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Encore des attaques de vautours ! Brebis et porcs noirs tués. Exclusif : Le diaporama d’une attaque derrière le Hautacam...

jeudi 10 juin 2010 par Rédaction

Nous apprenons de ci, de là, que les vautours attaquent plusieurs fois par semaine des animaux domestiques vivants. Tout le monde ne le dit pas pour deux raisons :

1. Cela ne sert à rien puisqu’il n’y a pas d’indemnisation
2. L’éleveur se fait suspecter d’être un mauvais berger et reçoit des conseils et réprimandes d’agents de l’Etat qui n’ont strictement aucune compétence pour le faire.

Bien sûr, il existe un observatoire interdépartemental sur les dégâts occasionnés par les vautours qui est, normalement, assuré par le Parc National des Pyrénées. Vu les difficultés pour joindre des gardes en charge des constats (numéros erronés ou inconnus, personne à la réception, pas de permanence claire…) les éleveurs voient de moins en moins d’intérêt à perdre leur temps à déclarer des dégâts. Pour des statistiques ? Qui servent à quoi ? A qui ? A la LPO, association militante, à laquelle le Parc National semble détacher des fonctions ?

Une attaque dans le secteur du Hautacam
Nous pourrions croire que tout débute vendredi matin vers 9h lorsque Pascal Colado, éleveur du Lavedan, voit de quelle manière les vautours attaquent le troupeau de Jean-Pierre Prat à la montagne de Sias au pied du Soum de Léviste derrière le Hautacam. Une technique éprouvée qu’il a su photographier (voir notre diaporama). L’approche discrète à petit pas… Cette brebis sera sauvée mais pas les autres qui n’ont pas eu la chance d’être dans l’objectif du photographe / berger.


Conclusion pour Jean-Pierre Prat : 2 brebis mortes, 5 non retrouvées. Et une avec une patte cassée sans doute suite à l’affolement. Jean-Pierre voulait déclarer cette prédation, faire savoir comment s’y prenaient les vautours. Mais là, le parcours du combattant débute. Qui prévenir ? Où ? Quel numéro ? Ce n’est que lundi qu’il décide de prévenir les gendarmes bien embarrassés par cette affaire. En définitive, ce sont les gardes du Parc National de Cauterets qui se déplaceront bien tard….

« Je suis dégoûté « nous dit Jean-Pierre Prat. Et il s’inquiète : « Et si on dort sur un caillou ? On ne sait pas ce qu’ils peuvent faire sur l’homme ».

Il y a effectivement matière à s’inquiéter car des bêtes qui ne sont plus chassées n’ont pas peur de l’homme, du chien et n’hésitent même plus à agresser. Il est plus que probable que dans les mois à venir, un problème de sécurité se pose.

Ils s’attaquent au porc noir !
Ils ne choisissent pas n’importe quel porc. Les charniers de cochons industriel d’Espagne ne devaient pas être terribles mais fournissaient de la viande en abondance. Maintenant, le buffet à toute heure est fermé, il faut trouver de la viande de qualité. Donc, ils s’attaquent au porc noir.

C’est Gérard Cassou, des Angles, qui en fera les frais pour la troisième fois. Après l’ours Franska en 2007, ce sont les vautours qui reviennent régulièrement dans les prairies bordées de châtaigners sous le col des Trois roix du Pic du Jer à Lourdes. Le lieu n’est pas particulièrement propice à l’envol des rapaces mais quand la faim vous tient au ventre…

Lundi matin à 11h30, Gérard Cassou laisse ses porcs au pré comme chaque jour. A 13h, le voisin lui signale que les vautours tournent au-dessus de son pré. Loin de douter qu’ils allaient s’attaquer à des porcs vivants… « Il n’y a pas de mort c’est pas chez moi ». Le lendemain, la voisine du pré lui explique qu’elle a bien tenté de faire partir les vautours mais en vain. « Ils mangeaient un cochon vivant, il criait ». Le bilan est, pour cette fois, de un petit porc de 30 kg tué et un autre disparu. Sur un troupeau de 10 porcelets et 8 truies.

Les deux fois précédentes ce sont 3 porcelets qui ont été tués.

Alors que le porc noir se doit de vivre dehors et se nourrir de manière naturelle, ils doivent rester à l’intérieur jusqu’à ce qu’ils atteignent 30 kg. En fait, on revient à la notion de « batteries » par obligation. Bravo le bien-être animal… pour les vautours pas pour les porcs.

Comme pour les brebis, les vautours ont une technique : Frapper au front. « Et c’est comme un rasoir » explique Gérard Cassou. « Puis au raz de la tête… ou les testicules ». Dérouté face à cette situation qui perdure il nous explique : « On se bat pour la sauvegarde des races et avoir un label, on voit le résultat ». Le Porc noir de Bigorre, label rouge en cours de démarche AOC est aussi « produit sentinelle » de Slow Food. Parti de quelques exemplaires il y a quelques années, le porc noir reste un produit à petit effectif avec environ 8000 porcs.

Nous n’avons pas connaissance de tout
Tous les éleveurs ne parlent pas de ces prédations. Beaucoup se taisent. Parfois même on leur conseille de se taire…. Pour ceux des agents de l’Etat, militants d’associations, ce sont moins de prédations donc plus facile à développer la thèse que le vautour n’est pas un prédateur.

Pourtant, dès le 19ème siècle, des observations de comportement prédateur du vautour étaient décrites en Europe centrale. A cette même période, la présence de vautours dans les Pyrénées n’était même pas mentionnée. Que faut-il en conclure ?

Louis Dollo

Contacter le Parc National, en principe une permanence au
05 62 54 16 79