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Les barrages de l’Ousse et de la Géline : mise au point des syndicats agricoles

samedi 25 février 2012 par Rédaction

A la suite des déclarations de plusieurs élus dans la presse locale, Christian Fourcade, Président de la FDSEA, Sylvain Andrieux, Président des Jeunes Agriculteurs et Bruno Delas, Président de l’ADIVA (Association de Défense des Irrigants du Val d’Adour) ont tenu à apporter quelques précisions et à faire une mise au point.

Toute la problématique part d’un document établi par Claude Miqueu et Jean Glavany le 16 janvier dernier sous le titre : « Contribution de Claude Miqueu et Jean Glavany au débat sur l’eau dans le bassin de l’Adour : 7 propositions équilibrés pour le débat » (lire).

Christian Fourcade ne mâche pas ses mots face à ce document qui se veut consensuel mais qui a néanmoins déjà fait l’objet d’une violente réaction de la part de Claude Duzer lors de la session du 3 février dernier du Conseil Général.

Urbanisation anarchique et spéculation

Au cours de la campagne électorale des Cantonales de 2011, Jean Glavany s’était voulu très ferme sur les sujets les plus sensibles du canton tels que le barrage de l’Ousse ou sur la circulation sur la RN 21. Il avait déclaré à cette occasion : « Ce barrage est une aberration, il ne se fera pas, je m’y engage. Le désenclavement routier est vital, il faut se battre pour une réalisation rapide de la déviation nord et mettre en place le contournement Est  ». Christian Fourcade fait remarquer qu’il est « prêt à défendre l’agriculture contre un réservoir d’eau noyant quelques hectares de terres  » indispensables pour la vie de l’agriculture mais il ne défend personne lorsqu’il s’agit « de foncier agricole pris pour les routes, zones industrielles et déviations comme la rocade est  »… « Regardez l’urbanisme déraisonné des communes concernées…  ». Et de critiquer, sans état d’âme, 3 (Orleix, Bours et Bazet) des 4 communes pour leur « urbanisation anarchique sans aucune limite sauf en faveur de la spéculation ». Par contre, Aureilhan a mis en place un PLU qui « organise  » et protège les espaces agricoles. Il faut noter que 20% seulement du foncier est exploité directement par les agriculteurs et 80 % sont en location.

L’eau n’est pas gratuite et la gestion est surprenante

Nous avons l’habitude de penser que les agriculteurs se servent gratuitement de l’eau tiré de forages ou directement des canaux ou de l’Adour. Il n’en est rien. En fonction des quantités il en coûtera « de 20 à 22 euros l’hectare » nous précise Bruno Delas. « Et dans 4 ou 5 ans on sera à 30 euros ». Et puis, « nous utilisons 40% des volumes d’eau et on paie 60% des coûts » précise Christian Fourcade. La différence autre que l’agriculture concerne les industries et les ménages. « En 2010, on a versé 400 000 Euros de redevance » rappelle Bruno Delas.

« On nous accuse toujours de faire trop de prélèvements et on nous interdit de prélever pour irriguer en juillet et août. En septembre et octobre il y a moins d’eau, on n’arrose pas mais le Préfet n’interdit à personne de laver sa voiture ou prendre un bain ». A cette période de l’année, seuls l’industrie et les ménages prélèvent sans aucune restriction. Curieuse manière de pénaliser et accuser l’agriculture.

Changer de culture ? Curieuse idée !

Dans leur « contribution », Claude Miqueu et Jean Glavany suggèrent, la place du maïs, « des marchés alternatifs » en précisant : « Changeons les règles, changeons les encouragements, définissons d’autres incitations et nos agriculteurs s’adapteront ». Curieuse démarche. Et si nous adoptions le même raisonnement aux enseignants et tous les fonctionnaires, quel serait le résultat ? Par définition, un agriculteur s’adapte déjà tous les matins en se levant en fonction du temps. Mais aussi à chaque PAC, chaque changement de ministre, etc… Quelle autre profession doit s’adapter autant que l’agriculteur ?

Cultiver du blé ? La vallée de l’Adour n’est pas la Beauce. « Il faut autant d’eau mais pas à la même période ». Et puis « c’est une autre compétence, un autre matériel… Je ne sais pas faire ». « Nous avons des terres et un climat adapté à la région » rappelle Bruno Delas.

Cultiver du soja ? Il faut autant d’eau. Et puis, n’est-ce pas oublier le « Yalta agricole » qui a été décidé en 1962 entre l’Europe et les Etats-Unis au cours du Dillon Round du GATT ? L’ancien Ministre de l’Agriculture a-t-il demandé l’avis au directeur de l’OMC, Pascal Lamy, un proche de Jacques Delors et Pierre Mauroy, « pour lui vendre la solution » ? « Qu’il use de ses hautes responsabilités… Mais pour l’instant, ce sera très difficile  » précise Christian Fourcade. « Glavany devrait s’intéresser un peu plus au dossier »… « Voilà 30 ans qu’on demande des solutions et ce n’est jamais mené au bout  »

La Géline et l’Ousse se feront.

Pour Jean Glavany parlant de l’Ousse, « Ce barrage est une aberration, il ne se fera pas, je m’y engage  ». Par contre pour les syndicats agricoles unanimes, « La Géline et l’Ousse se feront parce que c’est indispensable  ». « Avec Claude Duzer, nous avons trouvé un interlocuteur  » nous dit le Président de la FDSEA. « Avant lui, Claude Miqueu n’a rien fait  ». Et de nous préciser que sur le système Neste il se fait une retenue pratiquement « tous les deux ans  ».

Et les problèmes environnementaux ?

« Nous sommes des professionnels capables de maîtrise et de nous adapter en fonction des besoins de la plante  » nous précisent-ils tous. Ils sont parfaitement conscients de la nécessité de préserver l’environnement. Et d’aborder le perpétuel blocage du financement des études environnementales au Conseil Régional par Europe Ecologie. « Avec le coût de toutes les études déjà faites on pourrait faire plusieurs barrages  » s’emporte Christian Fourcade

Les blocages depuis 30 ans apparaissent être le fait des « politiques » et non celui des agriculteurs. Les solutions existent depuis longtemps. L’Institution Adour est prête à avancer avec Claude Duzer. Le problème est aujourd’hui du côté de quelques élus. Dans l’intérêt général, il ne faudrait peut-être pas qu’il y en ait un qui tente d’exister à travers une addition de petits conflits bloquant tout développement durable des territoires. Depuis qu’il est élu à la tête de l’Institution Adour, Claude Duzer fait avancer le projet et reste fidèle à ce qu’il disait en janvier 2009 : « Je défends ce dossier depuis toujours. Nous nous sommes heurtés à une situation locale. Je le déplore. C’est une réalisation qui est devenue indispensable » il est manifestement en phase avec les syndicats agricoles. Si nous devions conclure, nous pourrions le faire avec ces propos tenus à la même période par François Fortassin : « Nous avons réussi à réaliser les barrages de l’Arrêt Darré et de Gabas. Au bout du compte, on se rend compte qu’il n’y a pas beaucoup de gens pénalisés. Il faut donc raison garder. »

Louis Dollo

Voir également :

• Aureilhan dit non au barrage de l’Ousse et au SDAGE http://www.tarbes-infos.com/spip.php?article415

Retour sur la session du Conseil général du 3 février 2012

Après un débat sur les stations de ski et la neige de culture, le ton est monté lorsque Jean Glavany, avec autorité, veut imposer un débat sur l’eau sur la base de sa fameuse contribution commune avec Claude Miqueu. Pour J. Glavany, le texte du Président Pélieu « n’est pas acceptable en l’état. Il exclut toute alternative ». Et nous assistons à un véritable délire de vocabulaire imposé par l’ancien Ministre. Michel Pélieu tente de calmer le jeu en acceptant des modifications mais Claude Duzer ne l’entend pas de cette oreille. Et il a des arguments qu’il avance, de manière nettement plus précise que J. Glavany pour arriver à ce constat : « Je ne peux pas être d’accord avec mon collègue de gauche ». Et s’ensuit une véritable bagarre fort heureusement verbale. Le mot de la fin reviendra au conseiller général de Maubourguet : « Au bout d’un moment, il va falloir arrêter de tergiverser ». Ça fait 30 ans qu’il en est ainsi et même 150 ans pour le pompage du gave de Pau vers l’Adour…..


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25 février 2012
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