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Cognac : Mise à pied de Fabrice Landreau

vendredi 21 octobre 2022 par Rédaction

Fabrice Landreau a été mis à l’écart sans ménagement à l’issue de la lourde défaite 13-32 contre Blagnac. On peut comprendre qu’un entraîneur, qui s’est sauvé de la relégation de justesse et qui vient de perdre six rencontres consécutives, dont trois à domicile, soit écarté pour provoquer un choc psychologique. Mais il y a la manière avec un homme de la trempe de Fabrice Landreau, ancien joueur de haut niveau (Champion de France avec le Stade Français, Vice Champion de France avec Grenoble), talonneur international, entraîneur de grands clubs (Stade Français, Grenoble, Toulon, Belgique), qu’on ne vire pas entre deux portes comme un vulgaire pékin. Interdit de vestiaires, avec son adjoint Jone Daunivucu à l’issue de la rencontre, par les deux co-présidents Christophe Lacombe et Lilian Tessendier, Fabrice Landreau est tombé des nues. « Les Présidents nous ont interdit de rentrer ainsi qu’aux dirigeants. Ils se sont isolés avec les vingt-cinq joueurs qui avaient joué. Les Présidents étaient très remontés. Ils ont demandé des explications aux joueurs. Qu’est-ce-qui se passe ? Qu’est-ce-qui ne va pas ? Quelques joueurs ont dit que ça n’allait pas avec moi. » Tous les joueurs ont été convoqués le lundi à 9h00 au Centre d’Entraînement pour procéder au vote avec 80 % contre le maintien de Fabrice Landreau au poste d’entraîneur.

Je n’ai rien vu venir

Certes les mauvais résultats laissaient prévoir une telle décision mais rien ne l’avait alerté sur cette défiance à son égard. « Je n’ai rien vu venir du côté des joueurs. Je n’ai pas eu d’alertes, je n’ai pas eu de retours. Personne n’est venu me voir pour me dire que ça n’allait pas. Je ne pensais pas qu’il y avait une fracture. Les entraînements et les engagements étaient corrects. Personne ne trichait ou tirait au flan. » Malgré toute son expérience de joueur et d’entraîneur, Fabrice Landreau ne se doutait de rien. « Je n’ai pas senti que les joueurs souhaitaient mon départ. Ce sont des choses qu’on sent quand le Groupe n’adhère plus. Il y a des comportements, il y a moins d’entrain aux entraînements. On le sent vraiment et là je n’ai rien ressenti. » Pour lui, rien dans le comportement des joueurs ne laissait prévoir un vote de défiance d’une telle ampleur. « C’est pourquoi, j’ai été extrêmement surpris d’apprendre qu’il y avait 80 % du vestiaire qui souhaitaient que je parte. » Même son adjoint Jone Daunivucu, pourtant proche de ses anciens coéquipiers, ni les Présidents, ne l’avaient averti d’un différent avec les joueurs.Aucun joueur, même des cadres comme Praud ou Billou, ne sont venus lui dire ce qui n’allait pas. « Ce qui aurait été honnête et loyal, c’est qu’on vienne me dire ce qui n’allait pas. Que les joueurs me disent, coach il y a un truc qui ne va pas. Soit on change des choses, soit on peut plus continuer avec toi. » Quelque part Fabrice Landreau se sent trahi par la manière. « Ce sont des choses qui se préparent en amont. Ça ne se fait pas sur le coup de l’émotion d’une sixième défaite et en deux heures. Honnêtement je n’ai toujours pas digéré, parce que je n’ai pas compris, en fait. Si on m’avait plus ou moins averti, comme ça aurait dû se faire. Si on m’avait dit, écoute Fabrice, honnêtement, ça ne va pas plus, les joueurs n’adhèrent plus, c’est pour ça que les résultats ne sont pas bons. On ne peut plus continuer comme ça, j’aurais compris. » La moindre des choses, pour lui, aurait été de faire une réunion avec les présidents, les joueurs et l’encadrement, pour mettre les choses à plat et voir ce qu’il fallait changer. L’incompréhension est d’autant plus grande qu’avant le match et même à la mi-temps, rien ne laissait présager la suite des évènements. « On était tous main dans la main prêts à se battre, pour aller chercher la victoire. » C’est à la réception d’après match, que l’entraîneur a finalement appris, de la part des Présidents, ce que les joueurs lui reprochaient. « Je gueule de trop aux entraînements et les joueurs n’arrivent pas à mettre en place le projet de jeu. »

Il faut d’abord que j’analyse les raisons de mon échec

Fabrice Landreau, ce mercredi, était toujours salarié du club, mais il ne se faisait guère d’illusion sur son avenir. Etant en CDI, son licenciement ne coûtera pratiquement rien au club. Il ne sait pas de quoi son avenir sera fait mais avant d’essayer de rebondir, il veut tenter de comprendre ce qui s’est passé. « Déjà, il faut que j’analyse les raisons de mon échec. Pourquoi les joueurs n’ont-ils pas adhéré ? Qu’est-ce-qui n’a pas fonctionné ? Pourquoi le vestiaire ne m’a plus fait confiance. Une fois que j’aurai ces réponses, que j’aurai mis des mots là-dessus, j’essaierai de ne plus reproduire ces erreurs. Car j’ai encore envie de vivre de ma passion, de partager et de faire partager cette expérience que j’ai pu acquérir après toutes ces années. Les échecs sont de la responsabilité d’un entraîneur. Mais un entraîneur fait ce qu’il peut, avec les moyens qu’il a. » Des moyens limités, avec un effectif réduit au strict minimum, pour exister dans un championnat dur et exigeant comme la Nationale. Depuis le début de la saison Cognac, à l’exception du dernier match, n’a pu présenter une feuille de match complète avec 23 joueurs. En plus des blessés, le calendrier, plutôt compliqué, avec des déplacements à Dax, Tarbes, Chambéry et les réceptions des deux « Gros » Valence-Romans et Bourg-en-Bresse, n’a pas arrangé les choses. La venue de Blagnac, qui devait permettre de relancer la machine et de repartir sur de nouvelles bases a tout fait dérailler et Landreau en a payé les pots cassés. Rien dans le comportement des joueurs, avant le match et pendant le match, ne laissait préjuger que ses hommes le laisseraient tomber en rase campagne. L’ancien talonneur se sent trahi, car il est d’un monde où les choses se disaient face à face et se réglaient dans les vestiaires ou sur le terrain. Là, a priori, personne n’a osé lui parler, lui faire des reproches, yeux dans les yeux. Une fois de plus, des mauvais résultats ont été mis sur le dos d’un entraîneur et non des joueurs, qui sont pourtant les premiers responsables sur le terrain.

Propos recueillis par Jean-Jacques Lasserre