Au Musée de la Déportation et de la Résistance de Tarbes, une exposition bouleversante fait ressurgir la trajectoire oubliée de Zelman Utkès, artiste juif polonais installé dans la ville pendant plus de trois ans avec son épouse Berthe. En 2024, la découverte fortuite de treize de ses œuvres dans une maison de l’American Park — où le couple avait été hébergé durant la guerre — a ouvert une brèche dans le silence de huit décennies.
Ces toiles, accompagnées d’un ensemble de documents et de photographies, ne racontent pas seulement un parcours artistique : elles redonnent chair à deux vies brisées par la persécution. Utkès, formé dans plusieurs écoles d’art d’Europe de l’Est, avait voyagé, travaillé en Palestine, servi comme dessinateur technique dans l’armée britannique avant de rejoindre Paris et l’effervescence de l’École de Paris. C’est là qu’il rencontre Berthe, qu’il épouse, avant d’obtenir la nationalité française — trop tard, hélas, pour échapper aux lois iniques du régime de Vichy. (....)






