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Conseil Municipal Tarbes : long et animé

mardi 18 janvier 2011 par Rédaction

Hier soir à Tarbes, la réunion du conseil municipal a duré 4 heures. Des débats parfois animés. Sujets variés qui vont du dispositif de réussite éducative à l’avenir de l’abattoir en passant par le budget et les cessions régulières de bâtiments à l’Arsenal.

Le dispositif de réussite éducative (DRE)

Tout a débuté par le compte rendu d’un audit sur le dispositif de réussite éducative (DRE) http://eppee.ouvaton.org/spip.php?article449 présenté par Gwénaëlle Siffert-Tricard du CIRESE http://www.cirese.fr/ , cabinet d’ingénierie social et territorial http://www.cirese.fr/ . Longue présentation avec des exemples de ce qui se fait en matière d’accompagnement individuel de l’enfant qui présente des difficultés scolaires ou autres.

Analyse qualitative et de parcours du système mis en place par la commune de Tarbes qui concerne de manière quasi permanente 130 enfants (dont des fratries) et leurs parents. Les critères de repérage d’enfants en situation de fragilité ne sont pas toujours évidents. Les cas sont signalés par l’Education Nationale, partenaire de l’opération. L’étude pointe déjà une fragilité par l’absence de participation active des services sociaux du Conseil Général et de la Protection Judiciaire de la Jeunesse http://www.justice.gouv.fr/justice-des-mineurs-10042/la-dir-de-la-protection-judiciaire-de-la-jeunesse-10269/ Par cette absence de partenariat large, « on peut rater des situations qui n’ont pas été repérées ».
Réaction du Maire, Gérard Trémège : « Des acteurs n’ont pas souhaité s’y associer ». Et c’est bien là la faiblesse du système.

Deux types de situation se présentent :
• Lourdes et complexes nécessitant l’ensemble des compétences
• Coup de pouce pour un accompagnement ponctuel

Marie-Pierre Vieu « trouve confus » le système tarbais. « On ne voit pas la plus value du DRE ». Il existe un manque d’identification du dispositif et « on ne situe pas la place de chacun ». Il faudrait « élargir à d’autres acteurs »

Le rapport pointe un manque de personnel même si les résultats sont bons et en accord avec la loi. Il existe bien une approche globale mais « les acteurs ne sont pas toujours présents donc une évaluation parfois tronquée ».

Pour plus d’efficacité, la participation d’autres partenaires comme le Conseil Général et l’APJJ apparaît souhaitable mais pour ces derniers ils ont l’impression « qu’on marche sur leurs compétences ».

Pour Jean Glavany, c’est « un bilan mitigé… facile d’accuser les autres ». Cette action « devrait se faire au niveau de l’agglomération ». Dans l’immédiat il s’agit d’une action sociale de la ville qui mobilise 5 emplois.

Le budget de la ville

Le budget fut le principal objet de discussion avec quelques échanges vifs avec l’opposition. Des dépenses d’investissements qui atteignent 431 Euros par habitants contre 331 de moyenne pour les villes similaires. Une liste de travaux pour 2011 avec le début du chantier de la Halle Brauhauban dont nous parlons depuis près de 10 ans, la fin de la rénovation du Musée Massey, les aménagements de l’Arsenal, la place Marcadieu, abattoir, éclairage public, etc…

Le désendettement de la ville se poursuit sans ralentir les investissements qui, après le plan de relance de 2009 et le remboursement anticipé de la TVA, voient le montant revenir à un niveau plus traditionnel aux alentours de 20 millions d’Euros.

Les recettes qui permettent de financer le fonctionnement courant de la ville et ses investissements se répartissent en 44% d’autofinancement, 25% d’emprunt et 31% de subventions. Le poste le plus important de la gestion communale est la masse salariale en augmentation de 1,3% par rapport à 2010 alors que les subventions à divers groupements augmentent de 8.5%

Jean Glavany, pour l’opposition, « ne peut pas approuver ». Et d’évoquer la réforme des collectivités locales, la baisse de l’investissement public, la hausse des impôts….. Plein de bons motifs qui ne sont pas de la maitrise de la ville de Tarbes comme lui fait remarquer Gérard Trémège.

Marie-Pierre Vieu rejoint Jean Glavany dans la critique et estime qu’il n’y a pas assez « de préservation du domaine public » et réclame « une démarche citoyenne et démocratique par des grands travaux ». Elle note, par exemple, la privatisation de l’eau et de l’assainissement en oubliant que c’est la municipalité précédente issue de son parti politique qui l’a partiellement privatisé.

Le clou de la soirée revient à Carole Barbe : « Une dette n’est pas un problème en soi ». Voilà une bonne leçon de gestion fournie à gauche. Et le meilleur est à venir… au sujet des jeunes de 15 à 25 ans : « 42% de chômeurs » nous dit-elle. « C’est 25% » lui rappelle Gérard Trémège. Surprise, elle accepte les 25% et fait son « Mea culpa ». Ça aurait pu être 60 ou 15, c’était la même chose. Elle ne s’est d’ailleurs pas rendu compte que la scolarité était jusqu’à 16 ans. La note comique aurait pu s’arrêter là mais elle enchaîne en faisant le parallèle avec la Tunisie et l’Algérie. Un peu excessif et dans tous les cas peu crédible. Nous retiendrons quand même son idée de faire « les Etats Généraux de la jeunesse ». Pourquoi pas ? Tant qu’on parle pour se lancer n’importe quel chiffre, ça occupe l’opinion.

Chaque membre de l’opposition s’exprime largement. Ce qui fait dire à Gilles Craspay que « l’opposition est dispersée. Il doit y avoir des élections. Vous avez parlé de tout mais surtout de rien ».

L’écologie urbaine

Jean-Claude Piron rappelle que les ruches et le miel de Tarbes, ce n’est pas un gadget. C’est un choix éducatif. « 250 enfants ont goûté le miel et ont découvert le rôle de l’abeille dans la biodiversité ». Et de nous préciser que le frelon asiatique sur la ville a détruit plusieurs ruches. Il existe 160 nids repérés sur la ville.

Il explique que le budget de l’écologie est minime et essentiellement alimenté par des subventions et deux partenariats privés. « Le développement durable c’est la transversalité » c’est-à-dire que chaque service est concerné. Les personnels ont suivi une formation à cet égard. Et de citer le cas de la construction de la crèche Brauhauban. Si le coût de la construction est 10 à 20 % supérieur à une construction classique ce n’est pas dans le budget de l’écologie.

C’est banal mais il fallait le dire.

La ligne aérienne Tarbes-Paris en question.

Par convention déjà ancienne, Tarbes doit financer 11% du déficit de gestion de cette ligne. Et pourquoi pas toute l’agglomération ? Parce que vous habitez à Odos nord votre contribution sera moindre que si vous êtes à La Gespe. Il faut également noter que la région et le département y contribue à 31% chacun.

Gérard Trémège lit une lettre du Préfet en rappelant que la compétence économique est du ressort du Grand Tarbes. « Tarbes n’est pas juridiquement fondé à intervenir ».

De son côté, le nouveau Président de la Chambre de Commerce et 1er adjoint, François-Xavier Brunet précise à la demande du maire la position de la CCI. Il ressort de la discussion une situation tout à fait incroyable. Les collectivités paient sur la base d’une prévision de déficit et non un déficit réel, pour une ligne dont le taux de remplissage est de 72%, « sans aucun moyen de contrôle des déficits ». L’appareil servant à d’autres lignes, il est curieux de couvrir la totalité de l’amortissement. Et puis, les élus font part de leur surprise de voir Air France conseiller Pau plutôt que Tarbes.

Gérard Trémège sollicite du député Glavany d’interpeller le gouvernement et Air France sur ce sujet. Ce dernier accepte tout en contestant à FX Brunet le droit de prendre la parole en qualité de Président de la CCI même lorsque le maire le lui demande. Il parle de « mélange des genres ». Un mélange, en tout cas fort instructif lorsqu’il s’agit de réduire les charges pour la ville. Comme le rappelle Gérard Trémège : « Nos intérêts à tous sont liés ».

L’avenir de l’abattoir

A 22 h passé, le maire, Gérard Trémège, donne lecture d’une lettre de la société Arcadie http://agriculture.118000.fr/v_thiviers_24/c_viande-de-boucherie-gros/e_arcadie-sud-ouest_0553620505_C0000158576 faisant des propositions pour la gestion de l’abattoir avec la création rapide de 40 emplois.

Le montage juridique peut paraître compliqué aux non initiés mais présente l’avantage de supprimer les déficits pour la ville en transférant tout l’actif à une Société d’Economie Mixte (SEM) ayant pour partenaires notamment les chambres consulaires. L’ensemble serait loué à Arcadie, pour le prix de la charge, emprunts inclus, qui assurerait la gestion complète de l’abattoir selon un cahier des charges garantissant la poursuite de l’activité aux prestataires actuels tels que les artisans bouchers.

Actuellement, l’abattoir traite 7 500 T de viande par an. L’objectif est de 20 000 T avec la création immédiate de 40 emplois et 40 autres à terme. Une solution qui permet de sauver l’abattoir et son classement (indispensable pour les agréments à l’export) et de supprimer les déficits et la charge pour les contribuables tarbais mais aussi la maitrise du patrimoine de la ville.

Pour Claude Gaits : « Il est difficile d’intervenir ». Il « souhaite une note explicative du projet éventuel ».

Gérard Trémège : « Vous ne comprenez pas les choses. Je vous informe en temps réel sur une proposition de montage qui suppose une réponse rapide. Si ça ne se fait pas…. » Et de rappeler les enjeux.

Pour Marie-Pierre Vieu, s’en est trop : « Il est 22h et vous nous demandez de commenter ». Et elle « demande un vrai débat » comme pour Brauhauban. « Les salariés sont inquiets » dit-elle. Elle a besoin de consulter son groupe et les salariés pour se positionner.

Gérard Trémège insiste : « C’est une information que je vous donne » et nous apprenons que les salariés ont reçu la même information Selon le maire, ils n’ont « pas la moindre inquiétude ». Rien n’y fait. Il est tard. Et Gérard Trémège se dit « effondré » et lève la séance. Est-il préférable de rentrer chez soi que de s’occuper de 40 emplois ?

Louis Dollo