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Tarbes : des opticiens livrés à eux‑mêmes après trois semaines d’eaux usées

vendredi 29 mai 2026, par rédaction

L’atelier, la réserve, la cuisine et même la salle de repos : aucune pièce du sous‑sol d’Optic 2000 n’a été épargnée lorsque les eaux usées ont envahi les lieux le 6 mai, avant de revenir le lendemain . Malgré un pompage d’urgence, les dégâts se sont révélés considérables et les opticiens se retrouvent depuis dans une situation qu’ils qualifient d’« impasse ».

Ce qui choque le plus Jean et Jean‑Louis, c’est le silence des pouvoirs publics. Après la mise à disposition d’une citerne, plus aucun contact : ni de la mairie, ni de la communauté d’agglomération. « Personne n’est venu nous voir », regrettent-ils, rappelant que les élus savaient les trouver en période de campagne. Pendant ce temps, le commerce risque de devoir fermer plusieurs jours pour assainir les lieux et remplacer l’ensemble du mobilier souillé.

Le quotidien est devenu pénible. Chaque matin, les opticiens sont accueillis par une odeur d’égout et de moisi, les obligeant à aérer en continu tout en climatisant. Les moucherons prolifèrent, le port du masque est quasi systématique et une partie de l’activité a dû être externalisée, entraînant retards et perte de chiffre d’affaires
Le préjudice est déjà évalué à 10 000 € .

Au-delà des dégâts matériels - placo, meubles, matériel et archives jetés dans une benne entière - c’est l’incertitude qui pèse. Les opticiens redoutent qu’un nouvel engorgement survienne si des graisses continuent d’être déversées dans le réseau. Leur installation n’est toujours pas équipée du double clapet anti‑retour pourtant obligatoire, une mise aux normes qu’ils souhaitent mais qui ne dépend pas d’eux .

À cela s’ajoute la crainte que les assurances ne couvrent pas l’ensemble des dommages, alors que les délais de livraison du matériel s’allongent déjà. Heureusement, les messages de soutien des clients et des commerçants voisins apportent un peu de réconfort dans cette épreuve.

Trois semaines après les faits, Optic 2000 attend toujours une visite, une écoute, un geste. En plein centre‑ville, ce commerce essentiel se bat pour continuer à accueillir ses clients malgré des conditions indignes et un sentiment d’abandon qui ne cesse de grandir.