Accueil > ACTUALITE TARBES ET GRAND TARBES > L’association de sauvegarde de la santé exige plus de transparence sur le (…)

L’association de sauvegarde de la santé exige plus de transparence sur le projet d’hôpital unique

jeudi 12 mars 2026, par rédaction

Une délégation de l’association de sauvegarde de la santé et de l’hôpital public des Hautes-Pyrénées a été reçue ce mercredi 11 mars par Jean Salomon, le préfet du département. Après cet entretien, les représentants de l’association, José Navarro et Laurence Charroy ont tenu une conférence de presse pour faire le point sur leur démarche et les enjeux liés au projet hospitalier local.

Selon José Navarro, le préfet a multiplié ces dernières semaines les déclarations concernant le projet d’hôpital unique à Lanne, évoluant à plusieurs reprises en termes de coûts et de modalités. « Nous avions sollicité cette audience depuis un certain temps, car la question de la santé publique est cruciale, surtout dans un département comme le nôtre, avec une population vieillissante et une forte prévalence des affections de longue durée. Nous nous interrogeons sur l’avenir des établissements de Lourdes et Tarbes, alors que l’on parle d’un projet à Lanne », explique-t-il.

L’association a toujours défendu l’idée d’un débat public ouvert et transparent sur cette réforme, ce qui leur avait conduit à engager une démarche auprès de la Commission nationale du débat public (CNDP). Lors de cette instance, plusieurs éléments leur avaient été présentés, mais des évolutions dans la communication officielle ont suscité leur incompréhension. « Depuis, plusieurs réunions publiques ont été organisées, notamment le 14 janvier dernier. Lors de ces rencontres, la direction de l’hôpital a fourni des précisions sur le coût du projet, initialement estimé à 340 millions d’euros, avec un emprunt prévu de 270 millions. Cependant, le 25 janvier, le préfet a indiqué que le montant avait augmenté à 405 millions, soit une hausse de 65 millions. Par la suite, le 13 février, la somme a été ramenée à environ 350 millions, puis à un montant compris entre 300 et 325 millions, selon les déclarations officielles », indique Navarro. Et de poursuivre : « On nous explique que ces variations sont dues à des ajustements financiers, notamment une aide de l’État annoncée à hauteur de 300 millions d’euros ». Il souligne que ces déclarations laissent planer des interrogations quant à la cohérence et à la fiabilité des informations communiquées, d’autant que l’association estime que ces chiffres font encore beaucoup d’incertitudes. Le représentant de l’association critique également ce qu’il qualifie de « chantage » de la part de l’État qui conditionnerait son soutien financier à la réalisation du projet à Lanne, excluant toute autre localisation. « Si c’est cela, c’est un chantage inadmissible sur la santé des citoyens, et nous demandons des clarifications », dénonce-t-il. Parmi les autres questions en suspens, figurent le nombre exact de lits supprimés lors de la fusion des deux hôpitaux, la direction évoquant une baisse de 60 lits ainsi que la future organisation des services d’urgence. La fermeture partielle ou totale des urgences à Lourdes ou Bagnéres suscite également des inquiétudes quant à la réorganisation du dispositif médical local. Les représentants de l’association ont aussi évoqué le retard pris dans le calendrier, puisque l’ouverture de l’enquête publique, initialement prévue pour l’été dernier, devrait finalement avoir lieu à l’été prochain, ce qui constitue un décalage d’un an. Alors que le préfet refuse de confirmer certains montants et modalités, l’association continue d’appeler à la transparence. « Nous avons fourni un tableau précis basé sur les réponses de la direction de l’hôpital, et nous attendons que l’État publie la lettre officielle du ministère de la Santé confirmant l’aide de 300 millions d’euros  », indique José Navarro.

En conclusion, l’association insiste sur la nécessité d’un débat sincère et approfondi sur l’avenir du système hospitalier dans le département, afin d’éviter des décisions qui pourraient compromettre la qualité et la sécurité des soins pour la population locale.

SAUVETAGE DES HOPITAUX DE LOURDES ET TARBES : UN ENJEU CRUCIAL SOUS TENSION ELECTORALE :

Laurence Charroy enchaine avec le débat organisé en janvier :

La porte-parole de l’association, a rappelé l’importance de la transparence et de la démocratie dans le processus de décision concernant la santé locale. « Nous avions invité l’ensemble des candidats aux municipales à participer à cette rencontre, afin qu’ils puissent s’exprimer sur les enjeux du territoire  », a-t-elle précisé.Elle a également évoqué l’absence de Monsieur Garnier qui n’a pas assisté à cette réunion malgré son rôle au sein de l’équipe municipale et sa connaissance du dossier hospitalier. « Lors de notre entretien avec lui, nous avons constaté un manque flagrant de maîtrise et de connaissance du projet  », a-t-elle souligné.

L’association a aussi sollicité les deux principales listes en lice à Lourdes pour les élections municipales, mais celles-ci n’ont pas répondu à leurs demandes. Pour Laurence Charroy, ce silence témoigne d’un désintérêt apparent pour la sauvegarde de l’hôpital local. « La question de maintenir un établissement de santé à Lourdes ne semble pas leur tenir à cœur », déplore-t-elle. Un paradoxe, puisque Monsieur Lavit, président du conseil de surveillance de l’hôpital de Tarbes-Lourdes, est un fervent défenseur de l’hôpital de Lannes.

Malgré la compétence principalement étatique en matière de santé, la participation des élus locaux lors du processus de concertation a été faible, notamment durant le débat public. Or, de nombreuses études montrent que la santé constitue l’une des préoccupations majeures des citoyens, et que la confiance dans les institutions politiques s’effrite. Selon Laurence Charroy, cette distance entre élus et préoccupations citoyennes alimente le scepticisme et la défiance à l’égard de la politique.

Concernant le projet de réorganisation hospitalière, la majorité des listes présentes lors du débat ont affiché leur opposition à la fermeture des hôpitaux de Tarbes et Lourdes, en faveur du maintien d’un hôpital unique à Lannes. Ainsi, la liste « Tarbes pour tous », menée par Pierre Lagonelle, a présenté un contre-projet visant à préserver et réhabiliter tous les établissements existants. De leur côté, « Tarbes Naturellement » de Michel Garnier et « Tarbes la Force d’agir » de Pascal Claverie ont clairement exprimé leur soutien au projet de regroupement. Éric Peyrene, candidat de « Tarbes le temps du changement », a critiqué le coût supposé du projet de Lannes, dénonçant ce qu’il qualifie de « gabegie ». Pour l’association, cette notion est inappropriée : la santé ne doit pas être considérée comme une dépense inutile, mais comme un investissement nécessaire dans des moyens financiers adéquats. L’objectif doit être la réhabilitation des deux hôpitaux, afin d’améliorer les conditions de travail du personnel et de répondre aux besoins de la population, tout en conservant l’ensemble du maillage hospitalier départemental.

L’association insiste sur le fait que le mode de financement actuel de l’hôpital est une source de sa « maladie ». Bien que la compétence en la matière relève de l’État, les élus locaux, notamment les députés, ont un rôle à jouer pour défendre les intérêts des habitants. Elle rappelle que ces élus participent à l’élection des sénateurs, et que leur vote au Sénat a souvent favorisé des lois de financement de la sécurité sociale insuffisantes pour couvrir les besoins en santé. Pour l’association, rien n’est encore joué. La phase d’enquête publique sera cruciale, et ils comptent y prendre toute leur part, pour défendre un projet de réhabilitation de tous les sites hospitaliers existants. « Nous devons agir pour la population, pour nos adhérents et pour les vingt-huit mille signataires de notre pétition », conclut Laurence Charroy.

Nicole Lafourcade