Site d’informations en ligne, sur Tarbes et le Grand Tarbes
  Informations Lourdes et Grand Tarbes  Informations Lourdes et Pays de Lourdes  Informations Bagnères de Bigorre  Informations Argelès-Gazost Vallées des Gaves  Informations Pays de Lannemezan  Information Pays du Val Adour  Informations Hautes-Pyrénées     

Retour sur Tarbes-Narbonne : L’appoint du public a manqué

mardi 12 janvier 2021 par Rédaction

Un match sans public, c’est comme un plat sans sel et sans épice, c’est fade et ça n’a aucune saveur même s’il y a tous les autres les ingrédients. Sur le terrain, il y avait du combat, de l’engagement, de l’intensité, de l’agressivité et même du jeu, compte tenu du terrain gelé. Mais il manquait cette ferveur du public qui permet aux joueurs de se transcender et ces huées qui influencent l’arbitrage. Sans les supporters landais, Tarbes aurait certainement gagné à Dax et là, avec son public de connaisseurs, les Tarbais auraient certainement obtenu une pénalité « méritée », lorsqu’ils faisaient le forcing dans les trente mètres audois. Même si le staff narbonnais aurait alors pu dénoncer un arbitrage maison, les Tarbais ne méritaient pas de perdre sans un bonus défensif.

Du côté de Narbonne

Première à l’extérieur

Les Narbonnais ont fait la bonne opération de la journée en signant leur première victoire de la saison à Tarbes, qui était invaincu sur son terrain. Narbonne a réussi là, où Massy, Nice, Bourg-en-Bresse et Cognac, ont échoué. Une équipe de Narbonne qui a, sans doute, présenté à Trélut son meilleur visage de la saison. Un visage qui est plus en phase avec son budget conséquent et son effectif estampillé « Pro D2 », qui en faisait, en début de saison, un logique favori à la montée, au même titre que Bourg-en-Bresse, Albi, Massy, Nice ou Bourgoin. Les Audois, débarrassés du Covid qui a gâché leur préparation et leur début de saison, ont réalisé le match parfait à l’extérieur, avec un très bon jeu au pied d’occupation, des montées défensives rapides et agressives, pour maintenir leurs adversaires sous pression. Le tout, facilité par une bonne conquête en touche, qui a permis d’embrayer sur des ballons portés efficaces. La victoire n’est pas déméritée, car le RCN a laissé huit points au pied en route et a eu une occasion franche d’essai.

Patrick Pezery : On a réalisé un beau coup

L’entraîneur était heureux mais conscient que le match aurait pu basculer de l’autre côté à deux minutes près. « Oui, on a réalisé un beau coup car on savait toute la difficulté de venir jouer à Tarbes. Les Tarbais étaient quatrièmes, nous neuvièmes mais on avait avant tout à cœur de retrouver un état d’esprit qui nous a manqué jusqu’à présent. Aujourd’hui, dans des conditions très difficiles, on a au moins retrouvé ça. Il y a beaucoup de choses à revoir mais au moins, on a retrouvé notre état d’esprit. » Pourtant les Narbonnais ont réussi le match parfait à l’extérieur et ont fait déjouer les Tarbais. « Ça fait partie de la stratégie qu’on a réussi à appliquer contre une belle équipe de Tarbes et on est assez satisfait d’avoir réussi à les battre. » La joie de disputer un match après six semaines sans ballon était gâchée par l’absence des supporters. « Sans public, c’est triste. Je suis déjà venu dans ce stade et c’est autre chose. »

Marc Delpoux : On n’était venu que pour gagner

Même joie contenue du côté du co-président même s’il était plutôt satisfait du résultat. « Première victoire avec deux essais à zéro. Aujourd’hui, on n’était venu que pour gagner. Il faut dire ce qui est. On voulait tout d’abord retrouver un état d’esprit qui nous faisait défaut depuis le début de la saison. Aujourd’hui, c’est un bon week-end. Il y a l’état d’esprit et il y a le résultat. Il y a aussi la manière, vu les conditions climatiques, et il y a la conquête. » L’ex-troisième ligne reconnaît l’importance du soutien des supporters. « Oui ça change parce que le public a toujours son importance. Nous, le prochain week-end, on reçoit Dax et on aura le même problème que les Tarbais ont eu. Mais franchement, je pense que Narbonne était supérieur aujourd’hui. » Bien qu’absents les supporters narbonnais ont peut-être joué un rôle dans ce premier succès. « Une centaine de nos supporters étaient venus au départ pour nous encourager. Ils nous ont dit : On ne peut pas venir mais on est de tout cœur avec vous et ça, ça nous a fait chaud au cœur. Certainement que la semaine prochaine, ils vont nous manquer. Ce sera à nous de faire ce qu’il faut. »

Du côté de Tarbes

Beaucoup de frustration

Les Tarbais n’ont pas grand-chose à se reprocher au niveau de leur investissement mais ils sont tombés sur une équipe composée de joueurs qui sont appuyés leur expérience du Top 14 et de Pro D2. Avec un brin de malice pour composer avec l’arbitrage sur les rucks, les mauls, les mêlées, le hors-jeu, agrémenté de petites obstructions, de « chambrage » et de « gestes » en douce, si on en croit le témoignage « en off » de plusieurs joueurs. Bref tout ce qu’on appelle l’expérience, la malice ou le vice et qui font partie du rugby, même si c’est à l’arbitre de faire de faire le tri et le ménage. Les Tarbais, mis du coup « sous pression », n’ont pas su s’adapter aux conditions difficiles, avec un jeu au pied moins précis, des lancements de jeu moins huilés, à partir des mêlées, des touches et des rucks, pas toujours très propres. Malgré tout, Tarbes ne méritait pas de perdre de cette manière sans prendre au moins le point du bonus. Cette défaite est d’autant plus cruelle qu’elle intervient sur un contre assassin, alors que l’arbitre avait matière à siffler au moins une pénalité sur les actions précédentes.

Mathieu Berbizier : Ça aurait pu basculer pour nous 

Pour la première fois l’ouvreur a quitté le match non sur blessure mais sur un choix tactique du staff. Mais le Lannemezannais semble plus déçu de la défaite que de sa sortie. « C’était un match compliqué à causes des conditions. On est tombé sur une équipe de Narbonne très accrocheuse, très à la limite de la règle à chaque fois, ce que nous, on n’a pas su faire. Ils avaient plus de maturité que nous dans leur jeu pour jouer dans des conditions compliquées. C’est un match qu’on aurait pu gagner aussi parce que ça bascule pour eux à la fin alors que ça aurait pu basculer pour nous, si la pénalité de Lulu (Lhusero) passe. Il y a aussi des fautes sifflables que l’arbitre ne siffle pas non plus. C’est un match qui aurait pu tourner en notre faveur et on va se servir de ça pour apprendre et progresser. » Le huis clos n’a pas arrangé les affaires des Tarbais. « C’est complètement différent de jouer, surtout ici, et je pense que s’il y avait eu du public, le match aurait été complètement différentC’est vraiment spécial de jouer sans public. »

Maxime Oltmann : On les tenait…

L’ailier est frustré par la défaite et la manière. « On les tenait… On n’a pas eu l’impression qu’ils étaient au dessus de nous. Ils marquent deux essais, pas casquettes, mais pas bien construits. » Le premier essai, s’il est bien joué, dans sa construction et sa finition, bénéficie d’un rebond qui trompe les défenseurs tarbais et le second, provient d’un coup de pied contré par Nawaqatabu qui récupère et donne à Justes. S’il est difficile de dire que les Narbonnais étaient hors-jeu sur l’action, Maxime Oltmann est remonté comme jamais contre l’arbitrage. « Ça commence à faire. Il y a eu plusieurs placages hauts dont le mien. Il y a eu pénalité mais il me prend à la tête et c’est au moins carton jaune. » Les Tarbais reprochaient aussi les obstructions sur leurs propres coups de pieds à suivre. « Ils nous tamponnaient tout le temps et peut-être qu’il aurait fallu se laisser tomber pour que l’arbitre les pénalise… » L’absence de public a aussi beaucoup pesé. « N’importe qui peut aller gagner à l’extérieur, l’arbitre n’est pas influencé. Sur les mêlées ça influence beaucoup, sur les touches aussi et l’arbitre n’a pris aucune décision dans notre sens.

Albain Méron : On peut passer à 9-8 et gagner

Le Capitaine a sa mine des mauvais jours mais l’analyse est toujours aussi précise. « C’est la déception et la frustration qui priment. On savait, au vu des conditions dantesques, que ça se jouerait sur pas grand-chose et que ça serait l’équipe la plus décidée et la plus pragmatique qui gagnerait et ça c’est confirmé. L’engagement y était, l’état d’esprit était bon. On avait tous envie de reprendre par une victoire ce championnat qui a été arrêté trop longtemps. Mais Narbonne a un peu mieux géré, son occupation et sa possession, que nous et ça tourne en sa faveur. Au lieu de 6-15, on peut très bien avoir une pénalité dans les trente mètres qui nous permet de passer à 9-8 et de gagner le match. C’est la même rencontre, comme l’a dit Fabien (Fortassin), après le match. On est très, très, déçu, mais il va falloir très vite basculer sur autre chose. » Le troisième ligne confirme les fautes de règlement et les provocations trop peu sanctionnées au goût des Tarbais. « C’était vraiment insupportable mais c’est quelque chose qu’on ne maîtrise pas, ce n’est pas nous qui sommes avec le sifflet au milieu du terrain. »

Lionel Terré : Je ne suis pas inquiet

Joint au lendemain du match Lionel Terré, qui avait eu le temps de digérer cette défaite sur un contre à l’ultime minute de la rencontre, défend son équipe. « On ne peut rien reprocher à l’engagement de nos jeunes joueurs, face à des joueurs expérimentés qui font zéro faute, avec un très bon arrière (Griffoul), un bon huit (Nouhaillaguet). Nous, on n’a pas de réussite, il (l’arbitre) ne nous récompense pas sur nos temps forts. C’est une très belle équipe. Ça m’a rappelé le match contre Albi, la saison dernière, où on donne tout ce qu’on a contre une équipe qui a plus de maturité. Ils ne font pas de fautes flagrantes et ils le font bien », reconnait l’ancien demi-de-mêlée au sujets des dernières actions sujettes à caution qui auraient provoqué l’ire des supporters. « C’est une équipe expérimentée, nous on a des jeunes valeureux et je n’ai rien à reprocher à mes joueurs. Eux, c’est 3,2 ME de budget et 30 pros. Nous, c’est 1,4 ME avec deux jeunes talonneurs qui donnent tout ce qu’ils peuvent. On manque de puissance à certains postes. » Les absences de Prétorius et de Ricart ont justement pesé en terme de puissance mais aucun recrutement n’ait en vue même au poste crucial de talonneur. « Non, ce n’est pas possible, on ne sait même pas si on va terminer la saison… » Une défaite à domicile qui fait mal mais qui n’inquiète pas outre mesure le Président. « On savait qu’on n’avait pas un effectif pour jouer le haut de tableau. En termes de budgets, Albi, Bourg-en-Bresse, Nice, Narbonne, Massy, Bourgoin, ce n’est pas notre championnat. Nous, on n’a pris que les gros. Nice a été gagner partout, sauf chez nous. » Il est vrai qu’à part Albi, Tarbes n’a rencontré que les favoris à la montée. Les Tarbais ont pris un point à Dax, où ils auraient pu gagner et deux points contre Cognac, contre qui ils auraient pu perdre. Tarbes devra batailler et assurer contre Suresnes, Dijon, Aubenas, Chambéry et Blagnac, qu’ils n’ont pas rencontrés lors de la Phase Aller tronquée par le Covid. « Je ne suis pas inquiet. Les joueurs vivent très bien ensemble. Contre Narbonne, en mêlée on tient, en touche, on a nos ballons mais on n’a pas su gérer les conditions climatiques. » L’ancien joueur-entraîneur analyse. « Il va falloir qu’on change de tactique. En été, il fallait qu’on déplace le ballon mais en hiver, il faut le déplacer moins et jouer différemment, surtout avec les conditions climatiques qu’il y avait. »

Propos recueillis par Jean-Jacques Lasserre