Accueil > ACTUALITE TARBES ET GRAND TARBES > Oursbelille : quatre voix d’écart et une longue liste d’irrégularités font (…)
Oursbelille : quatre voix d’écart et une longue liste d’irrégularités font tomber l’élection
mercredi 10 juin 2026, par
Le paysage politique d’Oursbelille vient de connaître un véritable bouleversement. Le tribunal administratif de Pau a décidé d’annuler le premier tour des élections municipales du 15 mars, un scrutin où la liste du maire sortant, Henri Fatta, ne l’avait emporté que de quatre voix face à celle de son ancienne adjointe, Nadège Cayret. À 88 ans, celui qui dirige la commune depuis près d’un demi‑siècle voit ainsi son neuvième mandat stoppé net.
Cette décision va à l’encontre des conclusions de la rapporteuse publique, qui recommandait le rejet du recours déposé par l’opposition. Mais pour les juges, l’accumulation d’irrégularités relevées le jour du vote ne permettait plus de garantir la sincérité du scrutin.
Les griefs soulevés par la liste « Un élan pour Oursbelille » sont nombreux : conservation des deux clés de l’urne par le maire, sortie du bureau de vote avec la liste d’émargement avant le dépouillement, participation du président du bureau (le maire lui‑même) au dépouillement, écart entre émargements et bulletins, absence de présentation des bulletins blancs et nuls, confusion lors du dépouillement, enveloppes contenant deux bulletins, ou encore modifications manuscrites sur le procès‑verbal après signature.
Si aucune de ces irrégularités ne constitue en soi une fraude, leur accumulation a suffi à invalider les résultats, compte tenu de l’écart extrêmement serré entre les deux listes. Le tribunal a donc prononcé l’annulation pure et simple des opérations électorales.
Pour Nadège Cayret, cette décision n’est pas une victoire personnelle mais l’aboutissement d’un travail collectif. Elle estime que ces dysfonctionnements s’inscrivent dans une série de pratiques contestées depuis plusieurs années. Elle évoque notamment un récent conseil municipal où le maire aurait tenté de faire adopter le budget sans respecter les règles, un épisode qui pourrait conduire à la saisine de la Cour régionale des comptes.
Le préfet des Hautes‑Pyrénées dispose désormais de trois mois pour organiser un nouveau scrutin, qui s’annonce particulièrement scruté dans cette commune de plus de 1 200 habitants.
