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Réflexions après Lannemezan-Tarbes

mardi 13 novembre 2018 par Rédaction

Aucune excuse

Lannemezan, soyons clair, a amplement mérité sa victoire, car les Tarbais, en seconde période, ont été dominés comme jamais cette saison. Pas question de parler de l’arbitrage, (hors-jeu pas toujours sifflés, introductions directement en seconde ligne du côté de Lannemezan...), même si l’essai de Vunisa aurait pu être accordé et que celui de Demaï-Hamecher, aurait dû être refusé pour un gros en-avant dans sa construction. Mais cette fois, les Tarbais n’ont aucune excuse. Après une première mi-temps plutôt bien réussie, une des meilleures à l’extérieur, les Tarbais se sont complètement délités en seconde période. Incompréhensible, car le public qui les avait sifflés en début de rencontre, s’était plus ou moins résigné devant la supériorité manifeste, en touche, en mêlée, et dans le jeu. Les Lannemezanais, sous pression, n’avaient que leur courage pour s’accrocher au score 3-6 à la fin du temps règlementaire. L’essai encaissé au cours des arrêts de jeu 40+2 (3-13) n’a pas entamé le moral des joueurs du Plateau qui ont aussitôt réduit l’écart sur un hors-jeu grossier après le renvoi 6-13. Cet essai a peut-être fait croire aux Tarbais qu’ils allaient s’imposer facilement, alors que le faible écart au score a conforté les Lannemezannais, qui y ont trouvé les ressources d’y croire.

Dominés psychologiquement

Car le plan de jeu se déroulait comme prévu par leurs entraîneurs, avec une mêlée relevée d’entrée pour marquer psychologiquement les Tarbais et un score serré à la pause. On peut se demander aussi, si l’altercation musclée (dans le couloir des vestiaires avant le match), provoquée par l’entraîneur des avants du CAL n’a pas déstabilisé l’entraîneur du TPR. Les arbitres ont dû s’interposer physiquement pour éviter que les deux hommes en viennent aux mains et les menacer d’un carton rouge pour ramener le calme. Duny, victime de vertiges à l’échauffement, a été malgré tout aligné, avant d’être sorti puis remis en fin de match. Ce qui peut expliquer les faiblesses de la mêlée, qui en plus avait perdu sur blessure sa poutre Percival et son meilleur joueur Armary, pousseur émérite lui aussi. Alors que Lannemezan faisait entrer Herbin, son double mètre, et sa seconde poutre Dasque. Un coaching certainement gagnant, d’autant que Haurie est resté sur le banc.

La victoire des valeurs

La victoire de Lannemezan s’inscrit dans les gènes et les valeurs du rugby, celle de l’engagement, de l’envie et de la solidarité. A ces valeurs s’ajoutent, le supplément d’âme que les Lannemezanais savent aller chercher dans un derby, comme le prouvent les victoires contre Tarbes et Bagnères, bâties sur l’adrénaline. Contre Albi et Lavaur, le CAL ne s’est pas transcendé comme il a pu le faire ce dimanche alors qu’il aurait pu être marqué, physiquement et moralement, à la mi-temps. Au contraire les Lannemezanais ont pris le dessus psychologiquement au retour des vestiaires. La pression s’est inversée, les Tarbais, sur le reculoir, ont commis des fautes aussitôt sanctionnées par la botte de Dasque. Des Tarbais, revenus des vestiaires peut-être un peu trop confiants et pas assez concentrés, qui ont multiplié des erreurs qui ont remis Lannemezan en confiance et dans le match. Pourtant le CAL, comme le prouvent ses résultats et sa dernière place, n’a pas toujours été exemplaire et n’a pas toujours mis les ’’ingrédients’’ nécessaires, face à des équipes de son niveau. Ces ’’ingrédients’’ qu’ils ont su mettre, dos au mur et le couteau sous la gorge, contre Tarbes, l’ennemi public n°1. Dans ces cas là, ni le statut, ni le cv des joueurs, ni le budget, ne comptent. Les Tarbais qui ont fait chuter Lyon, Agen et La Rochelle, en route pour le Top 14, le savent mieux que quiconque. Comparer des joueurs amateurs pluriactifs et des joueurs sous contrat à temps plein, ne sert à rien dans ce contexte particulier où l’un joue sa vie. Sauf peut-être, que l’environnement professionnel, pour les joueurs pluriactifs, est plus propice à les mettre sous pression que ceux qui vivent en vase clos et passent leur temps en salle de musculation. D’ailleurs Camy, le plus combatif des Tarbais, n’est pas un accro de muscu et partage son temps avec des études.

Retrouver des valeurs

Mais où les Tarbais sont inexcusables, c’est leur manque flagrant d’engagement et de concentration, hormis contre Albi, depuis le début de la saison. S’ils jouaient à 90 % de leurs potentiels, contre des équipes qui jouent à 110 ou 120%, ils l’auraient emporté à Saint-Jean-de-Luz, à Valence d’Agen et à Lannemezan, même en tenant compte du contexte. Pourtant, le groupe semble bien vivre. Un groupe sain, mais qui ne sait pas se faire violence dans des matchs a priori faciles. Pourtant, Lacroix, porte en lui les valeurs auscitaines d’abnégation, de solidarité et d’engagement. Pourtant Camy, Armary, Barthélémy, Bréthous et Frisch, sont des joueurs de tempérament qui détestent perdre. Certes l’effectif est limité quantitativement, notamment en seconde ligne et en pilier droit et n’a aucun poste triplé. Mais cet effectif, composé de joueurs de qualité, n’a rien à envier au quinze de départ des autres équipes, hormis peut-être Albi. Même si la différence se fait surtout sur le quantitatif par rapport aux Albigeois.

 

Jean-Jacques Lasserre