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François Fortassin de retour de mission en Bosnie Herzégovine.

mardi 28 avril 2009

Si certains de nos concitoyens sont surpris de ne pas voir les parlementaires dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale ou du Sénat, François Fortassin http://www.senat.fr/senfic/fortassin_francois01003g.html , sénateur et vice-président du conseil général des Hautes-Pyrénées, dans le cadre d’une mission sénatoriale (1), nous apporte la preuve qu’il leur faut parfois sortir de leurs murs pour mieux connaître l’environnement politique qui participe à leurs décisions.
Dans le cadre de cette mission d’où revient notre sénateur, il s’agissait de se faire une idée de la situation en Bosnie-Herzégovine, petit pays d’apparence insignifiante, à peine plus grand et plus peuplé que la Région Midi-Pyrénées mais qui fut à l’origine de la Grande Guerre 14-18 et d’affrontement politico-ethniques il y a encore quelques années sans qu’une paix et un climat de sérénité ne soient encore trouvés.

Des ministres en quantité… et une organisation ethnique
D’entrée, François Fortassin exprime sa surprise à son arrivée dans un pays qui pourrait ressembler à la campagne française, paisible et bien tenu. « Pour 4 millions d’habitants, il y a 3 Présidents de la République, 13 Premiers Ministres et 180 à 200 Ministres. » La situation est presque caricaturale. Bien souvent, nous parlons d’ethnies lors de conflits en Afrique, eh bien la même situation existe à notre parte, en Europe, en Bosnie-Herzégovine. Trois ethnies se sont affrontées et se regardent aujourd’hui sans qu’un accord de paix durable n’existe.
Pour comprendre, si cela est toutefois possible, la complexité du problème, commençons par regarder une carte synthétique du pays (pdf 01) pour voir les trois ethnies en présence :
• Bosniaques dits plus couramment « musulmans », en vert
• Serbes en rouge
• Croates en bleu
(Voir le découpage avec les principales villes – pdf 02)

Ajoutez à cette complication des mariages mixtes, des territoires isolés des uns ou des autres, des voisinages multiples…. Et vous avez les éléments d’une poudrière sachant que croates et serbes ont la double nationalité leur évitant ainsi d’avoir besoin d’un visa pour voyager dans l’Union Européenne contrairement aux Bosniaques.

Les cloches sonnent pour la prière des musulmans
Autre surprise. « Lorsque les musulmans appellent à la prière, les cloches des églises se mettent immédiatement à sonner. » nous dit François Fortassin. La guerre des prières ? Ou encore « le nombre de cimetièrse en arrivant à Sarajevo », la capitale.
La paix relative est basée sur les accords de Dayton conclus en décembre 1995 qui prévoient un « Etat central faible » avec un Conseil des Ministres représentant toutes les composantes de la société. La faiblesse de l’Etat central est telle qu’il y a deux entités : la République Serbe, soutenue par les Russes et la Fédération de Bosnie-Herzégovine regroupant les Bosniaques dits Musulmans et les Croates sans parler de la spécificité de Brcko. Situation délicate que nous pouvons appréhender sur la carte des cantons de la fédération (pdf 03). Et la situation n’est pas prête de s’améliorer.

Des objectifs de paix étonnants
Depuis 1995, le Conseil de mise en œuvre de la Paix doit réaliser 5 objectifs dans le cadre de deux conditions (pdf 04). Vu le niveau des objectifs comme la répartition des propriétés militaires dans un pays où l’armée est à l’état reliquaire… Nous ne sommes pas prêts d’aller à l’essentiel. Mais la notion « d’essentiel » n’a pas forcément la même valeur pour tout le monde. Toutes les ethnies, sans parler des nombreux partis politiques (voir la liste pour la Serbie pdf 05) sont représentées mais le règlement des problèmes n’est pas d’actualité. « La population a le sentiment que cet Etat n’a pas de souveraineté » nous dit François Fortassin. Comment peut-il en être autrement ? « Le pays est complètement éclaté avec une relative tranquillité mais il n’a pas d’espérance… il n’y a manifestement pas d’agressivité mais chacun se tourne le dos. » En clair, personne ne se parle persuadé que l’autre n’est pas d’accord. « Le pays est bien entretenu et ne donne pas l’impression de difficultés ». Il faut dire qu’avec une diaspora de 1.5 millions d’individus aux Etats-Unis, en Scandinavie … qui envoie de l’argent pour 4 millions d’habitants sans parler des aides de la Russie aux Serbes, de l’Arabie Saoudite aux Bosniaques, le pays est sous perfusion permanente.

Aucune confiance….
« La population n’a aucune confiance dans les responsables politiques » nous dit-il. Et on arrive à des situations incroyables où « un même village a trois écoles parce qu’ils n’ont pas la même vision historique ».Une situation qui a pour conséquence d’entretenir la méfiance voire la défiance et les relations conflictuelles. Les criminels de guerre sont en liberté dans tous les camps et se côtoient, rencontrent leurs victimes dans les villages, ce qui occasionne parfois quelques règlements de compte. Nous voyons que le risque de conflit est permanent d’autant que chaque ethnie a sa propre police et à chaque départ de troupes hors de la partie Serbe, le remplaçant informel est… la Turquie.
Aux portes de l’Europe et à quelques heures de Paris, il est effectivement important que nos parlementaires s’informent et s’imprègnent de la complexité de la situation de ce petit pays qui a souvent été à l’origine de grands conflits.

Louis Dollo
• Note de situation sur la Bosnie-Herzégovine (pdf) ci-dessous :

(1) La mission sénatoriale était composée de trois sénateurs : François Fortassin (PRG), Jack Ralite (PS) http://www.senat.fr/senfic/ralite_jack95060h.html , ancien ministre et François Pillet (UMP) http://www.senat.fr/senfic/pillet_francois07034q.html . François Fortassin a également participé à une mission sur « La Croatie : une « nouvelle Côte d’Azur » pour l’Union Européenne ? » effectuée en Croatie du 15 au 19 juillet 2008 http://www.senat.fr/noticerap/2008/r08-049-notice.html

pdf1 ci-dessous
pdf2 ci-dessous
pdf3 ci-dessous
pdf4 ci-dessous
pdf5 ci-dessous

_ [bleu]Mis en ligne mardi 28 avril 2009[/bleu]