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Méthaniseur d’Oursbelille : l’ADRISE tire la sonnette d’alarme sur la protection de l’eau
lundi 18 mai 2026, par
Depuis plusieurs mois, le projet d’unité de méthanisation porté par MÉTHAVERT 65 à Oursbelille suscite de nombreuses réactions sur le territoire. Les discussions portent souvent sur les nuisances habituelles : odeurs, trafic de poids lourds, bruit ou impact sur le cadre de vie, des préoccupations que l’ADRISE reconnaît comme légitimes.
Mais pour l’association, l’enjeu dépasse largement ces aspects. Le point de vigilance majeur réside dans l’emplacement même du projet, situé au cœur de l’aire d’alimentation du captage d’eau potable d’Oursbelille, à seulement 200 mètres de celui-ci. Ce captage fournit en eau 26 communes, soit près de 12 000 habitants, ce qui en fait une ressource stratégique pour tout le secteur.
L’ADRISE insiste sur le fait qu’elle n’est ni opposée à la méthanisation, ni aux agriculteurs, ni aux énergies renouvelables. Elle estime simplement qu’une installation manipulant des volumes importants de matières organiques et de digestats ne devrait pas être implantée dans un secteur aussi sensible sur le plan hydrogéologique.
Le dossier environnemental lui-même reconnaît la vulnérabilité du site : risques de remontées de nappe, zones d’expansion des crues, nécessité de protections renforcées comme des géomembranes, bassins de confinement ou dispositifs anti-pollution. Autant d’éléments qui confirment, selon l’association, que le lieu choisi n’est pas anodin.
L’ADRISE rappelle également le principe « éviter – réduire – compenser », pilier du droit de l’environnement. Pour elle, l’évitement devrait primer dès lors qu’un site présente une telle sensibilité, et la question du choix d’implantation doit pouvoir être débattue sereinement.
Sans affirmer qu’une pollution est certaine, l’association souligne que le risque zéro n’existe pas. Et lorsqu’il s’agit d’un captage d’eau potable, la notion de risque acceptable devient centrale . Elle regrette par ailleurs que le projet relève d’une simple procédure d’enregistrement ICPE, sans étude d’impact complète ni véritable enquête publique, alors même que le dossier a dû être complété à plusieurs reprises.
Dans un contexte de tensions croissantes sur la ressource en eau et de sécheresses répétées, l’ADRISE estime indispensable un débat transparent et approfondi. Pour elle, la protection de l’eau potable doit rester prioritaire, même face aux enjeux de transition énergétique. Comme le résume sa présidente : « Un méthaniseur peut être implanté ailleurs. Un captage d’eau potable, lui, ne se délocalise pas. »
