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Retour sur Tarbes-Chambéry

lundi 28 mars 2022 par Rédaction

Evolution du score : 3-0, 10-0, 17-0, 20-0, 20-3, 20-6, 23-6 / 23-13, 23-16, 30-16, 30-23

Côté Chambérien

A noter que c’est la seconde fois, après Albi (30-19), que Chambéry encaisse trente points et que sans l’essai opportuniste de Phillips, inscrit à la dernière minute, ça aurait été l’écart le plus grand jamais encaissé cette saison. Et ce, chez une équipe mal classée qui avait pris 45-0 au match Aller. C’est dire si les Savoyards, qui avaient prévu de revenir victorieux, tiraient grise mine à l’issue de la rencontre. D’autant qu’après une entame catastrophique 20-0 au bout de 18 minutes et un score réduit uniquement sur pénalité, Chambéry était mené 23-6 à la mi-temps. A la reprise, les Savoyards ont alterné avec du jeu au pied de pression et ils ont remporté la seconde période 17-7, sans pouvoir complètement déstabiliser une défense à la limite de la rupture physique.

Philippe Pierdomenico : Malgré tout, un point bonus qui vaut de l’or

Depuis l’éviction du Président Garçon en novembre dernier, le SOC fonctionne avec deux Co-Présidents Philippe Pierdomenico et Frédéric Girard. Malgré l’amertume d’une défaite innatendue, le premier Co-Président assume de prendre la parole devant la porte d’un vestiaire silencieux. « On a des joueur cadres blessés mais ça n’explique pas le trou d’air qu’on a eu en première mi-temps où on fait trop de fautes. On est beaucoup pénalisé et on prend beaucoup trop de points. On perd aussi beaucoup trop de ballons au sol. On revient un peu trop tard car si on est moins loin à la mi-temps, je pense on aurait peut-être pu prétendre à au moins un match nul. » Philippe Pierdomenico est très déçu, comme l’ensemble de ses troupes, car il ne s’attendait pas à perdre après la démonstration du match Aller. « Il y a de l’humain et l’humain, on ne sait pas comment il réagit inconsciemment. On était venu pour faire un résultat mais on a fait beaucoup trop de fautes techniques, avec des ballons perdus au sol, des ballons arrachés… Après, c’est difficile d’être dans l’avancée et de marquer des points. Après, je félicite quand même les joueurs car ils vont chercher le point du bonus qui vaut de l’or. » Le Co-Président, sportivement, rend aussi hommage aux Tarbais. « Félicitations à Tarbes, qui a fait un très gros match. Tarbes a joué avec ses armes, il a été très vaillant et il a marqué des points quand il le fallait. »

Julien Primault : Trop de fautes, trop de pertes de balles, trop de ballons grattés

Le capitaine ne cache pas sa désillusion. « On avait coché Tarbes dans les cinq derniers matchs pour espérer jouer les Phases Finales. On est très déçu de prendre 30 points même si c’est légitime. Il faut féliciter Tarbes qui a réussi à nous contrer et qui nous a mis à la faute. On offre trop de fautes dans notre camp au début et ça, l’arbitre le voit et le garde en tête. On n’a pas réussi à se mettre l’arbitre dans la poche au début et on a l’impression qu’ensuite tout était contre nous. Après, pour rattraper vingt points c’est difficile et ça a été très dur de se remettre dans la partie, de garder notre rythme. » De plus Chambéry est tombé sur une défense agressive, bien en place et qui coulissait bien collectivement pour briser les vagues successives. « Ils nous ont bien lus. On a essayé de naviguer, de les essoufler mais on a fait trop de fautes de mains, de perte de balles, des ballons grattés, qui ont fait la différence pour Tarbes qui n’a rien lâché. »

Cyril Villain : Tarbes mérite sa victoire

Chambéry, depuis le début de la saison ne déroge pas aux principes de jeu mis en place par leur Manager. « On essaye de produire des choses, après, tout est loin d’être parfait parce que malheureusement, on a le sentiment d’avoir donné des points, face à une équipe qui a été courageuse, qui a été opportuniste sur le début de match et qui a profité de nos trop nombreuses fautes. Il faut qu’on joue mais avec un peu plus de cohérence. On a manqué de jeu d’occupation en début de match face à une belle défense de Tarbes qui était bien sur les largeurs. C’est difficile de gagner quand on est mené 20-0 au bout de vingt minutes et malgré tout, on revient à sept points et j’ai le sentiment qu’on commence à prendre l’ascendant physiquement face à une équipe qui est en difficulté. Et puis, on prend cet essai qui leur assure la victoire. » Cyril Villain est partagé car son équipe aurait pu repartir bredouille de Bigorre. « On est plutôt satisfait d’avoir été chercher ce bonus, malgré cette entame ratée même si ça reste une déception parce qu’on était venu chercher un résultat ici et qu’on n’a pas su ramener les quatre points. » L’ancien centre, spécialiste de la défense et des sorties de camp, reconnaîssait lui aussi la part des Tarbais dans cette contreperformance. « Tarbes a de très bonnes qualités et elle aurait dû gagner à Dax, sans malheureusement cet essai en toute fin de match sur une pénaltouche. On savait qu’ils auraient cet esprit revanchard et qu’ils joueraient leur maintien. Il n’y a pas eu de suffisance de notre part. On est tombé sur une équipe qui a su profiter de nos erreurs et qui a été opportuniste sur l’entame du match. Tarbes mérite sa victoire, il n’y a rien à dire. Mais avec un peu moins d’erreurs, un peu plus de lucidité, on aurait pu aller chercher un meilleur résultat qu’un bonus défensif. » Un moindre résultat toutefois, car Chambéry conforte sa place en haut de tableau. « Ce serait une grosse déception, si on ne terminait pas dans les six car on y est depuis le début de la saison. »

Côté tarbais

Les Tarbais, survoltés, se sont envolés au score avant de subir, physiquement, la puissance et l’intensité des Savoyards. A noter que malgré des absences, Chambéry présentait dans le Quinze de départ, dix des joueurs qui s’étaient imposés à Soyaux-Angoulême. En plus ils enregistraient les retours de Cilliers à l’ouverture, de Nenning à l’aile, de Gregeois en seconde ligne et de Kundiona en première ligne. Sans compter un banc de qualité, avec Lorenzon, Sauzaret, Potutele, Dance Lacombe, Phillips et Mawalu…D’autant que les Tarbais ont été amoindris en cours de jeu par les sorties sur blessures de Palisse, Réal et de Sajous, tout juste rentré en jeu. Les sorties combinées de Duny (saignement) et de Palisse, ont déstabilisé la mêlée tarbaise souveraine jusque là. Le retour de Duny à droite et le repositionnement d’Erasmus à gauche, ont remis les choses dans l’ordre. Cette victoire, la première contre un des « six premiers » depuis le match d’ouverture contre Soyaux-Angoulême, confirme le renouveau des bigourdans qui restent dans la continuité de l’état d’esprit affiché ces dernières semaines. Les Tarbais, en plus du combat, ont retrouvé cette efficacité, près des lignes, qui leur faisait défaut jusqu’ici et qui peut expliquer leurs mauvais résultats malgré un état d’esprit remarquable.

Alexandre Duny : On a mis de l’agressivité en défense

Le droitier a certainement accompli un de ses meilleurs matchs sous le maillot du Stado. En tout cas, c’est sa meilleure prestation depuis son retour à Tarbes, même en exceptant ses deux essais. Une première dans sa carrière, qui prouve sa détermination et sa gagne, car il était à point nommé pour propulser sa masse dans l’en-but alors que jusqu’à présent il se contentait de pousser au cul de ses partenaires pour les faire marquer. « Sur le premier, c’est à la suite d’un ballon porté, on avance avec Enzo (Mondon), il est pris, j’arrive à lui arracher le ballon et à marquer. Le second, c’est sur le jeu courant, c’est la Mille (Millet) qui fait tout, il fixe et je n’ai plus qu’à rentrer ma course… », explique tranquillement Alexandre Duny. Un second essai qui consolide la victoire à trois minutes de la fin alors que Chambéry jouait son va-tout pour arracher le match nul. « C’est dommage qu’on concède cet essai à la fin mais le boulot était fait. » Une victoire construite en début de match en étouffant un adversaire venu pour s’imposer. « On a fait le job. On a mis de l’agressivité en défense. Avec cette agressivité on récupère des ballons et derrière, on les exploite super bien et on arrive à marquer. » Le pilier confirme la confiance retrouvée de l’ensemble de l’équipe qui avait envie de se racheter du match Aller. « On avait tous dans la tête ce 45-0 qu’on voulait effacer à domicile. On s’est un peu appuyé dessus mais surtout, on est resté sur la même dynamique de nos derniers matchs. A Dax, c’est dommage qu’on perde, mais on reste sur la dynamique qu’on a gardé de ce match. » Impérial en mêlée face à Camara et à Lorenzon il s’est aussi multiplié en défnse en croquant le centre Neiceiru qui essayait de mettre le feu dans la défense.

Thomas Millet : On a réussi à casser leur structure de jeu

Le demi-de-mêlée, joue toujours avec ses broches dans la mâchoire après le report de son opération pour cause de Covid et le manque de disponiblité du Chirurgien surbooké par les opérations reportées. Surtout qu’enlever des broches n’a rien d’urgent même si pour un rugbymen le risque de récidive existe et dans ce cas une nouvelle fracture serait plus délicate à opérer à cause des plaques. Thomas Millet, qui a débuté sur le banc, a pu apprécier. « La première mi-temps était complètement maîtrisée, on marque d’entrée, puis on tient le score jusqu’au bout. Ils ne nous sont jamais passés devant. En seconde mi-temps, avec un peu de fatigue, car ils ont une belle attaque, ils ont réussi à mettre un peu de rythme. Mais on s’est filé en défense tout en continuant à attaquer et on marque un essai qui les met à deux essais d’écart. Ils marquent un dernier essai à la fin parce que tout le monde est sur le bord de la rupture. Mais on n’a jamais rien lâché et c’est bien, dans l’optique du maintien. » Chambéry, comme au match Aller et comme lors de tous ses matchs, impose des vagues d’attaques incessantes que Tarbes a bien réussi à maîtriser. « Ils font du large large et on avait vu à la vidéo qu’il fallait monter fort pour couper tous les extérieurs. C’est ce qu’on a su bien faire en première mi-temps et un peu moins en seconde avec la fatigue. On a réussi à casser leur structure de jeu et ils nous ont rendu tous les ballons au pied et pendant ce temps, au moins, on ne prend pas d’essai (rires…).

Mathieu Berbizier : Une première mi-temps presque parfaite

L’ouvreur tarbais, qui a assuré un intérim à la mêlée durant l’exclusion de Lhusero, savourait cette victoire cruciale au goût de revanche. « Franchement, elle fait plaisir, celle là. En plus, elle est importante. » Tous avaient, dans un coin de la tête, l’humiliation du match Aller. « On en avait pris 45 et on n’avait pas envie que ça se reproduise. On n’avait surtout pas envie de montrer le même visage qu’à Chambéry. On avait envie de les agresser et de ne pas se laisser faire. » Du coup les Tarbais n’ont rien lâché face aux premières vagues en prenant les Savoyards à la gorge d’entrée. « On a très bien commencé ce match. Je crois qu’on ne pouvait pas faire une plus belle première mi-temps. On a été très efficace, autant dans la zone de marque que dans notre zone critique dans nos 22 mètres. On l’a bossé toute la semaine et on l’a bien fait. On n’a pas été débordé, on n’a pas été transpercé, et je pense qu’on a fait un très bon match défensivement, face à une des plus belles équipes offensives de la poule. Je pense qu’on a réalisé pratiquement une première mi-temps parfaite qui nous a permis de tenir et de gagner ce match. Même quand ils sont revenus à 23-16, on a eu ce sursaut d’aller marquer un essai supplémentaire pour repasser à deux marques. » Le second essai est anecdotique même si un 30-16 aurait eu plus de gueule par rapport au match Aller. « C’est juste après qu’on ait marqué. Inconsciemment, il y a un petit relâchement, on oublie le bord du ruck et le demi-de-mêlée en profite. C’est une erreur d’inattention et de concentration »,relativise l’ouvreur.

Thomas Lhusero : On a mis les ingrédients pour

Le demi-de-mêlée, qui prend l’ouverture quand Millet rentre, assure malgré un genou douloureux depuis Cognac. Heureusement la victoire fait un peu oublier les problèmes physiques. « On est très content. Il était temps qu’on fasse tomber un Gros et on a mis les ingrédients pour. On a eu une petite baisse de régime à un moment donné mais on a su se reprendre. On est très content de notre défense mais on aurait pu être meilleur en attaque. Mais au vu de la débauche d’énergie qu’on a eu en défense, on a eu quelques imprécisions en attaque. »

Maxime Oltmann : Tout s’est passé comme on l’avait bossé

Malgré le N°14 dans le dos, l’ailier occupait bien le poste d’arrière alors que Paulet, N° 15 dans le dos, jouait bien à l’aile. Ce n’était pas un coup d’intox pour tromper l’adversaire mais un simple souci de taille selon le jeu de maillots. Le même cas s’était produit contre Cognac, avec le centre Mamao qui portait le N°14 et ce même Paulet qui arborait le 12 alors qu’il jouait à l’aile, alors que les deux peuvent jouer aux deux postes. Maxime Oltmann confirme le désir de revanche qui animait l’ensemble de l’équipe. « On avait tous en tête l’image des 45 à 0 de là-bas qui avaient été très durs à digérer. On avait mis des choses en place pour les contrer et ça s’est passé exactement comme on l’avait bossé. On a réussi à tout mettre en place devant, avec la mêlée, la conquête et derrière, on s’est régalé. Défensivement on a fait un gros match. On a fait beaucoup d’efforts et on est tous beaucoup mâché. »  

Propos recueillis par Jean-Jacques Lasserre