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Tarbes Industry : Urgence économique et sociale

jeudi 4 juin 2020 par Rédaction


Dans le cadre d’un plan de cession autorisé par le tribunal de commerce de Paris le 10 janvier dernier, Franck Supplisson est devenu pour le prix de 1 000 € propriétaire du site industriel Altifort SAMFI Tarbes. 28 emplois ont été maintenus dans le cadre de ce plan mais aujourd’hui, compte tenu de la faiblesse des garanties financières apportées, le risque d’un nouveau dépôt de bilan est réel. La Ministre des armées, l’ensemble des pouvoirs publics, élus nationaux et locaux ont été alertés. Une réunion urgente en préfecture et un rendez-vous avec l’ensemble des parlementaires du département a été demandé.

Benjamin Duez, délégué syndical CGT, était entouré de collègues de travail et accompagné de José Navarro de l’UD CGT 65 pour s’adresser à la presse afin d’exposer la situation des personnels et de l’entreprise.

« Aujourd’hui notre friche industrielle est en train de s’écrouler. Nous sommes au chômage partiel à l’exception de 6 personnes qui sont présentes dans l’usine pour essayer de développer et faire qualifier un produit le 120EXPL qui est un petit obus destiné aux chars Leclerc, un produit que l’on n’a jamais fait. Malheureusement aujourd’hui nous sommes en échec car M. Supplisson ne met pas 1€ dans la société. Nous sommes obligés de nous débrouiller “on fait le mac Gayver’’, car c’est grâce aux reliquats de Giat Industrie, Vallourec et Altifort que l’on essaie de développer ce produit. Franck Supplisson nous reproche aussi d’avoir obtenu cette commande de 7200 pièces et de ne pas pouvoir réussir, sauf que nous n’avons pas les moyens de le faire.

Elus locaux, nationaux, ministre des Armées, le préfet ont été alertés, la seule réponse nous est venue du député Sempastous avec qui nous avons rendez-vous.

Depuis le 18 mars M. Supplisson nous a mis au chômage et cela lui coûtait 0 euro, , avec la règle qui change depuis le 1er juin il va devoir mettre 15%.

On nous dit aussi que pour faire les salaires du mois de mai, l’URSSAF et les fournisseurs n’ont pas été payés, donc pour nous on est en état virtuel de cessation de paiement.

La direction a fait la demande de prêt garantie Etat à hauteur de 3 000€ et pour nous ce n’est pas légitime, à la base cela ne doit pas servir pour faire les salaires.

Nous avons fait appel à la DIRRECTE, car M. Supplisson ‘’le fossoyeur’’ comme je me permets de l’appeler, au bout de 4 mois et demi se permet de toucher à nos acquis sociaux. Pour un monsieur qui devait redémarrer l’entreprise, motiver les personnels, cela ne sera pas possible étant donné qu’il nous doit la prime trimestrielle qu’il aurait dû nous payer ce mois–ci, plus la prime de vacances le mois prochain.

Nous sommes là pour essayer de nous sauver et sauver cette industrie. Aujourd’hui Supplisson se sert un salaire, alors qu’il avait annoncé le contraire, il se fout de nous, on entre dans un dialogue de sourds et nous nous ne voulons pas mourir à petit feu. Psychologiquement, des ouvriers vont très mal, il est temps d’agir.

Pour rappel Vallourec nous avait lâché à 15 jours de Noël, nous nous étions retrouvés au pied du mur, on nous a mis Altifort, un chèque de 10 millions d’euros et on nous a escroqués 4,8 millions d’euros et aujourd’hui Supplisson qui jette de la poudre aux yeux  », explique Benjamin Duez.

José Navarro poursuit : «  Quand on voit qu’il y a un prêt garanti par l’Etat pour payer les salaires on comprend que l’on est dans une situation très grave de trésorerie. Pour être en capacité de maintenir un site industriel il faut que le repreneur se comporte comme un industriel et non en opérateur financier ou immobilier  ».

Suite à la rencontre avec le député Sempastous, Benjamin Duez annonce que celui-ci s’engage à organiser une table ronde avec les parlementaires, le préfet et les personnels de l’entreprise dans les prochains jours. Il a confirmé que le préfet avait convoqué Franck Supplisson en visio en préfecture.

Nicole Lafourcade