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Tarbes-Dijon : Débrief des entraîneurs

mardi 5 octobre 2021 par Rédaction

Fabien Fortassin : On n’a pas enfoncé le clou et on s’est mis en danger

La large victoire contre un adversaire direct privé du bonus, le combat, l’agressivité, laissent l’entraîneur sur sa faim. A l’image, de son Président lors de l’ère Vignette, il regrette le contenu au-delà de la victoire. « Au rugby, c’est le minimum », lâche Fabien Fortassin qui exige plus de ses joueurs. « Je suis satisfait qu’on ait gagné mais je ne suis pas satisfait du contenu. Je ne suis pas satisfait de ne pas avoir enfoncé le clou en seconde mi-temps. On a joué pendant 35 minutes. A partir du moment, où ils ont pris le carton jaune, on est sorti du collectif, on a arrêté de prévoir ce qui était prévu. On se met bêtement en danger tout seul, sur un hors-jeu de ligne gratuit. Derrière, pénaltouche, essai, carton jaune, 16-7 et le match est relancé », peste l’ex-ouvreur. « On se met en danger tout seul et on se fait peur, alors qu’il n’y a aucune raison de se faire peur. » Fabien Fortassin sait que l’objectif, que le Groupe s’est fixé, passe par plus d’exigence collective, plus de respect du plan de jeu. Il connaît les limites quantitatives de son effectif mais il veut atteindre l’objectif, fixé en commun, de disputer les Phases Finales. Au-delà du combat, le salut passe par le collectif. « Si on veut jouer le milieu de tableau, c’est très bien, il n’y a pas de souci », tacle Fabien Fortassin. « Bravo à eux ! Moi je suis ambitieux, je ne veux pas jouer la huitième place, donc, ça ne me va pas ! » Au ton de sa voix, on pourrait croire que son équipe a perdu, tant il est agacé par le scénario du match. « C’est le genre de match, où en menant 16-0 à la mi-temps, il y a des bonus, à aller chercher, qui feront la différence à la fin. On a fait le job mais ça ne me va pas. »

On prend trop de points en défense

Le technicien ne s’explique pas les raisons de ce relâchement. « J’aurais aimé qu’on fasse la même chose qu’en première mi-temps. J’aurais aimé qu’au carton jaune, on accentue un peu. On s’est un peu relâché, on a fait des erreurs techniques, on a été indiscipliné. » Comme à Aubenas, les joueurs sont sortis du cadre de jeu. « On avait prévu un plan défensif et ça a été très bien fait pendant 35 minutes et on a tourné à 16-0. » En seconde mi-temps les Tarbais ont subi et ont encaissé 18 points, dont dix d’affilée. Trop si on veut espérer jouer le haut de tableau. « On a un souci. On prend 22 points de moyenne par match. 22 points, c’est beaucoup trop et c’est compliqué pour gagner des matchs ! Il faut en marquer 23 et c’est dur de marquer 23 points. » Fabien Fortassin ne décolère pas. « On avait travaillé la défense pour baisser ce taux. On tourne à la mi-temps à 16-0. C’est parfait, on est dans le vrai et je ne sais pas pourquoi, on commence à sortir un peu du cadre et on en prend 18 en seconde mi-temps. Ce n’est pas normal de prendre 18 points en seconde mi-temps, alors qu’on en a pris 0 en première ! » Pour le technicien, ses joueurs ont manqué l’opportunité d’une victoire bonifiée qui s’offrait à la mi-temps. « C’est un match qu’on doit se rendre facile avec, peut être, des bonus à aller chercher, qui compteront à la fin ! »  Fabien Fortassin est exigeant car son ambition est de terminer dans les six premiers malgré un effectif et des moyens restreints. « Pour finir septième, huitième, neuvième, ou pour se maintenir, c’est très bien ce qu’on fait. Maintenant, moi, je ne veux pas juste me maintenir. »

 

On se fait peur tout seul

D’autant qu’avec ce relâchement, qui permet de retour de Dijon, Tarbes peut perdre ce match qu’il s’était rendu facile. « On est à 24-18 et on n’est pas à l’abri de prendre une interception, une pénalité, un maul et un essai de pénalité. On n’est pas à l’abri et c’est pour ça, que je ne suis pas spécialement satisfait du résultat final. Quatre points, ok c’est très bien mais pas avec cette première mi-temps. Si, en première mi-temps, on avait été en difficulté que c’était serré à 9-8 ou 10 à 9, et qu’on gagne, c’est très bien. Mais en menant 16 à 0 à la mi-temps, ce n’est pas normal. » Fabien Fortassin ne digère toujours pas l’essai sur pénalité qui permet à Dijon de revenir à 16-7 et d’y croire. « Ce ne sont pas eux qui nous ont mis en difficulté. On avait prévu un truc et quand on l’a respecté, ça a donné 16 à 0. On est sorti un peu du truc et on prend 18 points ! On est dans un championnat qui est hyper exigeant. C’est un championnat de haut niveau et quand on veut jouer au haut niveau, quand tu fais des erreurs, tu les payes cash ! C’est un match où, normalement, Dijon ne doit pas exister, avec la première mi-temps qu’on fait. On doit enfoncer le clou, avoir cet esprit de virulence de vouloir aller chercher des points qui compteront pour la qualification. » La mêlée fermée est le seul point positif que retient le technicien de cette rencontre pourtant pas gagnée d’avance. « Heureusement qu’on a la mêlée qui nous donne des certitudes et qui nous sauve le match. »

Tom Paterson : On a gagné la seconde mi-temps

Songeur, l’entraîneur dijonnais grille une cigarette assis sur les marches d’accès au vestiaire. « On a gagné la deuxième mi-temps, je crois (11-18) mais en première, on était dominé en conquête, en agressivité, qui sont les bases du rugby. Tu peux essayer d’envoyer le ballon au large mais ça ne peut pas marcher si tu ne mets les ingrédients. Il faut les bases, la conquête, l’agressivité, l’envie d’avancer en défense, l’envie d’avancer en attaque. Malheureusement, on a complètement zappé la première mi-temps. Par contre en deuxième mi-temps, je suis content, même si on a perdu le bonus à la dernière minute. On a montré ce qu’on était capable de faire. » Sans ballon en touche, pénalisés pratiquement à chaque mêlée, les Dijonnais, contraints de remonter les ballons rendus au pied par Tarbes, les perdaient au contact ou au sol. Tom Paterson a du mal à comprendre cette absence en première mi-temps, alors que les joueurs avaient eu le temps de digérer le long trajet, après une nuit d’hôtel à Lourdes. « Je ne sais pas pourquoi, on n’est pas rentré dans le match. Je ne sais pas ce qu’il fallait faire pour qu’ils soient un peu plus réveillés. On n’était pas présent et c’est ça, qui nous coûte le match, en fait. » Le discours à la mi-temps a été simple. « Les bases, les bases, les bases… » a répété Tom Paterson dans les vestiaires. « C’est simple, il faut respecter les bases à 100%. Si tu t’as pas envie de jouer, on va te changer, il n’y a pas de souci. »

Inexistants, en première mi-temps, sur les bases du rugby

L’ancien centre anglais, qui compte six saisons en Pro D2, avec Oyonnax, Limoges et Auch, connaît mieux que quiconque les valeurs intrinsèques du rugby. « Tu peux perdre contre les meilleurs, ça arrive à tout le monde mais quand tu rentres sur le terrain, il faut mettre les ingrédients. Il faut mettre les bases du rugby qui sont l’envie, l’agressivité, la communication, mais en première mi-temps, on a été inexistant partout. » Ce n’est peut être pas faute d’avoir averti ses joueurs dans la semaine.  « J’ai joué dans le Sud-Ouest et j’ai répété aux joueurs qu’il fait se méfier de la mentalité des équipes du Sud-Ouest. Ce sont des mecs qui ne lâchent rien, rien. Ce sont des mecs qui sont super combatifs et nous, si on ne met pas ces ingrédients, on ne va pas exister. Voilà, c’est l’histoire de la première mi-temps... » Le technicien anglais ne croit pas que les forfaits tarbais aient pu provoquer un excès de confiance de la part de ses joueurs. « Je ne pense pas. Honnêtement, je crois que ça n’a rien à voir avec qui joue, ou ne joue pas. Pour moi, dans ce moment là, il faut un leader sur le terrain pour réveiller les mecs. Pour leur dire que ce n’est pas acceptable de jouer comme ça. » Malheureusement pour Dijon, les leaders de jeu comme, Nehme, Kafotamaki, Sproston…, étaient sur le banc. « Oui, c’est normal, la saison est très longue. Chaque match est dur, avec beaucoup d’intensité. Il n’y a pas de match facile en Nationale. On le sait et c’est pour ça que je suis surpris qu’on n’ait pas été présent au niveau du combat. »

La rush défense tarbaise

La rentrée des cadres a d’ailleurs changé la physionomie du jeu. Avec leur lanceur attitré, les Bourguignons ont eu leurs ballons en touche et ont pu lancer le jeu. En face, ce sont les Tarbais qui ont baissé en intensité et qui ont commencé à faire des fautes. « Exactement, on a mis de l’agressivité, on montait fort, on plaquait et on a gagné la seconde mi-temps. Mais c’était trop tard… » Pour Tom Paterson, c’est tactiquement que Tarbes les a fait déjouer et leur a fait perdre confiance. « On a bien analysé les autres matchs de Tarbes et c’était ok pour nous. Mais eux, ils ont changé de forme de défense. Ils ont fait une rush défense, alors qu’avant, ils étaient plutôt en contrôle. Là, ils étaient super agressifs, ils montaient très, très, fort et très, très, haut, avec beaucoup de pression sur le porteur de balle. C’est là, qu’on aurait dû être capable de s’adapter. » Au-delà de cet aspect tactique, l’entraîneur n’a pas été surpris par les tarbais. « C’est costaud. C’est une équipe qui est assez costaud, mais qui a aussi de bons joueurs qui savent faire vivre le ballon. On l’a vu sur les deux essais qu’ils marquent. Il y a de l’alternance, ils font vivre le ballon et ce sont deux beaux essais pour moi. Ils ont une bonne conquête, ils sont costaud devant, ils ont un bon buteur, ils ont les joueurs pour franchir et pour jouer derrière. »

Un leader, capitaine à 21 ans

Il manquait aussi quelques joueurs, dont les titulaires Bécasseau, Desbordes, Odiete qui étaient blessés. « Ce n’est pas une excuse » tranche Tom Paterson. Dijon à la particularité d’avoir certainement le plus jeune capitaine de Nationale et du rugby pro, qui fera ses 22 ans en décembre prochain. Colin Lebian, à 21 ans, dirige plusieurs trentenaires, même si l’équipe est assez jeune, dont un international argentin de 33 ans. « D’abord Colin, c’est un joueur formé au club. Et puis, quand tu es un leader, tu es un leader, il n’y a pas d’âge. Un leader montre l’exemple. Tu fais ce que tu dis et tu dis ce que tu fais, c’est ça non ? » Interroge Tom Paterson qui parle un excellent français. « C’est un joueur du club, il est humble, il est très travailleur. Il est toujours en train de progresser et pour moi, c’est un très bon leader et un très bon exemple. C’est un vrai capitaine, un vrai leader, que les joueurs écoutent. »

Propos recueillis par Jean-Jacques Lasserre