Site d’informations en ligne, sur Tarbes et le Grand Tarbes
 Informations Lourdes et Grand Tarbes Informations Lourdes et Pays de Lourdes Informations Bagnères de Bigorre Informations Argelès-Gazost Vallées des Gaves Informations Pays de Lannemezan Information Pays du Val Adour Informations Hautes-Pyrénées   
 
    
 
  
 

Pas de transhumance cette année au lac d’Estaing

jeudi 23 mai 2013 par Rédaction

La traditionnelle fête de la transhumance, href="http://www.pyrenees-pireneus.com/Pastoralisme/Transhumance/Pastoralisme-TranshuRando-Estaing2007.htm">http://www.pyrenees-pireneus.com/Pastoralisme/Transhumance/Pastoralisme-TranshuRando-Estaing2007.htm
 qui prend aussi une forme de fête de la
randonnée pastorale qui  se déroule
chaque premier week-end de juin au lac d’Estaing, n’aura pas lieu. Motif :
trop de neige et pas d’herbe.

 

Les abondantes chutes de neige de cet hiver se manifestent
aujourd’hui par la présence d’un manteau neigeux exceptionnel au-dessus de 1600
m d’altitude. Pire, il continue de neiger et geler régulièrement sur les
Pyrénées au-delà de 1500 mètres d’altitude ne permettant pas à l’herbe de
pousser et se développer. De ce fait, les bêtes ne disposent pas de nourriture
suffisante tant en quantité, qualité qu’en superficie. C’est ainsi qu’à
Arriousec, en bout de piste au-dessus d’Estaing, il n’est possible de ne
recevoir que 150 brebis environ au lieu de 1500 en temps normal. Alors que, en
temps normal, dans une dizaine de jours, les bêtes pouvaient aller pacager au
col d’Ilhéou. Pire encore : les cabanes pastorales du Barbat et d’Ilheou sont
sous la neige.

 

En conséquence, pas de fête à Estaing, pas de randonnée pour
accompagner les troupeaux. Les troupeaux monteront progressivement au fur et
mesure que l’herbe poussera.

 

Des reports de
transhumance également sur le Pays Toy.

Même chose du côté de la Bat det Baredge, que ce soit
Gavarnie ou la Batsus. Le Tourmalet est enneigé comme en plein hiver
pratiquement depuis Tournaboup. A Gavarnie, l’accès à la vallée d’Ossoue est
impossible aux troupeaux et Bellevue, le Pailla comme les Espécières manquent
pour le moins d’herbe alors que la neige est encore très présente dès 1500 m.
Et en dessous il gèle et il tombe souvent de la neige donc rien ne pousse.

La commission syndicale a écrit aux éleveurs pour leur
annoncer un report de montée possible des troupeaux au 20 ou 25 juin. Des
chemins sont à remettre en état autant pour accéder aux estives que pour
faciliter la randonnée. Communes et Commission Syndicale devraient unir leurs
forces et leurs moyens pour améliorer le plus rapidement la situation en
fonction des conditions météo. « Au fur et à mesure que la neige va se
retirer on verra l’état des parcs et des cabanes »... Autre souci pour les
éleveurs. Une fois la neige fondue, rien n’est gagné.

 

Ce n’est pas mieux chez
les basques et les béarnais.

En Soule, le Port de Larrau est dégagé mais interdit à la
circulation. Problème à un tunnel espagnol. La neige est présente dès 1500 m et
peu ou pas d’herbe entre 1300 et 1500 m obligeant à conserver les troupeaux à
la grange ou les surveiller au plus proche pour leur imposer de brouter...
ailleurs que la bonne herbe réservée à la fauche pour l’hiver prochain.

 

A Arette en Barétous, un berger nous disait cet après-midi :
« je les garde dans une prairie que je devrais faucher normalement
rapidement... mais il faut bien leur donner à manger ». Et l’herbe du
Somport où les brebis doivent passer l’été est encore sous la neige.

 

En vallée d’Aspe et Ossau, même situation. A l’IPHB, le
directeur, Didier Hervé, nous dit : « j’appelle tous les éleveurs
pour voir ceux qui peuvent envisager un premier héliportage le 4 juin. Certains
vont monter voir les cabanes ce week-end ». Certaines cabanes ont été
endommagées d’autres sont sous plusieurs mètres de neige. Des éleveurs sont
montés vers le Soussoueou (GR 10) pour tailler la glace et sécuriser le passage
des brebis. Des chemins sont à dégager... et le mauvais temps ne facilite pas
le travail des bûcherons et forestiers notamment pour le débardage par câble
alors que les chemins détrempés perturbent le travail des tracteurs.

 

Pour toutes ces professions, éleveurs, bergers, forestiers,
les conditions de travail sont difficiles et dangereuses. Si des
recommandations sont données aux randonneurs pour éviter des accidents, on peut
imaginer que pour ceux qui travaillent, le danger est tout aussi présent et
peut-être même plus important. Au cours des prochaines semaines, nous suivront
tous ces acteurs de la montagne qui permettent à beaucoup d’autres de
bénéficier de structures de loisirs bien souvent sans y prêter attention.

 

Louis Dollo