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Crise du système hospitalier : fermetures de lits, sous-effectifs et menace pour l’accès aux soins

mercredi 10 juin 2026, par rédaction

Une soixantaine de personnes, dont des représentants syndicaux, ont manifesté ce mercredi après-midi devant la préfecture pour dénoncer la fermeture de lits et la diminution des services hospitaliers dans le département.

Le personnel hospitalier dénonce la fermeture de lits et l’érosion du service public de santé

Aurore Artigue, secrétaire départementale de la CGT Santé, a dénoncé ce week-end la « destruction progressive » du système de santé public. Lors d’un rassemblement, elle a souligné que derrière les chiffres se trouvent des patients, des familles et des professionnels qui souffrent. Elle accuse les politiques de réduction des coûts, menant à la fermeture de lits, la suppression de postes et la baisse des financements. Elle a cité la fermeture de 40 lits à Tarbes, 20 au Montaigu, et la fermeture des urgences à Bagnères-de-Bigorre, jusqu’à 15 jours par mois, rappelant que ces mesures ne sont pas dues à un manque de médecins, mais à des choix politiques. « Quand on dégrade les conditions de travail, qu’on bloque les salaires et qu’on transforme l’hôpital en entreprise, les professionnels partent, et les services ferment », a-t-elle déclaré. Elle dénonce un discours officiel qui présente ces fermetures comme inévitables, affirmant qu’il s’agit en réalité de décisions qui mettent en danger l’accès aux soins. Elle rappelle que chaque fermeture concerne des patients en attente, des personnes âgées ou des familles inquiètes, et fragilise aussi le tissu rural. Au-delà de l’hôpital, elle défend le droit à des soins accessibles pour tous, quel que soit l’âge ou le lieu de résidence. Concernant la santé des soignants, elle déplore le manque de mesures concrètes : sous-effectifs, épuisement, absence de médecine du travail. Elle insiste sur la nécessité de recrutements, de salaires décents et de respect. Enfin, elle dénonce l’injustice salariale : alors que des milliards sont dépensés pour l’armement ou les grandes entreprises, le personnel hospitalier continue de percevoir des salaires en dessous du SMIC, malgré leur qualification. Pour elle, la santé doit être vue comme un investissement essentiel, et non comme une dépense à réduire. Elle conclut que l’hôpital public doit rester une richesse fondamentale de notre système de santé.

La CGT appelle à une mobilisation continue pour défendre l’hôpital public face aux fermetures de lits et au sous-effectif

La CGT réaffirme son engagement à soutenir les professionnels de santé face à la dégradation du système hospitalier. Lors d’un rassemblement, elle a souligné sa présence dans chaque établissement et chaque service. Face aux fermetures de lits, à la pénurie de médecins et aux suppressions de postes, la CGT appelle à une mobilisation collective pour faire entendre leurs revendications. « Nous ne laisserons pas les agents seuls », a déclaré un représentant, insistant sur la nécessité d’un rapport de force. Les syndicats demandent l’arrêt des fermetures, l’augmentation des moyens pour le recrutement médical, et des réponses urgentes aux crises du secteur. Leur combat, disent-ils, est essentiel pour préserver la qualité des soins et l’avenir des professionnels.

Le système hospitalier à bout de souffle : une crise qui s’aggrave

Le centre de médecine spécialisée de l’Ayguerote connaît une fermeture temporaire en raison d’un manque de médecins gériatres, révélant une crise dans le secteur hospitalier local. Les soins intensifs et urologiques pour les AVC sont aussi affectés par cette pénurie, obligeant à transférer les patients vers Pau ou Toulouse. L’imagerie médicale, faute de radiologues, doit désormais recourir à des plateformes à distance. La médecine du travail n’assure plus le suivi des agents, faute de personnel. Contrairement aux structures privées, le service public hospitalier a l’obligation d’assurer la continuité des soins pour tous. Cependant, son attractivité diminue, ce qui limite sa capacité à répondre aux besoins, notamment des populations précaires qui, face à l’absence de ressources, se tournent massivement vers les urgences. En 2025, on prévoit 54,4 millions de passages aux urgences, soit 149 par jour. La fermeture des urgences de L’Ormeau, ainsi que la suppression de lits au SMR et à Astugue, fragilise l’hôpital face à un déclin démographique. Sur le plan humain, la pénurie de médecins empêche la médecine du travail de faire son suivi, laissant le personnel sans prévention. Ces dysfonctionnements résultent de politiques depuis 30 ans, marquées par la marchandisation des soins et des lois comme RIST ou Garot, qui fragilisent l’attractivité du secteur public. Le budget insuffisant et le gel du point d’indice aggravent la précarité des agents. Enfin, l’humanisation des hôpitaux, souvent revendiquée, est mise à mal par une gestion centrée sur la technologie et les actes techniques, plutôt que sur la relation humaine. Face à cette crise systémique, il est urgent d’agir pour préserver un service public accessible, humain et de qualité.

Crise des urgences à Bagnères : l’accès aux soins mis à mal dans un territoire montagnard

Les urgences du centre hospitalier de Bagnères, dont l’ouverture en journée est devenue aléatoire, ne peuvent plus assurer leur mission sur le territoire. Sur les six premiers mois de l’année, elles n’ont été ouvertes que 74 jours sur 181, avec seulement 4 jours programmés en juillet et en août. Une seule urgentiste, également présente dans une maison de santé, assure désormais le service, alors que les urgentistes de Tarbes-Lourdes, déjà surchargés en période estivale, sont contraints de couvrir ces plages horaires. Ce manque de disponibilité alarmant devient critique dans un territoire majoritairement rural, vallonné et montagnard, où l’accès rapide à une prise en charge d’urgence est vital. Pour un résident des Baronnies, le délai jusqu’à Tarbes peut atteindre 34 minutes, un temps trop long pour une urgence médicale. Les représentants locaux réclament que le service des urgences couvre l’ensemble des 25 communes du Haut-Adour, représentant près de 17 000 habitants (selon les recensements de 2006), ainsi que les touristes, saisonniers et artisans en pleine croissance. Ils exigent que l’État garantisse un fonctionnement quotidien de ces services, pour éviter une surcharge des autres établissements du département. Par ailleurs, la fermeture de lits sur les sites du Montaigu et de l’Ayguerote, ainsi que la pénurie de personnels, accentuent la difficulté à assurer une prise en charge efficace. Ces lits et ces professionnels sont pourtant essentiels pour le parcours de soins des habitants et des visiteurs, notamment dans une région visant à développer sa renommée touristique mondiale, notamment avec le Pic du Midi.
Les syndicats et les personnels appellent l’État à agir rapidement pour assurer la disponibilité et la qualité des services d’urgence, indispensables à la sécurité des habitants et au dynamisme de leur territoire.

Nicole Lafourcade