bien récupérer cette semaine pour repartir de plus belle. » 

Mickaël Lacroix : On s’est respecté nous-mêmes et on s’est fait plaisir

A son habitude, le Capitaine, qui échange beaucoup avec ses coéquipiers dans le vestiaire, est un des derniers à sortir de la douche. Mais cette fois, la satisfaction est presque totale. « Je suis content de la copie rendue. » La meilleure de la saison dans un match couperet qui a libéré l’équipe au lieu de la paralyser. « En fait, on n’avait strictement rien à perdre. On avait bien analysé ce qu’il fallait faire. On a respecté le plan de jeu mais surtout, on s’est respecté nous-mêmes. » Le capitaine confie : « Le seul mot que j’ai eu avant le match, c’était : Il faut se respecter nous-mêmes. J’ai juste dit ça. C’est ce qu’on a fait et on s’est fait plaisir… »

 

Du coup Tarbes s’est offert un tour supplémentaire et peut-être plus si affinités. « L’aventure continue pour deux matchs encore. Je suis surtout satisfait parce qu’on a le match Retour à domicile. Ça fait un match de plus pour le club et c’est très important. » Le plaisir pris sur le terrain a donné l’envie de prolonger un peu plus ces instants d’osmose et de communion. « On avait l’objectif d’aller jusqu’en quart et maintenant que l’objectif est atteint, ce sera à nous de voir si on veut continuer à se supporter un mois de plus (rires…) » Mais il faut aussi que le public soit de la fête pour que le plaisir soit parfait. « Je suis déçu d’une seule chose, c’est que le public a répondu très peu présent et j’espère que pour les quarts de finales, il y aura un tout autre engouement. » Même le carton rouge de Percival n’a pas réussi à ternir l’atmosphère. « Coup dur oui, mais il va falloir faire avec. Personne n’est irremplaçable, peu importe qui c’est, que ce soit James ou que ce soit moi ou un autre, on va travailler et faire avec qui il y a. En phase finale, peu importe qui est sur le terrain, c’est l’état d’esprit qui prime et le collectif surtout. » On sent que le seconde ligne gersois ne refuserait pas un titre. « Je n’ai jamais rien gagné, donc Inch’Allah. »

 

Du côté nantais

Emmanuel Patte : C’est l’équipe qui a eu le plus envie qui a gagné

Alors que ses joueurs sont partis manger et boire à la Bodéga, le Manager est resté sur le terrain annexe près du bus, qui se tient prêt à partir avec les soutes déjà rempli des sacs des joueurs. Même si la déception est lourde, Emmanuel Patte fait bonne figure. « On a fait vingt bonnes minutes en défense, puis après, on surjoue un petit peu et on prend deux essais, dont le deuxième est un peu casquette. » L’entraîneur essaye de dédramatiser l’ampleur du score. « On voit que c’est la fin de la saison. On voit qu’on est sur les jantes physiquement. On n’a pas répondu présent et c’est l’équipe qui avait le plus d’envie qui a gagné. Il n’y a pas de regrets à avoir. » Au-delà de l’envie et de la pression tarbaise Emmanuel Patte relève « Il y a de ça mais on a joué à l’envers de temps en temps et il faut accepter la défaite. Il faut accepter de perdre contre meilleur que soit, c’est important. » Mais le Manager veut rebondir et se projeter sur l’avenir. « Il faut faire le bilan de la saison. C’était un peu compliqué parce qu’on a connu beaucoup de blessés. On a joué avec deux deuxième ligne, dont un à moitié blessé. On n’avait pas de remplaçant en deuxième ligne et on a joué avec un troisième ligne. C’était très compliqué. On a bien fini chez nous et c’est bien le principal. Maintenant, on va pouvoir récupérer physiquement, parce que là, on est vraiment dans le dur parce qu’on n’a pas pu faire tourner. »

 

Sylvain Bouillon : On n’a pas respecté ce qu’on devait faire

L’ouvreur, en lumière au match Aller, n’a eu que des miettes pour s’exprimer avec seulement une pénalité à tenter réussie et une transformation en bord de touche manquée de peu. « C’était très dur parce qu’on avait bien rivalisé à l’Aller on avait vraiment pour objectif, clairement, de venir gagner. L’objectif, ce n’était pas de défendre nos 8 points mais de gagner ici. On a fait beaucoup trop d’erreurs, pris trop de pénalités, perdu trop de ballons. On n’a pas respecté ce qu’on devait faire et du coup, c’est un score très lourd pour nous. Un score qui n’est pas non plus illogique au vu de la rencontre, parce qu’on est passé complètement à côté. C’est dommage que ça soit dans les phases finales. » Sylvain Bouillon reconnait cependant qu’ils ont été surpris par la détermination des Tarbais. « C’est sûr que sur ce match, les Tarbais avaient beaucoup plus envie que nous. C’est dommage parce qu’on a un super Groupe et qu’on est passé complètement à côté. Même si Tarbes est une grosse équipe, au vu du match Aller, je pense qu’ils ne sont pas dix fois meilleurs que nous. On devait rivaliser mieux. J’espère qu’ils feront de belles phases finales et nous, on va partir en vacances, puis on va se reconcentrer et bien travailler pour que ça aille mieux l’année prochaine. »

 

Germain Burgaud : On y croyait mais ils font un gros match

Le troisième ligne, héros du match Aller, (avec un essai qui permettait à Nantes de croire en sa qualification), est tombé des nues comme l’ensemble des Nantais. « On y croyait mais ils font un gros match et nous, on est mal en conquête. On n’a pas nos ballons et quand on en a, on surjoue un peu et on se fait contrer. Ils ont été meilleurs que nous mais c’est surtout en contre qu’ils ont marqué des points. On a pris beaucoup d’essais en contre. Les Tarbais ont été meilleurs sur les fondamentaux mais ils ne nous ont pas surpris. Ils ont fait la même chose qu’à Nantes mais ils l’ont mieux fait. On a eu encore moins de ballons qu’à Nantes, sachant que l’on n’en avait pas eu beaucoup déjà... »

Pour nous, c’était une longue saison avec divers problèmes. C’est long et après, on le ressent dans la tête. On n’a pas été assez fort, mentalement, pour relever la tête quand il le fallait. A aucun moment, on n’a été capable de remonter. Il faut apprendre de ça pour mieux repartir l’an prochain.

Jean-Jacques Lasserre