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Ulrich Prétorius

mercredi 14 septembre 2022 par Rédaction

Le rugby, c’était toute ma vie

Le talonneur sud-africain est revenu samedi à Trélut pour le match contre Cognac. Un mauvais souvenir pour lui qui a vu toute sa vie de rugbyman s’écrouler contre cette même équipe de Cognac il y a deux ans. Après une lourde opération et plusieurs mois de souffrance à la maison et de travail en rééducation et au stade pour retrouver son physique, Ulrich Prétorius a dû mettre un terme à sa carrière. « Le souci, c’est que j’avais une anormalité aux cervicales. D’habitude, on met que deux vis mais là, le chirurgien a dû en mettre quatre. Au lieu de 1h30, l’opération a duré 4h30 et c’était une opération très délicate. Si ça avait été une opération normale, j’aurai pu continuer à jouer au rugby. » Le Sud-Africain a tout tenté pour pouvoir rejouer, renforcement musculaire, rééducation. « J’ai fait tout ce que je pouvais et même encore plus pour pouvoir rejouer. » Alors qu’il avait retrouvé ses coéquipiers à l’entraînement, la nouvelle brutale est tombée après un ultime examen, suite une douleur ressentie aux cervicales. « Le chirurgien m’a dit que je devais m’arrêter immédiatement. Que m’a blessure était très grave. Il m’a expliqué que je pouvais être paralysé ou même mourir. Sa vie toute entière consacrée au rugby s’écroulait pour de bon. « Le rugby c’était toute ma vie. J’ai vibré toute ma vie pour le rugby. » Une première fois déjà il s’était relevé d’une déchirure du tendon d’Achille alors qu’à trente ans, son avenir rugbystique était presque derrière lui. Le Sud-Africain était venu rebondir à Tarbes où il était devenu un cadre et un leader incontournable et incontesté du Stado TPR jusqu’à ce funeste match du 23 octobre 2020 où il est sorti sur une civière après neuf minutes de jeu à peine.

J’ai cassé mes cervicales sous le maillot du Stado

Mais peu à peu, avec le soutien de sa femme, l’ancien talonneur s’est fait une raison et a décidé de tirer un trait sur sa vie d’avant. « J’ai réalisé que la vie c’est court et que ce n’était pas que le rugby. Alors, j’ai saisi cette opportunité pour faire mon Masters. » L’ancien talonneur est amer parce que personne au club, à part les joueurs, n’a pris le soin de prendre de ses nouvelles et de se soucier de son avenir. « Personne ne m’a appelé alors que j’étais très mal, quand le chirurgien m’a appris que je ne pourrai plus jamais jouer au rugby. » Un manque de gratitude qui a profondément déçu Ulrich Prétorius. « Je n’arrive pas à comprendre, parce que j’ai cassé mes cervicales sous le maillot du Stado. C’est triste parce que ce n’est pas dans la culture du rugby. » Ses anciens coéquipiers et les supporters ne l’ont pas oublié et ils étaient nombreux, samedi soir après le match, à le saluer ou à lui demander des nouvelles. Lionel Terré, en personne, est venu lui serrer la main. « J’ai toujours des copains au club et c’est pour ça que je suis venu au Stade. Je suis venu aussi pour supporter les copains qui jouent encore. Ce sont des copains et je viens pour eux. On discute un peu et je suis très heureux de leur victoire. »

Une nouvelle vie professionnelle, avec le rugby en partage

Avec son expérience et sa notoriété le talonneur sud-africain aurait pu rendre service auprès des jeunes des jeunes du club ou au niveau du recrutement de joueurs sud-africains qui évoluent en France ou à l’étranger. « J’avais envie de partager mon expérience du rugby avec les jeunes ou les joueurs qui veulent progresser. Jamais Tarbes ne m’a donné cette opportunité et ne m’a demandé de les aider alors que j’habite à côté. » Aujourd’hui, Ulrich Prétorius vit toujours dans un village de la périphérie tarbaise où il s’était installé lorsqu’il jouait. Le Sud-Africain a profité de son arrêt pour terminer ses études et travaille chez Alstom. A la fois anglophone et francophone, son profil intéresse l’entreprise française qui souhaite le faire travailler dans une de ses filiales à l’étranger. « J’ai fait mes Masters à Pau et je suis coordinateur des finances chez Alstom. Je suis très content d’être resté et d’habiter ici. J’ai un contrat de deux ans et après je pourrai rester ou aller au Canada parce que je suis bilingue. » Toujours passionné par le rugby et son envie de transmission, l’ancien talonneur a rejoint deux anciens tarbais, le seconde ligne James Percival et l’ouvreur Nicolas Laharrague qui entraînent Orthez en Fédérale 2. Leur ambition est de faire monter le club en Fédérale 1.

Propos recueillis par Jean-Jacques Lasserre