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Retour sur Tarbes-Dijon

lundi 4 octobre 2021 par Rédaction

Verre à moitié plein ou à moitié vide ?

Il y a ceux qui voient le verre à moitié vide et ceux qui voient le verre à moitié plein. Les premiers regrettent des passes mal assurées, des occasions manquées, qui auraient pu tuer le match et peut-être amener un bonus offensif. Les seconds, se satisfont d’une large victoire qui n’était pas écrite d’avance, compte tenu de l’absence de Méron, Mamao, Saint-Guilhem et Ricart… Ils retiennent la conquête tarbaise, largement supérieure à la dijonnaise, avec une mêlée ultra dominatrice, l’engagement, l’intensité et la solidarité sans faille, face à une équipe ambitieuse venue pour gagner. Mais les deux se sont régalé des deux superbes essais tarbais venus de ballons de récupération très bien négociés…

Inversion de numéros

Tout le monde a pu s’apercevoir qu’en seconde mi-temps, Mathieu Berbizier portait le N°14 et Morgan Rubio le N°15. Pas d’échanges malencontreux de maillots à la mi-temps mais une erreur sur la feuille officielle de match. En l’absence de Michel Moreau, ses remplaçants ont inversé les numéros. Le Délégué s’en est aperçu et a demandé le changement des maillots à la mi-temps pour qu’ils correspondent à la feuille de match officielle.

Aurélie Groizeleau

L’arbitre Aurélie Groizeleau, 32 ans, est une ancienne internationale de rugby à VII. Une grave blessure la prive de sa première sélection à XV et la contraint à mettre un terme à sa carrière à vingt ans. Elle décide alors de se lancer dans l’arbitrage et devient rapidement arbitre de champ en Fédérale 1 et arbitre de touche, dans les matchs amicaux internationaux féminins. Il y a deux ans, elle a fait ses débuts d’arbitre central lors du « Tournoi des VI Nations Féminin ». Sur ce match Aurélie Groizeleau, qui n’a pas été très aidée par ses assesseurs sur les hors-jeu, a plutôt réussi une belle prestation, même si une faute grossière au sol, (non signalée par son arbitre de touche à deux mètres de l’action), a abouti à l’essai d’Altier. Un oubli qui a mis Dijon en position de remporter le match après avoir décroché le bonus. C’est finalement un hors-jeu, qui a sorti Dijon du Bonus dans les arrêts de jeu. Les joueurs, qui ont plutôt apprécié son arbitrage, ont respecté un peu plus les décisions arbitrales que d’ordinaire. « Personnellement, je l’ai trouvée bien. On l’a respectée un peu plus qu’un arbitre masculin », avoue le capitaine de Dijon. « Franchement, pour moi ça n’a rien changé », confirme Loan Réal. « Elle nous avait déjà arbitré l’année dernière et savait qu’elle favorisait l’équipe qui jouait au ballon. » Une confirmation ce samedi, puisque Tarbes et Dijon, ont été surtout pénalisés quand ils ne tenaient pas le ballon.

Côté dijonnais

La pilule était dure à digérer, avec une entame complètement ratée et 16 points encaissés en première mi-temps, sans en rendre un seul. D’autant plus dure à digérer, que les Dijonnais repartent à vide après avoir tenu le bonus défensif jusqu’au bout des arrêts de jeu. Ils pouvaient même espérer remporter le match grâce à un essai transformé en fin de rencontre. Un exploit qu’ils avaient réalisé à Soyaux-Angoulême où ils s’étaient imposés 16-20, avec deux essais coup sur coup en cinq minutes (77ème et 80+2).

Colin Lebian : Peut-être qu’on se voyait trop beaux

Le jeune capitaine de 21 ans, assis dans la cahute des staffs au bord du terrain, refaisait le match avec un coéquipier, alors que tous les autres étaient déjà dans les vestiaires. Il revient sur cette première mi-temps complètement ratée avec humour. « On n’avait pas mis le réveil, on était resté aux vestiaires. C’est compliqué d’exister quand on n’a pas la balle, on ne peut pas mettre notre jeu en place. On n’a fait que subir et défendre sans pouvoir marquer de points. » Avec des lancers en touches défectueux, une mêlée sur le reculoir, Dijon ne pouvait faire aucun lancement de jeu. « On se le dit tous les week-ends, la conquête au rugby, c’est primordial et là, on n’a pas réussi à rivaliser en conquête en première mi-temps. C’est sûr que c’est compliqué. On ne peut pas avoir nos ballons et on ne peut pas mettre notre jeu en place. » Les Dijonnais, qui avaient ciblé ce déplacement pour prendre des points, ont peut-être sous estimé une équipe privée de quatre de ses cadres. « Ils nous ont pris d’entrée à la gorge et peut-être qu’on se voyait trop beau, par rapport à nos deux victoires d’affilée. On s’est dit que ça allait être tranquille mais pas du tout. On est tombé face à une belle équipe de Tarbes qui proposait du jeu. Félicitations à eux. » En seconde mi-temps, avec l’entrée des cadres et de son talonneur, Dijon a puconserver ses ballons en touche même si la mêlée est restée en difficulté. « Oui là, c’était clairement nous. C’était le Stade Dijonnais et le jeu qu’on veut mettre en place. C’est ce qu’on s’est dit à la mi-temps. On ne pouvait pas finir sans mettre notre jeu en place. En début de mi-temps, on arrive à marquer et c’était super. » Malgré une seconde mi-temps plus aboutie, Dijon n’a pas réussi à conserver le bonus défensif qu’il était venu chercher a minima. « On est vraiment déçu parce qu’au moins un point, ça aurait fait du bien. On sait qu’on a trois déplacements sur ce bloc et on veut chercher des points un peu partout pour ne pas finir fanny sur ce bloc. On aurait été content de repartir au moins avec un point mais là, repartir avec zéro, c’est très dur. »

Côté tarbais

La joie de la victoire primait avec la satisfaction d’avoir privé un adversaire direct d’un point de bonus arraché à trois minutes de la fin du temps règlementaire. D’autant que les Tarbais restaient sous la menace d’un essai transformé qui les aurait privés de ce bonheur. Des Tarbais contents de l’heureux dénouement mais conscients qu’il y avait mieux à faire après une première mi-temps réussie au-delà des espérances.

Mathieu Berbizier : On les laisse espérer

L’arrière tarbais est sorti, avant la fin du match, par précaution sur un coup au genou qui semble sans gravité. Mathieu Berbizier regrettait, le début de seconde mi-temps qui a remis Dijon dans le match. « Au retour de la mi-temps, on a eu vingt minutes un peu en dedans et c’est pendant ces vingt minutes qu’ils reviennent. Du coup, on les laisse espérer alors qu’on maîtrisait ce match de A à Z en première mi-temps, puisqu’on rentre à 16-0. On a vingt minutes où on fait des fautes bêtes, où on prend treize points. On se fait un petit peu peur à la fin. On a le petit doute qui s’installe. Ils rentrent dans le bonus mais on a su encore, retrouver les ressources pour les ressortir du bonus. »

Lionel Terré : On devait tuer le match

Le Président, sourire aux lèvres, est en grande discussion avec Bruno Larroux, l’ancien Directeur Général du club, devenu Maire Adjoint, mais toujours membre du Conseil d’Administration de la SASP. « Il fallait surtout respecter cette équipe dijonnaise qui avait le même parcours que le nôtre. » L’ancien demi-de-mêlée regrette le relâchement en seconde mi-temps. « On devait tuer le match et vu qu’en face, ils ne se sont pas laissés faire, on a été en danger et on est en danger tout le match. » La satisfaction présidentielle venait surtout de la prestation de Lucas Parrou qui, cette fois a pu aller au bout de sa titularisation et de Florian Mansieux, les deux Espoirs qui ont pallié aux blessures d’Albain Méron et d’Aurélien Ricart. « Félicitations aux jeunes bigourdans qui intègrent le Groupe et à nos « vieux » qui font leur boulot », en référence à Halani Aulika (38 ans) et à Filipe Manu (36 ans). « Je suis satisfait de ces trois victoires en quatre matchs. Maintenant, ce bloc est très difficile mais si on veut être ambitieux, il faut répondre lors de ces prochains matchs. » A commencer par un difficile déplacement à Massy qui vient d’humilier Bourgoin à Rajon. Malgré les autres clubs qui continuent à se renforcer Lionel Terré, qui dispose d’un budget prévisionnel de 1,5 millions d’euros, ne veut pas remplacer le départ de Furno. « Cela ne sert à rien d’aller chercher des joueurs à l’extérieur dans la mesure où on a nos jeunes qui frappent à la porte. »

Enzo Mondon : On va s’envoyer ensemble toute la saison

Son premier capitanat, en l’absence d’Albain Méron, débouche sur la plus large victoire de la saison. Et ce dans un match compliqué à aborder, face à une équipe de Dijon qui restait sur deux victoires consécutives. L’ancien rouennais met d’abord l’accent sur les valeurs de sa nouvelle équipe. « On a su composer avec les absences parce qu’on est un Groupe solidaire qui va s’envoyer toute la saison ensemble. On est conscient qu’on n’a pas un effectif très large mais ce qui est sûr, c’est qu’on va s’envoyer tous ensemble comme des chiens, pour aller le plus loin possible, pour rentrer dans nos objectifs. » Le néo-capitaine affirme les ambitions tarbaises mais reste lucide. « Cette victoire fait plaisir. On a su mettre notre jeu en place en première mi-temps. En début de seconde période, on se fait un peu peur avec cette indiscipline en défense où on prend un essai de pénalité et un carton jaune derrière. Après, c’est avec cette solidarité qu’on est allé chercher cet essai de Loan (Réal) et qu’on a repris en main les clés du match. Je suis vraiment satisfait dans l’ensemble mais il ne faut pas non plus qu’on se croit arrivé. On va essayer d’être compétitif partout. » Enzo Mondon n’oublie pas de rendre hommage à Dijon qui s’est prêté au jeu. « C’est la plus large victoire de la saison parce que Dijon est une équipe très joueuse. C’était beaucoup plus ouvert que lors des trois premiers matchs. A Aubenas et Bourgoin, c’était du jeu beaucoup plus fermé. On est très satisfait et on sort en plus du bonus, une équipe qui va être un concurrent direct pour se qualifier. »

Alexandre Combier : On gagne en équipe

L’ex-Niçois s’est retrouvé face à Sproston, le pilier titulaire anglais de 139 kg pour 1,90 m qui est lui aussi rentré en seconde période. Mais la mêlée tarbaise, malgré l’entrée de Nehme le talonneur titulaire et de Vermont un Gaucher de 120 kg et d’1,90 m, a continué son travail de sape. « On veut que la mêlée soit un point fort du Stado cette année. Chaque match, on les prend à fond et on a envie de les catapulter. Je suis content mais on doit continuer à travailler encore, parce qu’il y a Massy, Nice et Cognac, qui nous attendent. Il y a un gros bloc à faire et l’objectif, c’est de prendre le maximum de points qu’on pourra prendre. » Le néo-tarbais s’éclate lui aussi dans cette équipe tarbaise. « Je prends du plaisir parce que je joue, c’était mon objectif en venant ici » avoue le Gaucher qui avait été privé de jeu l’an passé à Nice par des choix d’entraîneur. « Que je joue cinq minutes ou quatre-vingt, le but c’est de tout donner pour mon équipe. C’est ce que je fais et tant mieux si le résultat est positif pour tout le monde. On gagne en équipe, on ne gagne pas tout seul. »

Utu Maninoa : L’important, ce sont les quatre points

Le seconde ligne savoure la victoire en musique sur son portable posée sur son siège. Lui aussi regrette un peu le scénario du match mais il se projette aussitôt sur les suivants. « C’est dommage mais l’important, ce sont les quatre points. C’est le premier des quatre matchs du bloc et il fallait prendre des points. Maintenant il va falloir faire un gros match à Massy qui vient de gagner avec le bonus à Bourgoin. » Le Samoan, qui a évolué pendant dix ans en Pro D2, est surpris par le niveau en Nationale. « C’est plus physique mais ça va moins vite qu’en Pro D2. Mais physiquement, c’est plus dur. »

Williams Pees : Ils étaient bien en place en défense

L’ouvreur, à son habitude, a fait un match solide en défense et la longueur de son coup de pied a été précieuse. Avec une erreur partagée, à son actif, sur une touche directe depuis ses 22 m, alors que le ballon avait été rentré. Pour le reste, il est à l’origine de l’essai de Réal qui libère son équipe. Impeccable sur une chandelle sous haute pression, il s’arrache et crochète pour aller chercher à l’extérieur Romain Dumestre, qui combine avec Mathieu Berbizier pour un essai de plus de cinquante mètres le long de la touche. Le Béarnais a terminé au centre lors de la rentrée de Millet qui a fait reculer Lhusero à l’ouverture. Lui aussi est mitigé « On a l’impression qu’on pouvait en mettre plus, mais en face il y a une équipe qui est solide. On n’arrive jamais à faire la différence et on n’arrive pas vraiment à les détacher au score. Mais à la fin, on leur sort le bonus sur la dernière pénalité. On a essayé de mettre du jeu en place, mais ils étaient bien en place en défense. Ils ont bien tenu même si on sentait qu’il y avait plein d’opportunités. Mais on n’a pas su faire quine à chaque fois. » William Pees, qui était au placage sur Nehme, confirme la malice du talonneur, qu’il tenait par le maillot au sol et qui s’est relevé sans lâcher le ballon. Une action litigieuse, sous les yeux de l’arbitre de touche, qui a abouti au second essai de Dijon qui est revenu à portée de victoire 24-18.

Loan Réal : On savait qu’on pouvait les mettre à mal

Le jeune ligne de 21 ans qui s’affirme comme un titulaire à part entière, a inscrit l’essai libérateur alors que Dijon, mené 16-0, venait de recoller à 16-10. Un retour qui n’aurait jamais dû se produire sans un relâchement. « On savait qu’on pouvait compter sur notre conquête et notre défense pour les mettre un peu à mal. C’est ce qu’on fait très bien en première mi-temps. En seconde mi-temps, ils nous ont embêtés dans tous les rucks et c’est là qu’on a eu le plus de mal. » Loan Réal, la tête au charbon, ne se souvient plus très bien du départ de l’action mais lorsque Dumestre et Berbizier ont combiné le long de la touche, il s’est retrouvé à hauteur. « Je n’ai plus qu’à courir et à gagner mon duel », explique modestement le jeune troisième ligne, oubliant de dire qu’il éliminé le dernier défenseur d’un raffut.

Paul Sajous : Je prends du plaisir

Le seconde ligne a choisi de goûter au rugby de Nationale une fois ses études de podologue terminées. Installé dans un cabinet à Vic-en-Bigorre, il est revenu à Tarbes, son club de cœur, en consacrant ses matinées au rugby et ses après-midis aux patients. Même si Tarbes a dominé en conquête, les contacts étaient plutôt rudes et le combat acharné sur le terrain. « Oui c’était rugueux » confirme Paul Sajous. « On s’y attendait, on savait qu’ils étaient en place mais on a répondu présent. On se met un peu le feu tout seul. C’est un match, dans l’ensemble maîtrisé mais on aurait pu mieux faire. » L’ex-Luzien ne regrette pas son choix sportif. « Je prends du plaisir, il y a un bon Groupe et ce n’est que bénéfice. » En dépit de son métier où la douceur est la panacée, Paul Sajous est un guerrier sur le terrain qui aime le combat. « Je n’étais plus trop habitué à ce type de contacts mais je m’y suis fait. » La Nationale, dont le niveau de jeu se rapproche plus de la Pro D2 que de celui de Fédérale 1, est aussi plus sophistiquée sur le plan du jeu. « Je me suis fait aussi aux cellules et tout est en ordre. » Il a aussi digéré le rythme de ses journées effrénées où le rugby, à ce niveau, demande beaucoup plus d’investissement aux entraînements. « Au début, j’ai eu un moment où j’étais fatigué mais maintenant, ça va. » La preuve, il était titulaire pour la première fois de la saison.

Propos recueillis par Jean-Jacques Lasserre