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Secours en montagne : un bilan lourd, vigilance indispensable face aux risques persistants
Secours en montagne : un bilan lourd, des risques toujours présents, et appel à la vigilance.
Le bilan du secours en montagne, établi pour la période du 1er novembre 2024 au 30 septembre 2025 par les unités spécialisées, s’avère particulièrement lourd pour le département des Hautes-Pyrénées.
Le bilan du secours en montagne, établi pour la période du 1er novembre 2024 au 30 septembre 2025 par les unités spécialisées, s’avère particulièrement lourd pour le département des Hautes-Pyrénées.
Jean Salomon rappelle qu’en montagne, les risques y sont souvent plus importants que sur la route. Il est essentiel de rester vigilant : consulter la météo, partir équipé adéquatement, faire appel à un guide si nécessaire, veiller à avoir une batterie chargée, emporter une carte, et être prêt à attendre si la situation l’impose. « Derrière ces secours, il y a des hommes et des femmes qui s’engagent, prennent des risques et mettent leur vie en jeu pour sauver celles des autres. Ce risque n’est pas une fatalité ni une entrave pour les secours, mais, collectivement, nous devons tous faire preuve de responsabilité, aussi bien en montagne qu’en voiture. »
Sur la saison estivale :
- 462 interventions ont été réalisées soit 9,5% de plus qu’en 2024.
-67,3% sont liées à une activité de randonnée.
-Les activités de VTT ont engendré 12,9% des interventions.
-504 victimes.
-14 décès dans les montagnes.
-les opérations héliportées avec Choucas65 de la gendarmerie, Dragon 64 de la sécurité civile et des hélicoptères privés représentent75% des interventions.
Le PGHM a porté secours à 258 personnes dont 165 blessés, 82 indemnes et 11 personnes décédées pour un total de 227 interventions.
Les CRS ont porté secours à 246 personnes dont 141 blessés, 74 indemnes et 3 personnes décédées pour un total de 235 interventions.
Sur la saison hivernale :
-210 interventions -9 décès.
Les chiffres illustrent l’intensité et la dangerosité des activités de secours en montagne . Au cours d’une seule journée, le Peloton de Gendarmerie de Haute Montagne (PGHM) a effectué pas moins de 17 régulations, témoignant d’une forte activité d’intervention face à des situations d’urgence. Par ailleurs, durant la semaine du 15 août, la centrale de la CRS Pyrénées a mobilisé ses équipes pour 58 secours, illustrant la multiplication des incidents dans cette période de forte fréquentation touristique et de conditions souvent imprévisibles en montagne.
Ces statistiques témoignent à la fois de la vigilance nécessaire et de la charge importante qui pèse sur les secours, constamment mobilisés pour venir en aide à ceux qui se mettent en danger. « Cependant, cette réalité est aussi marquée par une tragédie : en avril dernier, avec la disparition de l’un des nôtres, Olivier Mariande, qui a perdu la vie en opération », rappelle le préfet Jean Slomon.
« Ce drame rappelle à tous la gravité de ces missions, souvent risquées, effectuées par des secouristes dévoués, dont le courage et le professionnalisme sont indispensables pour sauver des vies. La montée en intensité des interventions, notamment durant la saison estivale, souligne l’importance de la prudence en montagne, mais aussi la nécessité de soutenir et de respecter ceux qui veillent sur notre sécurité dans ces environnements hostiles ».
« La loi montagne impose la mise en place d’un dispositif de secours spécifique pour la période hivernale. En revanche, cette réglementation ne concerne pas l’été, notamment pour les bike-parks. Face à cette situation, les équipes de secours ont engagé un échange avec les exploitants pour élaborer des mesures adaptées à la saison estivale. Parmi ces initiatives, ils ont notamment insisté sur la nécessité de désigner un interlocuteur sur place, capable de fournir rapidement des informations cruciales telles que la localisation précise des victimes et leur premier bilan médical »,a explique Sébastien Abadie, de la CRS Pyrénées.
Ces démarches visent à améliorer la réactivité des secours en montagne durant l’été, une période où l’afflux de visiteurs dans les zones de pratique sportive en plein air augmente significativement. La collaboration entre les secouristes et les exploitants est essentielle pour garantir une prise en charge efficace et rapide, réduisant ainsi les risques pour les personnes en difficulté.
Selon un médecin spécialiste en montagne du Samu 65, « ces victimes ne disposent pas forcément d’une préparation physique adaptée et présentent fréquemment des pathologies graves, telles que des polyfractures ou des polytromatismes, ce qui complique encore davantage leur prise en charge lors des secours en montagne ».
« La fréquence élevée des accidents en montagne exerce une pression considérable sur la chaîne de soins et cette situation comporte un risque réel de saturation des services hospitaliers ce qui complique la gestion des prises en charge et peut retarder le traitement d’autres patients. » explique le directeur du CH Tarbes-Lourdes,
Les secouristes précisent :
Les zones blanches, c’est-à-dire les secteurs dépourvus de couverture téléphonique, posent un réel défi pour les opérations de secours. « On constate une augmentation des sollicitations pour la recherche de personnes dont les proches n’ont plus de nouvelles. C’est pourquoi il est essentiel de ne pas mettre son téléphone en mode avion avant de partir en montagne, afin de faciliter la localisation en cas d’incident. »
« À l’approche de la saison hivernale, qui voit généralement une affluence accrue dans les massifs, ils appellent à la prudence et au strict respect des consignes de sécurité. La montagne, rappellent-ils, n’est ni juste ni injuste : elle est simplement dangereuse. Chaque pratiquant doit prendre conscience des risques, se préparer convenablement, et adopter une attitude responsable pour préserver sa sécurité et celle des autres ».
Le médecin attire l’attention des utilisateurs de gourde filtrante :
« Ce dispositif ne permet pas de rendre l’eau potable. Nous avons enregistré de nombreux cas d’intoxications graves liés à la consommation d’eau non traitée. Selon les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la première précaution à prendre est l’ébullition de l’eau, qui élimine la majorité des agents pathogènes. En second lieu, il est conseillé d’utiliser des filtres ou de traiter l’eau avec des pastilles spécifiques pour assurer sa potabilité. La règle essentielle, cependant, reste d’anticiper : il est primordial d’emporter en quantité suffisante d’eau lorsque l’on pratique une activité en montagne ou en plein air, afin de limiter le risque de consommation d’eau non traitée ou contaminée. Cette vigilance est la meilleure garantie pour prévenir les intoxications et préserver la santé lors des sorties en nature ».
Nicole Lafourcade
rédaction
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