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Droit de réponse du Parc National

vendredi 13 janvier 2012 par Rédaction

Suite à l’article de Louis Dollo paru le 22 décembre 2011 sur notre site (www.tarbes-infos.com), le président du Parc national des Pyrénées, le président de la Commission d’indemnisation des dégâts d’ours du Parc national des Pyrénées et le directeur du Parc national des Pyrénées font exercer leur droit de réponse.

Le président du Parc national des Pyrénées, le président de la commission d’indemnisation des dégâts d’ours du Parc national des Pyrénées et le directeur du Parc national des Pyrénées tiennent à réagir avec vigueur aux propos fallacieux et infamants tenus par Louis Dollo dans son article du 22 décembre paru sur Tarbes info.com. Cet article met en cause les gardes du Parc national, le fonctionnement de la commission d’indemnisation des dégâts d’ours et, personnellement, certains membres de cette commission. Les propos tenus sont inacceptables, les faits approximatifs, les interprétations orientées et les analyses entachées d’un manque d’objectivité flagrant.

La réalité des faits

Le lundi 18 septembre au soir, Bertrand Domengeus contacte les gardes du secteur d’Aspe car il soupçonne un incident important sur son troupeau qui est éparpillé avec des bêtes blessées. Ces derniers montent sur l’estive le mardi matin et passe la journée avec le berger à chercher les brebis concernées. Huit constats sur bêtes blessées ou mortes seront réalisés. Le sol est partiellement couvert de neige, ce qui facilite la recherche d’empreintes.

A la descente de l’estive, les gardes reçoivent un appel du berger de l’estive voisine. Il a trouvé une trentaine de bêtes de M. Domengeus au pied d’une barre rocheuse, mortes pour la plupart, sur son estive. Le mercredi, les gardes remontent donc constater les faits sur place, en compagnie des bergers. Ils remonteront à nouveau le jeudi compléter les observations avec les dernières bêtes retrouvées disséminées entre la falaise et la cabane de M. Domengeus.

Au final, il s’agit bien de 58 brebis mortes et 51 blessées pour les évènements du Moundaut. L’ensemble de ces brebis ont été examinées ou autopsiées, une à une, en présence du berger. La chronologie est néanmoins un peu plus complexe que voudrait le faire croire Louis. Dollo et l’implication des agents du parc national est forte quand à la recherche des victimes.

Situées à près de 5 kilomètres à vol d’oiseau des dernières empreintes d’ours, les carcasses ne semblent pas présenter de traces de prédation. Quelques éléments interpellent tout de même les agents, qui sollicitent de ce fait les conseils de vétérinaires. Il ressort qu’une trace de morsure provient d’un petit chien, et que les marques observées sur la peau sont dues au substrat rocheux, particulièrement coupant sur le secteur. En l’absence complète d’éléments plaidant pour une prédation, les gardes concluent le rapport par une cause de la mort indéterminée. Le dossier est de ce fait transmis à la Commission d’indemnisation des dégâts d’ours.
Il s’agit de la procédure normale des dossiers indéterminés puisque la commission d’indemnisation des dégâts d’ours est seule compétente pour les traiter.

Les gardes mis en cause par Louis Dollo

Le Parc national des Pyrénées a compétence pour indemniser les dégâts d’ours sur son territoire et, pour ce faire, ses agents réalisent des constats et non des expertises comme le laisse entendre Louis Dollo. Considérer que les agents du Parc national des Pyrénées n’ont pas les compétences pour assurer les constats de dégâts d’ours est tout simplement mensonger. Les gardes ont tous suivi des formations rigoureuses leur permettant de mener à bien ces constats : techniques d’autopsie, description des blessures, en particulier celles dues à l’ours, recherche et identification des indices d’ours… Il est par conséquent faux d’affirmer que tout un chacun est capable de réaliser ces constats. Par ailleurs le secteur d’Aspe est un secteur régulièrement concerné par les attaques d’ours et, loin d’être théorique, la formation est mise en application chaque année sur le terrain, certains des gardes ayant plus de dix années de pratique. Il faut ajouter que sur le constat incriminé, compte tenu du nombre de brebis concernées par le dérochement, cinq gardes étaient présents, trois jours durant. Des analyses complémentaires ont été sollicitées, des visites sur l’ensemble des estives voisines organisées, afin de disposer du maximum d’éléments permettant la résolution du dossier. Contrairement à ce qu’affirme Louis Dollo, le constat a été remis au berger, comme l’ensemble des constats réalisés en 2011. Au final, ni le berger, présent lors du constat, ni les éleveurs n’ont contesté la qualité du travail. Bien au contraire, ce dernier a été unanimement salué, y compris par la profession agricole, sauf par Louis Dollo, qui n’était pas là ces jours là pour juger.

La Commission d’indemnisation des dégâts d’ours mise en cause…

Les personnes incriminées par Louis Dollo sont issues et désignées par le conseil d’administration du Parc national des Pyrénées de façon tout à fait démocratique. Chacune de ces personnes est reconnue et respectée, chacune dispose de compétences variées, et c’est cette diversité qui fait la richesse des analyses, des échanges et la pertinence des positions. Mettre en avant, comme le fait Louis Dollo, que ces personnes ne seraient pas compétentes parce qu’elles ne sont pas éleveurs (sauf un des membres) est stupéfiant ! Il faut peut-être, pour mieux comprendre, expliquer comment fonctionne une commission d’indemnisation des dégâts d’ours.

Remettre en cause la probité des personnes qui constituent la commission d’indemnisation des dégâts d’ours du Parc national des Pyrénées est outrageant !

Les réunions de la commission d’indemnisation des dégâts d’ours se déroulent en deux phases. La première comprend les cinq membres de la CIDO et diverses personnes invitées. Ces invités sont présents pour nourrir la commission de leurs analyses des cas examinés. Ainsi, ils représentent le monde agricole et pastoral (Chambres d’agriculture, Centre départemental de l’élevage ovin d’Ordiarp, Association des éleveurs transhumants des 3 vallées…), le territoire (Institution patrimoniale du Haut-Béarn) et l’administration (Préfectures, Directions départementales des territoires, Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement, Office national de la chasse et de la faune sauvage…). Les dossiers incertains sont alors présentés à l’ensemble des personnes présentes par l’agent constatateur, qui répond aux questions de l’assistance.
Une fois l’ensemble des dossiers présentés, les personnes invitées se retirent, et seuls les membres stricto sensu de la commission délibèrent alors sur chaque dossier, L’objet de la commission n’est pas de définir ce qui s’est passé mais bien de décider, ou non, de l’indemnisation des pertes au titre de l’ours.
La collégialité est un élément important de la CIDO. Chacun de ses membres est issu du territoire, connaît la montagne et s’est investi, à sa manière, dans la vie publique des vallées. Il ne leur est pas demandé d’être éleveur ou berger, mais d’écouter l’ensemble des éléments et des avis, puis, en leur âme et conscience, de statuer collectivement sur les dossiers. Leur légitimité provient de leur rôle de maire, de conseiller général ou de représentant de la société civile ; elle est le fruit de la démocratie. La mise en cause par Louis Dollo de cette légitimité est pour le moins surprenante…

… ou bien ses membres

Louis Dollo fait tenir des propos à Mr Aubry qui sont inexacts. Voilà ce que dit Mr Aubry en réaction  :
« J’ai bien rencontré Louis Dollo il y a deux hivers à Cauterets. Nous avons effectivement échangé sur l’ours (celui du Lisey , et les dégâts subis par un éleveur Cauterésien l’été précédent... (dégâts indemnisés par la CIDO à l’époque ! ). Je lui ai dit que les éleveurs n’étaient plus légion à Cauterets, que l’enjeu y était moins marqué que dans certaines autres vallées. Sortie de son contexte, cette prétendue citation semble indiquer que "je me fiche" de ce qui se passe à la CIDO... Ce point me semble bien diffamatoire, tout comme le fait que je suis coutumier de la contestation ... alors que je n’ai jamais eu affaire à Louis Dollo ! »

Une lecture des textes de loi toute personnelle

Louis Dollo fait référence au code rural (article L113-1). Cependant il a une interprétation très personnelle de ce texte qui ne correspond nullement à la réalité.

En effet, Louis Dollo indique que ce texte de loi « impose » à l’Etat « d’assurer la pérennité des exploitations agricoles et le maintien du pastoralisme, en particulier en protégeant les troupeaux des attaques du loup et de l’ours dans les territoires exposés à ce risque ». Or, cet article stipule en fait que « le Gouvernement (…) s’attache à assurer la pérennité des exploitations agricoles et le maintien du pastoralisme, en particulier en protégeant les troupeaux des attaques du loup et de l’ours dans les territoires exposés à ce risque ». Cela s’est traduit, depuis des décennies, par le soutien au pastoralisme (héliportages, liaisons radio, etc…), par le financement jusqu’à 100% des moyens de protection contre les prédations (gardiennage, chiens, clôtures…) ou encore par l’indemnisation des dégâts de grands prédateurs. Louis Dollo songerait-il à nier cet état de fait tout en exigeant, dans le même temps, l’indemnisation ? Drôle de contradiction…

Le réexamen du dossier en CIDO, et les conclusions qu’en tire Louis Dollo…

Tout constat de dégât d’ours peut faire l’objet d’un recours du propriétaire ou du berger, si ceux-ci ne sont pas d’accord avec la conclusion apportée par les gardes ou la CIDO. Depuis la création du Parc national des Pyrénées, tous les recours déposés par les éleveurs devant la CIDO ont été examinés. Le cas du Moundaut ne fait pas exception à la règle. C’est donc de façon tout à fait normale que le dossier a été examiné à nouveau, à la demande des bergers et propriétaires, lors de la CIDO du 20 décembre. Les éléments du constat ont été à nouveau exposés aux cinq membres de la CIDO et aux invités présents. Les soutiens aux éleveurs ont été versés au dossier, le tout dans une ambiance beaucoup moins dogmatique que ne le note Louis Dollo. Fort de tous ces éléments, la commission a délibéré, comme indiqué dans le communiqué de presse qui l’a suivie.

De cette délibération, Louis Dollo tire des conclusions pour le moins surprenantes : glorification de la pression en tant que « lobbying (…) salutaire dans un système démocratique », éléments incomplets apportés par des gardes « dogmatiques  », disparition de « l’inconscience de la commission d’octobre »… Autant d’assertions sans argument mais à l’indélicatesse consommée.

L’amalgame avec la charte du parc national

Faire l’amalgame entre la commission d’indemnisation des dégâts d’ours et les éventuelles commissions qui pourraient être constituées en application de la charte du Parc national est tout aussi tendancieux. Cela manque d’objectivité et ne correspond à aucune réalité. Plutôt que de plaider à charge un journaliste n’est-il pas censé relater des faits avérés et vérifiés ? Contrairement à ce qu’affirme l’article, un fonctionnaire n’est pas un militant. C’est un fonctionnaire avant tout qui agit en fonction des directives qui lui sont données. Chacun appréciera où est le militantisme.

Pour conclure son propos, Louis Dollo en appelle à la vigilance du territoire, et en particulier à celle des éleveurs, dans le parc national et à plus forte raison dans son cœur. Pourtant, le Parc national des Pyrénées soutient depuis sa création le pastoralisme. Il n’a cessé de renforcer sa politique en la matière. Pour exemple, depuis 2006, plus de 800 000 € d’aides aux projets agricoles et pastoraux (cabanes, aménagements pastoraux, mécanisation…), montant auquel il convient d’ajouter 1 000 000 € en mesures agri-environnementales territorialisées, apportés grâce à l’investissement important du parc national. Est-ce de ce bilan du soutien du parc national au secteur agropastoral dont Louis Dollo se plaint ?

Il est facile, par la manipulation des mots et des idées, de modifier les faits et les dires et comme le conclut Louis Dollo dans son article « voila qui nous promet un bel avenir … ».

Le commentaire de Louis Dollo (.pdf ci-dessous)