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Pau : la maternité de Navarre en grève illimitée pour empêcher la fermeture

lundi 15 juin 2026, par rédaction

À la maternité de Navarre, à Pau, la tension ne faiblit pas. Depuis le 15 juin, sages‑femmes, pédiatres, infirmières et auxiliaires de puériculture ont engagé une grève illimitée pour protester contre la fermeture programmée du service le 14 septembre. Un mouvement largement suivi, qui traduit l’ampleur du malaise au sein des équipes.

La colère s’est accentuée après le dernier comité social et économique, où les représentants du personnel ont compris que la décision semblait déjà prise. Plusieurs soignants évoquent un sentiment de sacrifice : la maternité serait condamnée pour permettre le maintien d’autres activités médicales, voire le transfert de l’oncologie dans ses locaux. Pour les quatre pédiatres salariés comme pour les 17 sages‑femmes, la perspective est la même : un licenciement annoncé.

Au‑delà de l’avenir du service, c’est l’impact humain qui domine. Certaines professionnelles racontent un quotidien devenu lourd, marqué par l’angoisse et l’incertitude. Les possibilités de reclassement restent limitées à Pau, et plusieurs soignantes redoutent de devoir accepter des contrats précaires ou de quitter la région. L’annonce des licenciements par mail a renforcé le sentiment de brutalité et de manque de considération.

Les entretiens de reclassement ont débuté, mais les solutions restent floues. Sept sages‑femmes pourraient être reprises par l’hôpital de Pau, souvent en CDD, ce qui ne rassure guère les intéressées. Sur les 161 suppressions de postes prévues par le groupe GBNA, un tiers concerne la maternité de Navarre.

Face à une grève appelée à durer, l’Agence régionale de santé envisage désormais de réquisitionner du personnel pour garantir la continuité des soins. Pendant ce temps, les équipes continuent de se battre pour défendre un service qu’elles jugent essentiel pour le Béarn.