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TGB : Retour sur Nice

lundi 5 mars 2018 par Rédaction

Un goût amer d’inachevé

Certes le TGB s’est largement imposé 71-52 mais cette victoire laisse un goût amer d’inachevé dans son contenu. A 28-15, au bout du premier quart-temps, on attendait un match abouti de bout en bout, avec à la clé une victoire à plus de 90 points. Avec trois points en cinq minutes à l’entame du deuxième quart-temps 31-15, les Tarbaises ont gâché une belle occasion d’offrir un match plein à leur public. Une inconstance qu’elles pourraient payer cher, dans des matchs plus relevés, à commencer contre Villeneuve d’Ascq, ce dimanche au Quai de l’Adour. Etre au haut niveau, c’est rester concentré de la première à la dernière seconde. C’est la force des grandes équipes de jouer de bout en bout à haute intensité, quel que soit l’adversaire, grand ou petit. C’est respecter son adversaire jusqu’au bout en lui passant un maximum de points. C’est ce que prônait Vadim Kapranov, à la grande époque où Bourges écrasait tous ses adversaires. Se relâcher, perdre sa concentration contre une petite équipe, c’est prendre le risque que ça se reproduise contre une grosse équipe. Et c’est bien là, le défaut d’une équipe tarbaise qui se met au niveau de ses adversaires et qui est tombé par moment au niveau des Niçoises.

Des Tarbaises inconstantes et pénalisées

Toutes les Tarbaises sont concernées, à l’exception d’Angie Bjorklund 4/5 et 4/4 à 3 points. Aby Gaye, malgré ses 19 points, a manqué neuf tirs, dont une demi-douzaine de faciles. Et ce, face à une équipe privée de ses deux meilleures intérieures ! Idem pour Christelle Diallo, 11 points mais quatre tirs faciles ratés. Konteh, 8 points mais 2/8 en 31 minutes, est la preuve flagrante de cette déconcentration alors qu’elle était à 2/3 lors des cinq premières minutes. Arbitrage défavorable ou fautes inutiles des joueuses, le TGB a été très vite handicapé par les fautes avec Pouye à trois fautes en moins d’une minute et Plouffe à deux fautes en moins de quatre minutes, au cours du premier quart-temps. Tarbes a terminé avec Bjorklund, Plouffe et Pouye à quatre fautes !

Retrouver l’intensité

Du coup, Plouffe a joué moins de 22 minutes, Bjorklund moins de 26 minutes et Pouye à peine 15 minutes. A première vue, ça semble bon pour la récupération, mais avec trois matchs en un mois, toutes les trois risquent de manquer de rythme face à Villeneuve d’Ascq qui va jouer l’Eurocup en semaine. Les jeunes ; Beaubrun, plus de 17 minutes et Nbandu, plus de 14 minutes, ont pu prendre du temps de jeu mais elles ne devraient pas rentrer contre le Champion de France ! Or c’est dans l’intensité que vont se jouer les prochaines rencontres contre Villeneuve d’Ascq et Basket-Landes. Et la Canadienne et l’Américaine, compte tenu des circonstances, n’en n’ont pas mis beaucoup contre Nice...

Les réactions côté tarbais

François Gomez : « Faire le travail ne suffira pas contre Villeneuve d’Ascq »

François Gomez était le premier à en faire le constat : « Tout le monde s’est mis au même niveau. On a tous été très moyen et c’est de notre responsabilité. On a cru, au bout de cinq minutes, que tout était réglé. C’est un match qu’on doit gagner avec bien plus de points d’écart, face à une équipe qui est vaillante et fait ce qu’elles peut. On peut être satisfait du résultat mais on ne peut pas être satisfait de la manière. A Saint-Amand et ici, il fallait faire le travail et on l’a fait. J’espère que dans la semaine, on va retrouver de la qualité parce que faire le travail contre nos prochains adversaires ça ne suffira pas. On va recevoir Villeneuve d’Ascq et on va à Basket-Landes et là, il faudra faire un peu plus que le travail. Il va falloir retrouver l’envie de se partager la balle, l’envie de courir, l’envie d’être plus dur... Ce qu’on a perdu sur des rencontres où on était très favoris. Ce n’est pas manquer de respect à nos adversaires mais ce statut là, ne nous va pas bien. On va réexpliquer aux joueuses que contre Villeneuve d’Ascq, qui est le Champion de France en titre, on est outsider et qu’il va falloir se remonter les manches et être bien plus présent ».

Michelle Plouffe : « Ce n’était pas un beau match mais on a gagné »

La canadienne, trop vite pénalisée, n’a que peu joué (21’ au lieu de 40’ habituellement) et n’a marqué que 5 points, même si elle n’a pas beaucoup tenté (2/4 dont 1/2 à 3 points). Mais Michelle est satisfaite : « Ce n’était pas un beau match mais on a gagné. Ce n’était pas un match difficile physiquement mais quand on joue le dernier, on se doit de gagner. » Reconnue comme une perfectionniste, Michelle Plouffe sait que la semaine va être dure. « Oui mais après chaque match, il faut travailler pour améliorer des choses. Le prochain match c’est Villeneuve, et c’est un match important pour nous et on va travailler très dur. »

Christelle Diallo : « Quand c’est facile, on se relâche »

L’intérieure le reconnaît : « On s’est relâché, je pense. Au troisième quart-temps, elles ont été plus agressives et on ne s’y attendait pas. Après, on s’est repris et on a recreusé un écart. » Un relâchement qui ne l’inquiète pas avant Villeneuve. « C’est juste parce que c’était un match facile qu’on a eu ce problème. Quand c’est facile, on se relâche alors qu’on sait que même, si elles risquent de redescendre en Ligue 2, il ne fallait pas se relâcher et continuer avec le même engouement. »

Adja Konteh : « On a bien défendu et on gagne de vingt points »

Pour la capitaine tarbaise seule la victoire compte : « Il fallait qu’on gagne. On a bien défendu et on gagne de vingt points. » Adja n’est pas inquiète de la manière : « On savait qu’elles allaient défendre plus dur en seconde mi-temps et on a bien répondu. »

Côté niçois

Trop de maladresses

Après la purge de Charleville-Mézières (99-59), Nice enchaînait avec deux matchs en trois jours et un retour en avion jusqu’à Toulouse suivi d’un voyage en bus jusqu’à Tarbes sans rentrer. Dur à vivre moralement... D’autant que la réussite n’était pas au rendez-vous. L’équipe niçoise était en panne d’adresse avec 25 % de réussite (18/73). Par rapport au nombre de tirs, si Nice avait connu la même réussite que Tarbes (41%, 24/59), les ’’Niss Angels’’ auraient marqué au minimum 24 points de mieux !

Wani Muganguzi : « On se fait laminer à l’intérieur »

Le nouveau coach niçois, positivait par rapport à Charleville-Mézières : « Il y a du mieux, même si en première mi-temps, on prend 44 points comme mercredi. On n’a pas maîtrisé le rebond et on n’y était pas assez dans l’intensité défensive. Sur le troisième quart-temps, on redresse un peu l’intensité défensive et on arrive à tenir et à avoir des balles pour revenir. Mais le basket, c’est un sport d’adresse. On peut tirer 73 fois et l’adversaire 59 fois mais quand on est à 25%, on ne se donne aucune chance de revenir, même si on a eu les ballons pour revenir quand on est à moins dix. Après, il y a la fatigue et on se fait laminer à l’intérieur. Je savais que ce serait notre point faible. On a essayé de trouver des solutions mais on n’a jamais réussi à contenir Aby Gaye ou Christelle Diallo »

Nice y croit toujours

Wani Muganguzi : « On sait qu’on s’en sortira »

A aucun moment, en conférence de presse, le coach niçois n’a mis en avant la situation du club qui s’avère aussi très compliquée financièrement. Ce qui explique le non remplacement des étrangères, de Cousseins-Smith et les départs de Vérove et de Robert pour d’autres clubs. Difficile après, que les résultats suivent sportivement, surtout quand une autre joueuse majeure, Coulibaly est blessée. « On perd notre secteur intérieur de base, donc on est déficitaire à l’intérieur, c’est sûr. Après, je n’aime forcément pas me plaindre ou me lamenter sur ce que l’on n’a pas. On fait avec ce qu’on a et contre Tarbes, ce qu’on avait n’a pas suffi. Mais après, il y a des joueuses qui ont tiré leur épingles du jeu. Il y en a qui ont été vaillantes mais il faut savoir reconnaître, tout simplement, que Diallo et Gaye, c’est plus fort. » Malgré les défaites, les défections, le non remplacement des absentes, l’équipe ne se désagrège pas. « L’équipe est là, elle vit, elle essaie de prendre match après match et de s’en sortir. Tant qu’on n’est pas mort on continuera à respirer pour essayer de s’en sortir » assure Wani Muganguzy qui reste optimiste : « On sait qu’on s’en sortira et que c’est à la fin du bal qu’on paie les musiciens. »

Mamignan Touré : « L’état d’esprit du groupe, c’est de ne pas lâcher »

L’ailière-meneuse, avec 18 points, a été une des meilleures joueuses de son équipe mais sa performance personnelle ne l’intéresse pas et elle préfèrait mettre l’accent sur la situation sportive. « Il y a du stress et c’est compliqué de gérer une grosse semaine comme ça. On a joué contre une très grosse équipe de Charleville-Mézières, qui nous a respectée en nous mettant une sacrée raclée. Mais ça nous a servi pour préparer le match de Tarbes, mais c’est difficile, d’enchaîner un long déplacement derrière, face à une équipe qui était potentiellement à notre portée. » L’ex-internationale U20 regrette. « C’était compliqué parce qu’un match dure 40 minutes, on a eu des moments hauts et des moments un peu bas. On a manqué d’adresse et en face, on a eu une équipe qui est restée soudée dans le combat jusqu’à la fin et qui nous a fait mal. Tarbes a eu plus d’adresse que nous alors que nous avons eu plus de possession qu’elles, mais on a été incapable de marquer. » Malgré toutes les circonstances défavorables, Mamignan Touré assure : « L’état d’esprit du groupe, c’est de ne pas lâcher. On sait toutes qu’on est dans le même bateau. La situation est certes difficile. On a eu des hauts, on a eu des bas, que ce soit sportivement ou extra-sportivement et on l’accepte, parce qu’on n’a pas le choix. On essaie de finir la saison dignement et notre objectif reste le même, c’est à dire d’essayer d’atteindre les Play-Off. Quand on regarde le calendrier, c’est encore possible et au pire, si on perd, c’est de perdre avec la manière. C’est compliqué mais on s’accroche et on essaie de finir dignement. »

Alix Duchet « On va donner tout ce qu’on peut à chaque match »

La capitaine niçoise ne cherche pas l’excuse du manque de récupération. « C’est sûr que c’était dur physiquement, après, c’était à nous de mieux rentrer dans le match. Mais c’est vrai que c’est difficile d’enchaîner deux matchs alors qu’on est parti mardi et qu’on ne rentrera que lundi chez nous. » Le Cavigal vient de vivre une première quinzaine de février agitée et compliquée, avec le départ de son coach, suivi par celui de Robert, (sa meilleure joueuse) et la blessure de Coulibaly, une autre joueuse majeure expérimentée. « C’est très compliquée à vivre » avoue Alix Duchet « quand il y a des gens qui partent ou qui sont blessés. C’était le coach principal, c’était des joueuses cadres et pour nous, c’est très compliqué. » Mais les Niçoises entendent se battre jusqu’au bout : « On essaie de se battre ensemble et Wani fait tout pour qu’on soit dans les meilleures conditions. » La meneuse, qui a connu la Poule de la Mort sur le banc pour cause de blessure, est confiante malgré les circonstances. « Il faut toujours être prêt. De toute façon, on s’y attend et le championnat n’est pas encore fini. On va donner tout ce qu’on peut à chaque match et si c’est les Play-Down, on donnera le meilleur en Play-Down. »

Jean-Jacques Lasserre