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Le sport se porte mal

mercredi 26 septembre 2018 par Rédaction

« Le sport se porte mal et cela va continuer si l’on continue à réduire les budgets », ce sont les premiers mots de Francis Touya, adjoint au maire en charge des sports à la ville de Tarbes lors de la conférence de presse organisée par les élus et les représentants du monde sportif qui a eu lieu ce mardi matin.

« Nous élus, Michel Forget, Anne Candebat, vice-présidents de l’OMS, André Boyrie, vice-président du comité départemental de basket et Michel Piquer, président d’honneur du Tarbes-Pyrénées- Athlétisme et juge arbitre auprès de la FFA, faisons part de nos inquiétudes devant le désengagement de l’Etat dans le financement du sport, devant la dégradation des aides et du soutien apporté au mouvement sportif.

Aujourd’hui on parle du désengagement de l’Etat, mais ce n’est pas tout !

Au niveau du budget de l’Etat du ministère des Sports :

-en 2017 : 521 millions d’euros

-en 2018 : 481 millions d’euros soit – 7%.

-en 2019 : 450 millions d’euros dont CNDS : 133 millions d’euros, soit – 6,2%.

Dans ce budget, il y a le CNDS (centre national du développement des paris sportifs de la Française des jeux), le prélèvement de la Française des jeux de 1,73% :

-la somme allouée en 2017 : 260 millions d’euros. En 2018 : 133 millions d’euros, (divisé en deux).

Il y a lieu d’avoir des inquiétudes sur le devenir du CNDS, l’Etat envisage de céder ses parts (la Française des jeux) au privé. Demain le privé acceptera t-il un prélèvement ? Cela serait étonnant !

-La taxe Buffet mise en place par Madame Buffet, ancienne ministre des sports, un prélèvement de 5% sur la commercialisation des droits d’exploitation audiovisuels des compétitions sportives. Cette année, l’Etat par un hold-up inqualifiable fait les poches du sport français pour en prélever 50% en 2018 soit 25 millions. Sur ce qu’a rapporté cette taxe, l’Etat en détourne la moitié.

-Les cadres techniques : 1600 postes seront supprimés, ce sont des professeurs de sport mis à disposition des fédérations, des personnes qualifiées et payées par le ministère, ce sont des entraineurs nationaux etc.… ils contribuent à l’organisation des compétitions, des stages d’entrainements et de formations, ce sont des fonctionnaires, on ne pourra pas les révoquer seulement les transférer sur d’autres missions. Aberrations ! Pour ces cadres , notre nouvelle ministre propose comme solution de demander aux fédérations qui pour la plupart n’en ont pas les moyens et aux collectivités locales de prendre le relais en s’attachant les services des entraineurs et CTS. Solution vite trouvée !

-Les emplois AIDÉS : des personnes embauchées par les associations, ces emplois sont aidés par l’Etat de manière dégressive. Aujourd’hui l’Etat dit ces emplois on ne les aide plus. En 2015, il y en avait 400 000 on va être à 133 000 en 2019. Les emplois AIDÉS font la richesse des associations, qu’elles soient sportives ou autres en contribuant au développement tant sur le plan sportif qu’administratif de l’association. Ce sont des personnes compétentes et tous les bénévoles n’ont pas les compétences pour les remplacer.

Le budget va diminuer de 6,2% en 2019, première alerte en vue des prochains JO, peut-être pas ! Dans ce budget en diminution, on va augmenter celui dédié aux sportifs de haut niveau au détriment du sport pour tous, un gros souci ! On s’occupe du haut niveau sans préparer l’avenir ! »

Les communes sont les premiers financeurs du sport en France avec plus de 12 milliards d’euros investis annuellement. Les régions et départements investissent 1,3 milliards d’euros. 78% des équipements sportifs appartiennent aux communes et qui dit équipement dit coûts de fonctionnement. Les collectivités n’ont plus les moyens d’augmenter les budgets alloués aux associations et aux investissements. Elles sont même obligées de les réduire dans une conjoncture de plus en plus difficile.

L’adjoint aux sports tarbais a remercié le maire pour sa compréhension du sport dans la société comme facteur de santé et de bien être, comme facteur de lien social et de développement de la citoyenneté.

Il se réjouit du budget alloué aux associations sportives de Tarbes qui a doublé depuis 2001 ; de même au niveau des installations sportives créées ou rénovées. Mais il est évident que la ville de Tarbes ne pourra pas continuer ainsi dans ce contexte difficile actuel.

« Oui nous sommes dans un contexte difficile, alors comme tout le mouvement sportif le suggère déplafonnons et augmentons les prélèvements du CNDS et de la taxe Buffet.

C’est difficile de voir que le budget du ministère des Sports n’arrive même pas à égaler celui du PSG ! », souligne Francis Touya.

Et de conclure : « En espérant avec l’ensemble du mouvement sportif que le gouvernement trouvera des solutions pour que le sport ne continue pas à devenir le parent pauvre des futurs budgets proposés dans le cadre des projets de loi des finances. »

Nicole Lafourcade