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Tarbes : un café en terrasse, un fracas, et une vie bouleversée

mercredi 10 juin 2026, par rédaction

Le 4 avril 2024, en fin d’après‑midi, Gérard Turon, fidèle client du bar Le Landais, s’était installé en terrasse pour savourer son café, comme il en avait l’habitude. Quelques instants plus tard, un fracas assourdissant déchirait le calme de l’avenue de la Marne. Une voiture venait de quitter sa trajectoire, percutant un véhicule en stationnement avant de finir sa course sur la terrasse du café, projetant le nonagénaire au sol sans qu’il n’ait eu le temps de comprendre ce qui se passait .

Transporté à l’hôpital dans un état jugé grave, Gérard Turon s’en était finalement sorti sans fracture, mais avec de lourds hématomes et des douleurs persistantes. Aujourd’hui âgé de 96 ans, il ne fréquente plus le café où il avait ses habitudes et vit désormais dans une maison de santé .

Au volant ce jour‑là se trouvait une jeune femme d’une trentaine d’années. Les analyses avaient révélé un taux d’alcool supérieur à 1,70 g/L, alors même qu’elle circulait sans permis valide et que son bébé se trouvait à bord. Cinq jours plus tôt, elle avait déjà été contrôlée positive à l’alcool au volant. À la barre, la prévenue a expliqué traverser une période personnelle chaotique : séparation conflictuelle, violences, enfant malade. Elle affirme avoir pris le volant pour se rendre en urgence à un rendez‑vous médical pour sa fille, tout en reconnaissant avoir bu plusieurs verres de vin plus tôt dans la journée .

L’audience a été marquée par les regrets exprimés par la conductrice, qui dit mesurer aujourd’hui la gravité de ses actes. Le procureur a rappelé que « ce jour‑là, on a évité le pire », soulignant la mise en danger de l’enfant et les conséquences potentiellement dramatiques pour les personnes présentes en terrasse. Il a requis six mois de prison avec sursis et une suspension du permis. Le tribunal a finalement condamné la jeune femme à 70 heures de travaux d’intérêt général et à quatre mois de suspension de permis. Le père de l’enfant, quant à lui, a déposé plainte pour mise en danger.

Deux ans après les faits, l’émotion reste vive dans le quartier. L’accident a rappelé la vulnérabilité des terrasses en bord de route et les risques majeurs liés à la conduite sous alcool. Pour Gérard Turon, comme pour les témoins de la scène, ce jour restera celui où la routine d’un café partagé a basculé en un instant.