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Maison d’arrêt de Tarbes : une surpopulation devenue insoutenable
lundi 15 juin 2026, par
Pour la quatrième fois depuis 2022, la députée des Hautes-Pyrénées Sylvie Ferrer s’est rendue sans prévenir à la Maison d’arrêt de Tarbes, le 5 juin 2026, dans le cadre de son droit de contrôle des lieux de privation de liberté. Accompagnée de son assistante et d’une représentante de l’Observatoire international des prisons (OIP), elle a pu échanger avec la directrice et visiter plusieurs cellules.
Si quelques progrès sont visibles — notamment en matière d’équipements sportifs, de restauration et d’accès aux soins — la situation générale demeure dramatique. L’établissement compte aujourd’hui 159 détenus pour seulement 70 places réellement utilisables, contraignant jusqu’à trois personnes à partager 9 m² pendant près de 20 heures par jour. Une promiscuité déjà insoutenable, aggravée par les épisodes de forte chaleur qui transforment les cellules en étuves.
Les conditions matérielles sont tout aussi préoccupantes. En 2024, 22 détenus dormaient au sol sur un simple matelas en mousse ; ils sont désormais 40, installés à quelques centimètres des sanitaires. Les cellules présentent un état de délabrement avancé : moisissures, fenêtres cassées, douches hors d’usage, éviers fissurés, ventilation défaillante. Si un programme de rénovation a débuté, seules 4 cellules sur 62 ont été remises à neuf, et la réhabilitation complète devrait s’étaler sur plusieurs années.
Face à cette réalité, Sylvie Ferrer rappelle que la privation de liberté constitue déjà une sanction lourde, qui ne doit pas être aggravée par des conditions indignes ou humiliantes. Elle réaffirme la nécessité d’appliquer enfin le principe d’encellulement individuel, inscrit dans la loi depuis 1875, et d’offrir aux personnes détenues de véritables perspectives de réinsertion, de formation et d’accès à l’emploi — des objectifs encore très éloignés à Tarbes.

