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Tarbes célèbre le 82ᵉ anniversaire de sa Libération

dimanche 23 août 2026, par rédaction

Cérémonie des Associations de la Résistance pour le 82e anniversaire de la Libération de Tarbes

Ce dimanche 23 août, devant le Monument de la Déportation à Tarbes s’est tenu une cérémonie pour pour commémorer le 82e anniversaire de la Libération de la ville, en présence d’élus. La cérémonie a été ouverte par le discours d’Olivier De Clarens, président du comité départemental de la Résistance, suivi des dépôts de gerbes, d’une minute de silence et de l’hymne national.

Dans son allocution, Olivier De Clarens est revenu sur l’épreuve historique qui a façonné le territoire : « En 1939, la guerre a commencé avec la drôle de guerre et s’est prolongée par une défaite rapide qui a coûté la vie à près de 100 000 soldats après seulement six semaines de combats, rarement évoqués par la propagande vichyste. »

Il a évoqué le pays partagé après l’armistice de juin 1940 et l’exercice périlleux des institutions dans les Hautes-Pyrénées, qui « continuaient à fonctionner sur deux fronts », sous l’ombre d’un pouvoir en équilibre précaire.

Après l’occupation de la zone libre en novembre 1942, les risques pour les fonctionnaires et les élus du département se sont intensifiés. « Qu’aurions-nous fait à leur place ? » a-t-il interrogé, rappelant les dilemmes moraux et les pressions endurées par les acteurs locaux.

Le discours a également évoqué des épisodes marquants : le préfet Le Gentil, relevé après avoir été confronté à des arrestations d’opposants du régime de Vichy ; les critiques adressées à certaines pratiques répressives ; et les tragédies, dont celle de Maurice Trélut, maire de Tarbes, déporté après avoir dénoncé le mensonge des bombardements allemands et mort en déportation. À Lourdes, le commissaire de police aurait prévenu des Juifs avant une rafle, à l’hôpital de l’Ayguerote, des juifs sourds-muets furent inscrits comme tels pour échapper à la traque.

Le récit des combats et de la libération évoque aussi les actions des résistants après le début du débarquement en Normandie. « La résistance a quitté l’ombre », selon la voix off de Londres, s’emparant d’embuscades, de sabotages et de combats de montagne, notamment à Payolle. Partout dans le département, des stèles témoignent de ces années de lutte.

À Tarbes même, les plans pour une libération coordonnée du département ont été remplacés par une insurrection spontanée. Si la confusion et les pertes furent lourdes, l’effet fut paradoxal : les Allemands, surpris par l’afflux de résistants, ont dû battre en retraite. Des attaques ont lieu à la gare, devant l’hôtel Family, avant que les occupants évacuent leur casernement vers Toulouse. Progressivement, la marche victorieuse des Alliés et des résistants a permis de libérer le territoire.

Aujourd’hui, cette commémoration rappelle les engagements difficiles de ceux qui ont résisté, à leur place, pendant l’Occupation. Elle souligne les sacrifices consentis pour la liberté et invite chacun à connaître cette histoire comme marque de respect et gage d’avenir.

Nicole Lafourcade