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Les élus pyrénéens se mobilisent contre l’introduction d’ours

mercredi 25 mai 2011 par Rédaction

Même si certains pensent qu’il s’agit d’un combat perdu d’avance, il n’en est pas moins vrai que la mobilisation contre les introductions d’ours n’a jamais été aussi forte. L’ourse (femelle) annoncée pour le Béarn fait presque l’unanimité contre elle.

La mobilisation prend une forme différente de celle de 1996 et 2005-2006. Lors de sa dernière conférence de presse, l’ADDIP n’a donné aucune précision sur la forme des manifestations qui pourraient se produire. Elle parle simplement « de mouvement sourd ». Pas de bruit dans la rue mais lorsqu’on interroge les éleveurs, les commerçants, des acteurs du tourisme, nous comprenons qu’il faut peu de chose pour que tout éclate. Dans les vallées béarnaises, des surveillances sont organisées. Trois communes de la vallée d’Aspe sont pointées du doigt. Dans le même temps, les élus de toutes tendances politiques se mobilisent pour changer le cours de l’histoire en marche ,basée depuis 30 ans, sur une succession de mensonges et manipulations tant sur les modes de pratiques pastorales que sur le bel avenir et la chance que constitue l’ours pour le développement économique et social que nous n’avons jamais vu dans les Pyrénées.

Aujourd’hui, c’est une fois encore l’ANEM, Association Nationale des Élus de la Montagne, présidée par le député UMP Vincent Descoeur qui, avec sa secrétaire générale (PRG), Chantal Robin-Rodrigo, députée des Hautes-Pyrénées, vient, par un communiqué (voir lien -ci-dessous), de dénoncer « la réintroduction d’ours dans les Pyrénées et rappellent à la ministre de l’Ecologie son engagement en faveur de la concertation ».

La consultation sert-elle à quelque chose ?

Une consultation a eu lieu en janvier et s’est terminée le 5 février. A ce jour, aucun compte rendu n’a été publié. Par contre, nous savons que le 19 janvier, avant la fin de consultation, la ministre de l’Écologie annonçait à des parlementaires, avec détermination, sa volonté d’introduire. En même temps, les associations écologistes rappelaient « qu’il ne s’agit pas d’un référendum ».

Vendredi dernier (19 mai), la commission faune du CNPN (Conseil National de la Protection de la Nature) a donné un avis favorable à l’introduction d’ours. Le représentant des Chambres d’Agriculture (APCA) a été seul à voter contre. Il ne semble pas avoir été soutenu par le représentant du ministère de l’Agriculture. Par ailleurs, le représentant de la Fédération Nationale des Chasseurs (FNC) était absent.

Le lendemain, le Comité Permanent du CNPN (14 membres dont le ministère de l’Agriculture), présidé par la Ministre, aurait, selon les associations de protection de l’environnement, voté à l’unanimité pour émettre un avis favorable à l’introduction d’une ourse.

L’avis du CNPN n’oblige pas la ministre. Mais la volonté d’introduction sans tenir compte de la consultation des Pyrénéens semblent évident. Dans ces conditions, à quoi sert une consultation ? Uniquement pour embellir une décision impopulaire ?

L’absence de compte rendu de cette consultation pourrait bien être la preuve d’un avis fortement défavorable de la part de la population.

Quel rôle pour les élus ?

Dans le cadre de la consultation, plus de 60% des communes béarnaises concernées représentant plus de 80% du territoire de présence régulière de l’ours ont délibéré en conseil municipal contre une introduction. Les autres n’ont pas délibéré, ni pour, ni contre. Il y a fort à parier que l’avis de ces élus locaux n’aura pas plus de poids que les lettres adressées par les citoyens.

Des élus locaux et nationaux se sont adressés directement au Président de la République. C’est le cas de Jean Lassalle qui évoque la situation du « monde agricole, les éleveurs, les bergers transhumants, déjà saignés à blanc par un contexte économique cruel ». Et il poursuit sous une forme plus politique : « Cette opération apparaît uniquement comme un gage ou une prime aux grandes ONG, aux fondations de la nature, pour solde de tout compte. Ces ONG et ces fondations ne représentent pas la véritable écologie. Ils ne sont que le prolongement des spéculateurs les plus anti-écologistes de notre temps ». Sur ce point, il rejoint un autre écologiste qui découvre, le journaliste Fabrice Nicolino qui dénonce la même chose dans son livre « Qui a tué l’écologie ? ». Le député béarnais poursuit et se montre encore plus précis pour le Président de la République : « Ce sont ceux-là mêmes qui vous rendent la vie impossible. Vous n’avez rien à espérer d’eux ». Et comme l’ADDIP, il met en garde : « … Je me dois de vous dire malheureusement que si cette pénible affaire se concrétise et si je n’arrive pas à vous convaincre de ce qui suit, ce sont des territoires entiers qui, au lieu de voter pour vous, voteront extrême, ou plus simplement, s’abstiendront de leur devoir civique ». (Voir la lettre complète ci-dessous)

Selon le communiqué de l’ANEM, il semblerait bien que Nathalie Kociusko-Morizet ne tienne pas vraiment ses engagements., « notamment la consultation préalable du Comité de massif des Pyrénées, dans le cadre d’une gestion de l’ours à effectif constant ». A ce jour, le Comité de Massif n’a pas été saisi alors qu’on veut le faire réfléchir à une « stratégie pyrénéenne de la biodiversité » sans y inclure l’ours. Là aussi l’ANEM prévient : « Alors que la tension monte dans les Pyrénées à la veille de la probable introduction d’une ourse en Béarn, les élus de la chaîne de montagne de toutes tendances politiques réagissent négativement à cette initiative qualifiée de « fait du Prince » ».

De là à penser que la Ministre se moque de l’avis d’une quasi unanimité des élus, il n’y a qu’un pas facile à franchir qui constitue un fait grave pour la démocratie. Mais l’écologie est-elle démocratique ?Le véritable enjeu est-il l’ours ou la démocratie ?

Lettre de Jean Lassalle au président de la République

Communiqué de l’ANEM

Louis Dollo


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25 mai 2011
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