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Violences sur mineurs : l’alerte rouge du parquet face aux manquements du commissariat de Tarbes

mardi 16 juin 2026, par rédaction

Le parquet de Tarbes a réalisé en 2024 un examen approfondi des dossiers liés aux violences faites aux enfants, transmis au commissariat et censés être traités en priorité. Ce document, révélé après l’affaire Lyhanna, met en évidence des manquements importants dans la gestion de ces affaires sensibles.

L’analyse porte sur 43 procédures concernant des agressions sexuelles, des viols, des maltraitances physiques – dont un cas ayant conduit à une paraplégie –, mais aussi des faits de proxénétisme, de corruption de mineurs ou encore d’excision .
Selon le rapport, 32 de ces dossiers n’avaient fait l’objet d’aucune investigation depuis leur arrivée au commissariat, y compris trois situations jugées urgentes en raison de la cohabitation entre l’auteur présumé et la victime, en attente depuis plusieurs mois .

Le document souligne également que deux procédures ont été égarées et que quatre autres n’avaient même pas été attribuées à un enquêteur, malgré une ancienneté allant jusqu’à un an .
Au final, seuls quatre dossiers ont bénéficié d’investigations jugées sérieuses par le parquet . La conclusion est sans ambiguïté : la situation est qualifiée « d’alarmante ».

Le rapport pointe aussi des difficultés structurelles : un service spécialisé sous‑dimensionné, des changements fréquents de personnels et une organisation interne jugée insuffisante pour faire face à la charge de travail .

Face à ces constats, la direction générale de la police nationale met en avant une hausse importante des violences intrafamiliales et conjugales depuis plusieurs années, ainsi que des mesures correctives : renforts d’effectifs, outils de suivi en temps réel et priorisation des procédures selon leur gravité .
Une « task force » et des policiers retraités ont également été mobilisés, permettant une réduction notable du stock de dossiers en attente.

La procureure Sylvie Martins‑Guedes, arrivée après la période étudiée, confirme que la situation décrite n’a rien de surprenant. Elle indique avoir engagé une nouvelle dynamique de travail avec la police et avoir ciblé 120 procédures prioritaires à traiter en urgence dans le département.