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Prison de Tarbes : Denis Fégné alerte sur une situation devenue intenable

dimanche 7 juin 2026, par rédaction

Le député des Hautes-Pyrénées Denis Fégné s’est rendu à la maison d’arrêt de Tarbes pour mesurer l’évolution de la situation deux ans après les recommandations d’urgence émises par le Contrôleur général des lieux de privation de liberté. À l’issue de cette visite, il dresse un tableau particulièrement sombre des conditions de détention et du quotidien des personnels pénitentiaires.

La première alerte concerne la surpopulation carcérale, qui reste le principal facteur de tension dans l’établissement. Avec 159 détenus pour 60 cellules , la capacité théorique de 120 places est largement dépassée. Plusieurs personnes dorment encore sur des matelas au sol , et certaines cellules accueillent trois détenus dans des espaces prévus pour deux. Une situation que le député qualifie de « déplorable » et qui peut durer « plusieurs mois, voire plusieurs années » pour certains détenus.

À cette pression humaine s’ajoute la vétusté des bâtiments. Malgré des travaux engagés par tranches de quatre cellules, le rythme reste trop lent pour répondre à l’ampleur des besoins. Chaque phase nécessite environ trois mois d’intervention , ce qui laisse présager un chantier étalé sur plusieurs années. Le député évoque des peintures dégradées, des fissures et une isolation insuffisante, même si quelques améliorations ont été réalisées, notamment au service de soins et au parloir .

Le profil des personnes détenues évolue également. Les équipes font face à une augmentation des troubles psychologiques, des addictions et des situations d’isolement familial. Ces fragilités complexifient la prise en charge dans un contexte où les moyens humains restent limités. Le fait religieux occupe aussi une place croissante dans la gestion quotidienne.

L’accès aux soins constitue un autre point de tension. Cinq infirmières assurent le suivi sanitaire de l’ensemble des détenus , mais près de cinquante personnes seraient en attente d’une consultation ou d’un diagnostic. Les épisodes de fortes chaleurs aggravent encore les pathologies dans des bâtiments mal isolés et sur-occupés. Le suivi psychiatrique repose en partie sur l’hôpital de Tarbes, avec un psychiatre présent à temps partiel.

Les surveillants pénitentiaires, eux aussi, travaillent sous une pression constante. Le manque d’effectifs, la fatigue professionnelle et la gestion de profils particulièrement complexes alimentent des tensions récurrentes. Denis Fégné parle d’un phénomène « systémique » qui fragilise l’ensemble de la détention.

Malgré ce contexte difficile, des actions de réinsertion sont maintenues, notamment dans les domaines du numérique, du bâtiment ou de l’entretien général. Mais le Service pénitentiaire d’insertion et de probation ne dispose que de deux agents pour accompagner les détenus dans leurs démarches de sortie , un effectif jugé insuffisant pour répondre aux besoins.

Pour le député, les difficultés observées à Tarbes dépassent le seul cadre local. Elles interrogent plus largement la politique pénitentiaire française, la hausse continue de la population carcérale limitant l’impact des mesures engagées. Il plaide pour un renforcement des alternatives à l’incarcération, un soutien accru aux personnels et une politique de réinsertion plus ambitieuse afin de prévenir la récidive.

Marqué par le sentiment d’oppression ressenti dans les cellules visitées, Denis Fégné estime que les constats sont désormais largement documentés. Reste à savoir quelles réponses seront apportées dans les mois à venir.