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Retour sur Cognac-Tarbes

mercredi 27 octobre 2021 par Rédaction

Abattement, colère, incompréhension, honte, côté charentais 

Les vestiaires sont restés très longuement fermés des deux côtés, à Tarbes pour savourer et débriefer le match avant le départ en vacances obligatoires et à Cognac. Une demi-douzaine de dirigeants, dont les deux Co Présidents, étaient dans les vestiaires des Charentais pour exprimer leur abattement, leur incompréhension, leur colère rentrée et leur honte de l’honneur du club bafoué sur sa propre pelouse. Incompréhension, car les Charentais, dos au mur, auraient dû se surpasser face à une équipe Tarbaise en manque de confiance, elle aussi, après deux revers cuisants à Massy et contre Nice. Si certains pouvaient reprocher aux Charentais un manque de professionnalisme sur le terrain, il n’en était rien après. Le Co Président Christophe Lacombe, le Manager Fabrice Landreau, l’expérimenté Maxime Praud et le capitaine Mathieu Billou, n’ont pas fuit leurs responsabilités face aux micros. Après une défaite à domicile, c’est une chose assez rare qu’il faut souligner. Mais là, compte tenu de l’humiliation, c’est vraiment exceptionnel.

Christophe Lacombe : Je suis très, très, en colère

Après s’être confié à nos confrères de la presse locale, le Co-président s’est arrêté à notre micro. « C’était un match important pour nous parce qu’il fallait absolument gagner. Sans vouloir être désobligeant avec Tarbes, c’est une équipe à notre niveau. On a été absent, on a été défaillant, dans l’envie, dans le combat, en défense. En première mi-temps, Tarbes attaque quatre fois et il marque quatre essais. Ils marquent chaque fois qu’ils rentrent dans nos 22 mètres. On oublie de plaquer, on oublie de se replacer, on oublie tout… Je suis très, très en colère. » Aucune décision n’a été prise à chaud malgré des menaces à peine voilées à l’encontre de certains joueurs estimés défaillants. « C’est trop tôt pour prendre des décisions mais j’ai dit ce que j’avais à leur dire. Je n’ai pas l’habitude d’intervenir à chaud, mais là, il fallait le faire à chaud. » Compte tenu de la semaine de repos obligatoire, les dirigeants et le staff ne peuvent pas agir dans l’immédiat et doivent laisser les joueurs à leurs responsabilités. « On espère qu’il y ait une prise de conscience du Groupe. »

Maxime Praud : C’est une honte, on vraiment tous honte

Le grand seconde ligne, guerrier exemplaire, ne s’échappe pas non plus à l’épreuve de l’interview dans des moments compliqués à vivre. « Je n’ai jamais connu ça en quinze ans de carrière et en cinq ans avec l’Union. Prendre 60 points à domicile, je ne connaissais pas. On a un chat noir sur ce Stade de Cognac, où on a beaucoup de défaites, mais je pense qu’on a quasiment toujours pris le bonus défensif. C’est une honte, on a vraiment tous honte. Les Présidents et le staff, ont honte de nous. J’espère que ça va nous permettre de nous remettre la tête à l’endroit. On est peut-être à notre place aujourd’hui. On est jeune et on n’a peut-être pas l’expérience de Tarbes qui a des joueurs d’expérience. On pensait que, cette année, la jeunesse pourrait nous apporter un petit grain de folie, mais pour le moment non. Voilà, il reste 19 matchs et ce n’est pas fini mais, sincèrement, on va passer de mauvaises vacances. Bravo à Tarbes, qui s’est amusé avec nous. J’ai l’impression qu’ils ont fait un entraînement dirigé contre nous. Tout leur a réussi. Nous, il n’y a rien qui est passé. Rien, il n’y a rien même pas d’envie, rien… » Pourtant Cognac, a marqué un essai limpide en première main dès la troisième minute et a mené 10-0 (10ème) et 13-7 (16ème). « Oui, mais on a été pris sur la densité comme depuis plusieurs matchs déjà. On est pris à l’impact. C’est vrai qu’on rend pas mal de kilos aux équipes en face mais on doit pouvoir faire tomber ces mecs. L’année dernière, on mettait ces équipes sur le reculoir. Cette année, sur la densité physique, on subit tout, voilà. Je ne sais pas comment l’expliquer mais c’est problématique. Ils ont quatre ballons à exploiter en première mi-temps et on prend quatre essais. On est faible. On est faible physiquement et mentalement… » Un manque de densité qu’on peut expliquer par les absences de Hygonnet (127 kg) et d’Aho (120 kg) en première ligne mais il y avait les 115 kg de Sharashidze, les 116 kg de Drie, les 115 kg de Taputaï et de Toevalu, les 112 kg de Tougne devant. Davetawalu, avec ses 115 kg a bien marqué un essai en force avec quatre tarbais dessus… Derrière, ce n’était pas mal non plus avec les 98 kg de Karea, les 95 kg de Lotawa et les 88 kg d’Avinens et d’André… A part, les 121 kg d’Aulika, les 132 kg de Duny et les 127 kg de Maximin, les autres Tarbais n’étaient pas plus lourds devant. Derrière, Mamao (100 kg) et Stanaway (105 kg) avaient une demi-douzaine de kilos de plus que leurs vis à vis.

Mathieu Billou : Il faut absolument qu’on se remette en question

Le capitaine non plus n’élude pas son devoir malgré ces circonstances difficiles à vivre. « On mène, on fait une entame correcte, on mène 10-0. Mais c’était parce qu’ils n’avaient pas de ballon. Quand on leur a donné les occasions de garder le ballon, ils nous ont mis à mal physiquement. On a commencé à perdre toutes les collisions. Il y avait des surnombres de partout et derrière, c’était des déferlantes. On a joué contre une équipe qui était constamment dans l’avancée. Nous, on a eu du mal à garder nos ballons et à avancer. J’ai l’impression qu’on leur a tout donnée. Sur ce match, on n’est pas au niveau de la Poule. C’est dur mais juste. C’est le niveau réel de notre équipe sur ce match. Forcément, on est abattu. C’est terrible, ça fait mal. Je suis très malheureux mais malheureusement, individuellement et collectivement, il faut absolument qu’on se remette en question, pour repartir de l’avant. Il reste une vingtaine de matchs et on n’a pas d’autres choix que de ne rien lâcher et de travailler ensemble. »

Fabrice Landreau : C’est dur mais il faut qu’on se relève

Encore dans des vestiaires presque vides, à l’exception de son staff, longtemps après la fin du match, le manager n’hésite pas une seconde à nous rejoindre dans le couloir. Mine fermée il livre son ressentiment et sa déception. « Il y a vraiment un sentiment de honte, par rapport au résultat et par rapport aux clubs de Saint-Jean et de Cognac. C’est une défaite très, très, lourde, de soixante points à domicile. C’est très compliqué pour nous. Mentalement, c’est dur mais il faut qu’on se relève. A nous de faire le nécessaire pour se retrouver en meilleure posture à Dijon. On a un match important à Dijon, à la reprise et il faut relever la tête là-bas. Il faut qu’on arrive à gommer, au moins mentalement, ce résultat contre Tarbes. » Fabrice Landreau reconnaît. « Je ne crois pas que ce soit un non match de notre part mais on a été pris de partout. On n’a pas su s’opposer, on a manqué énormément de placages. On n’a quasiment pas existé sur la rencontre. Quand on prend soixante points, on n’existe pas ! On n’a pas trouvé les solutions pour pouvoir s’accrocher et jouer au moins le bras de fer. On était sans solution. On a eu quelques munitions mais malheureusement, on s’est retrouvé très vite bloqué. On a subi toute la puissance de Tarbes. J’ai le sentiment que, mentalement, on a baissé les bras. C’est sûrement dû à Tarbes qui est très costaud mais on a vraiment baissé les bras. » L’ancientalonneur international, réfute l’usure physique avec la succession de trois matchs très dur. « Non, non, parce qu’on a fait pas mal de rotations et j’avais fait tourner beaucoup à Bourgoin pour préparer ce match contre Tarbes. A un moment donné, personne n’avait la solution pour se mettre dans l’avancée. C’était vraiment très compliqué. » 

Côté tarbais

Le caractère d’un Groupe

Les Tarbais étaient partis avec l’idée de ramener au moins quelque chose face à une équipe qui jouait le couteau sous la gorge. Mais ramener une victoire et en plus bonifiée, est une grosse cerise sur le gâteau. Car au départ l’objectif, comme toujours, était de respecter les fondamentaux et de reprendre confiance après deux échecs consécutifs, dont un à Trélut. Malgré la déception de la défaite contre Nice, une trentaine de supporters tarbais avaient fait le déplacement en bus. Ils ont accueilli aux cris de « Stado, Stado… », les joueurs à leur entrée sur le terrain, comme du temps de la Fédérale 1, après une saison de Nationale gâchée par le huis clos. Des joueurs qui leur ont rendu, leur soutien tout au long du match, en allant leur serrer la main à la fin de la rencontre. Les Tarbais, malgré les dix points encaissés d’entrée, ont su répondre aussitôt pour revenir au score. Les deux essais en fin de première (39ème) et en début de deuxième mi-temps (42ème), ont fait basculer une rencontre plutôt équilibrée jusqu’alors. En pleine confiance, les Tarbais ont inscrit quatre nouveaux essais en seconde période, mais ils ont aussi défendu, becs et ongles, face à des Charentais qui jouaient leur va tout. Une victoire bonifiée, la première depuis deux ans, qui montre le caractère d’un Groupe qu’on croyait durement touché, après deux cruels échecs consécutifs.

Lionel Terré : On va prendre les matchs les uns après les autres

Comme toujours depuis le début de son mandat, Lionel Terré est de tous les déplacements et celui là restera comme un de ses meilleurs souvenirs. « Félicitations à l’équipe et au staff qui ont su se remobiliser après la défaite contre Nice qui a été une grosse désillusion. En fait, ça a été une bonne base de travail et on termine ce second bloc, avec toujours un match d’avance au classement Britannique. On ne peut être qu’heureux du contenu, avec notre jeunesse et nos qui tiennent toujours la route. » Le staff, les joueurs et le Président, se sont fixés entre eux, l’objectif de terminer à la sixième place. Objectif toujours dans les clous au soir de la septième journée, avec une sixième place au Général et une cinquième place au Britannique, mais Lionel Terré, reste réaliste. « Le championnat est tellement long et on est aussi tributaire des autres. On sait qu’on a un effectif réduit et on va prendre les matchs les uns après les autres. On s’est donné cet objectif entre nous. On est des compétiteurs mais on ne doit pas être prétentieux et présomptueux. L’Hiver est long… » D’autant que Combier (élongation), Duffau (entorse cheville) et Lhusero (main) sont sortis sur blessures. 

Florian Mansieux : Il faut qu’on garde cette mentalité

Le jeune troisième ligne, qui a d’abord vécu le match des tribunes puis sur le terrain, avoue sa surprise d’une large victoire bonifiée. « On était venu pour gagner parce qu’il nous fallait des points, parce qu’on avait perdu contre Nice à la maison. Ils on fait une bonne entame mais on a réussi à se ressaisir. Le score est ce qu’il est, mais c’est positif. Il faut qu’on garde cette mentalité là, de ne jamais rien lâcher. Cela nous avait fait défaut contre Dijon. »

Maxime Oltmann : On est récompensé de notre travail 

Dans un match fait pour lui, le félin ailier n’a pas marqué un seul des huit essais mais il a éclairé le match de ses fulgurances et il est intervenu sur plusieurs essais. Pour lui aussi, cette victoire bonifiée est une heureuse surprise. « On était venu surtout pour faire un bon match. Cela fait deux ans qu’on n’a pas marqué de bonus offensif et on est un peu surpris. Mais ça récompense tout le travail qu’on fait depuis le début aux entraînements. Enfin, on se paye un peu. » Contrairement aux deux dernières sortie, les attaques tarbaises ont fait mouche presque à chaque fois. « A force de bosser les enchaînements à l’entraînement, il y a tout qui rentre et là, c’est rentré. Mais il y a encore des choses à rectifier si on ne veut pas faire n’importe quoi. Il y a du positif mais il y a encore des petites choses à corriger. »

Morgan Rubio : C’était un match un peu fou, tout nous réussissait

L’ailier tarbais a marqué ses deux premiers essais de la saison dans un match à huit essais à l’extérieur. « C’était un match un peu fou. On a l’impression que tout nous réussissait. » Pourtant les dix premières minutes, sans ballon, avaient été catastrophiques. « Après l’entame où on perdait 10 à 0, j’avoue que j’ai douté un peu. Mais on voulait faire un beau match avant les vacances et on s’est réveillé. On sortait de deux prestations où on prend zéro point et il fallait au moins grappiller un bonus défensif. » Son essai, le premier de la rencontre, a libéré les Tarbais. Un essai splendide parti d’une relance avec Mamao qui s’arrache, raffute et retrouve Rubio qui marque, malgré un défenseur qui dévie la passe adressée à Dumestre. « Ça fait quand même plaisir d’en marquer même comme ça, parce que j’étais quand même à l’affut. » Son second essai, le quatrième de la rencontre, juste avant la mi-temps, va marquer les Charentais qui se retrouvent à 13-26. Cette fois, c’est sur un ballon de récupération joué dans l’intervalle par Lhusero, qui trouve Stanaway, qui remet à Oltmann, qui redonne à Stanaway, qui sert Rubio qui déborde et échappe au dernier défenseur. « C’est l’opportunisme et la prise d’initiative de Lulu (Lhusero) qui a payé. On était dans notre camp et on aurait pu dégager au pied mais on essayé de provoquer quelque chose. » Revenus à 10-7, les Tarbais se gênaient sur le renvoi provoquant une pénalité qui les repoussait à 13-7. « Je ne m’entends pas avec Lulu et il y a un en-avant repris devant. » Mais une fois de plus les Tarbais, par le premier essai de Réal, suite à une nouvelle percée de Lhusero, suivie d’un enchaînement des avants dans l’axe et d’une sautée, au large, pour le troisième ligne en position d’ailier 13-12 (30ème). En confiance, les Tarbais allaient relancer après une chandelle et Oltmann, après plusieurs enchaînements, décalait Mamao qui sprintait sans opposition 13-19 (30ème). Lalarme manquait la pénalité qui aurait permis à Cognac de revenir à 16-19 (38ème) et derrière, c’était le splendide deuxième essai de Rubio. Des Tarbais qui n’ont jamais douté après Massy et Nice, assure Morgan Rubio. « On est sûr de nos forces. Il n’y avait pas une crise de confiance en soi. On a une bonne conquête et derrière, ça fait deux ans qu’on joue ensemble. On a fait une bonne semaine avec Fabien (Fortassin) pour prendre de la confiance et travailler nos points faibles. Maintenant, il faut qu’on continue. On fait des choses, à l’entraînement, qui payent le week-end. Tout le monde a respecté les consignes et a joué son rôle pour le bien de l’équipe. » Le contraire de ce qui s’est passé contre Nice et peut-être à Massy. « Des fois, quand on est contré, on va chercher la solution ou l’exploit individuel, alors qu’il faudrait s’appuyer sur le collectif. »

Propos recueillis par Jean-Jacques Lasserre